San Yiquan le Poing des Trois Harmonies

San Yiquan et Xingyiquan : Une branche et le tronc

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Calligraphie de Emmanuel Pedon pour San Yiquan

 

La filiation de l’Ecole San Yiquan

San Yiquan le “Poing des Trois Harmonies” est l’Ecole dirigée depuis 1979 par Georges Charles (Cha Li Shi dans les généalogies chinoises) successeur en titre et Maître Héritier de Wang Zemin (Wang Tse Ming, Wong Tse Ming (HK) ou Tai Ming Wong (France))(1909 2002) qui dirigeait l’Ecole du Lianhuanquan (Lien Huan Chuan ou Poing des Engendrements Circulaires) à Paris depuis 1949.

Il était lui-même le disciple direct du Maître Wang Xiangzhai (Wang Hsiang Chai) (1885 1963) Chef de l’Ecole du Dachengquan (Ta Cheng Chuan) et de l’Ecole du Yiquan (I Chuan) qui fut disciple direct du Maître Guo Yunshen (Kuo Yun Shen ou Fo Jun Sha surnommé “La Paume Divine” (Divine Crushing Hand)  – littéralement “la Paume Assassine du Bouddha” Fo (Bouddha) Jun (Paume) Sha (tuer, assassiner)) (1822 1902).

Guo Yunshen fut lui-même disciple direct du Maître Li Laoneng (Li Lao Neng ou Li Luoneng aussi Li Nengjan) (1807 1888 ou 1783 1867 suivant d’autres sources)  qui fut l’initiateur de la forme dite “évolutive” (Ziran Men) du Xingyiquan et Chef de l’Ecole Yiquan.

Cette filiation  historique remonte initialement au Général Yue Fei (Yao Fei)  (1103 1142) qui fut le fondateur de l’Ecole Liuheyiquan (Liu Ho I Chuan) ou “Poing de l’Intention et des Six Harmonies” et qui fut le premier à utiliser le terme Yiquan (I Chuan) pour qualifier son enseignement.

San Yiquan fait partie de la Convention des Arts Classiques du Tao dont Georges Charles est Membre Fondateur. Georges Charles fait également partie du Conseil des Sages du Fond International pour la Préservation des Arts Martiaux (FIPAM) dont il est également Membre Fondateur. Georges Charles pratique depuis 1958 et enseigne les Arts Chinois depuis 1974. Il a enseigné (coach assistant) le Taekwondo et l’Aïkido sur le Campus de l’Université de Philadelphie (Philadelphia Institute) en 1969.

Attestation gouvernementale, donc officielle, de Taiwan (ROC) reconnaissant Georges Charles comme Enseignant en Titre et pionnier des Arts Martiaux Chinois et datée de 1973.

Cette succession à la tête de San Yiquan a été officiellement reconnue à Hong Kong (HKCMAAL) et à Taiwan (KFROC) et inscrite dans les généalogies des Ecoles Traditionnelles. Depuis octobre 2012 elle a également été reconnue en République Populaire de Chine. Cette reconnaissance a été matérialisée dans le marbre de la stèle franco-chinoise du Mémorial du Xingyiquan de Shenzhou dans le Hebei.  Cette stèle, inaugurée le 18 octobre 2014,  permet de reconnaître cette filiation au cinquième niveau de descendance directe  et s’établit comme suit : Li Luoneng, Guo Yunshen, Wang Xiangzhai, Wang Zemin, Georges Charles (Cha Lishi). Cette stèle reconnaît donc à la fois Wang Zemin comme initiateur de cette brance en France, Georges Charles comme son successeur direct et, nominalement, l’Ecole San Yiquan.

Il faut encore préciser que la République Populaire de Chine reconnaît, également officiellement, le Xingyiquan comme “trésor immatériel et spirituel de la Chine et patrimoine historique et culturel “. Mais en France, bien évidemment, on s’en contrefout et le Kung-Fu est condidéré, au mieux,  comme un simple sport de combat !    

C’est cela aussi l’exception culturelle française !

a_steles-6La stèle franco-chinoise du Mémorial du Xingyiquan à Shenzhou dans le Hebei.

 

Le Xingyiquan (Hsing I Chuan)

“Poing de l’Unité du Corps et de l’Intention” ou “Poing de l’Intention prenant forme”…

J’ai étudié l’art de la Ligne et du Triangle avec Li No Neng, Tung Hai Chuan m’a fait pénétrer le Cercle, dans la voie du Tao j’ai découvert la nature, la prison a affermi mon assise (Carré)… maintenant libre je pratique Ziran Men*…” Guo Yunshen (Kuo Yun Shen ou Fo Jun Sha)
* Ziran que l’on traduit, à tort, par spontanéité c’est justement la liberté d’action. Ziran Men peut se traduire par “Porte de la Liberté d’Action”. Guo exprime le fait “…maintenant j’ai ouvert la porte de la liberté d’action”.

Le Xingyiquan (Hsing I Chuan) de l’école San Yiquan (San Yi Chuan) ou le poing de l’unité du Corps et de l’Intention de l’Ecole du Poing des Trois Harmonies

Du Xingyiquan au San Yiquan Du “Poing de l’Intention prenant forme” au “Poing des Trois Un” C’est le “Poing des Trois Harmonies” Comme le précisait Wang Yang Ming : “San Jiao He Yi” “Les TROIS enseignements sont UN”.

Pourquoi San Yiquan et non Yiquan ou Xingyiquan ?

Le nom de “San Yiquan”  (San I Chuan) (Georges Charles) qui a succédé à celui de “Lianhuanquan”* (Wang Zemin) a été choisi afin de rendre hommage à Wang Xiangzhai qui fut le professeur de Wang Zemin (ce dernier étudiera également sous la direction de Yip Man entre 1965 et 1970 dont il demeure l’un des deux derniers disciples – ce qui est exprimé dans la généalogie officielle de l’Ecole de Yip Man (Ip Man) (1893 1972).

Yiquan, l’un des noms utilisés par Wang Xiangzhai pour désigner son école (l’autre nom étant Dachengquan (Ta Tcheng Chuan) ) est donc présent dans San Yiquan. Il est, dans la tradition classique, plus facile de rendre hommage au grand-père qu’au père. Cette même tradition classique que l’on peut faire remonter à Confucius lui-même (Kongzi) affirme ceci :

“Le nom d’une Ecole appartient à son fondateur et le nom disparaît avec lui à sa mort. Si un disciple souhaite fonder sa propre école, il ne doit en aucun cas l’utiliser. Eventuellement il peut le garder en partie associé au nouveau nom et ce pour lui rendre hommage”.

Cette règle, établie depuis des millénaires, a été rompue en 1949 puisque des disciples ayant fondé école continuent à appeler celle-ci du même nom que l’école de leur maître, ce qui eut été impensable auparavant. Wang Xiangzhai, lui-même, fut d’ailleurs à l’origine de cette confusion puisqu’il nommait son école Dachengquan jusqu’en 1949 et, par la suite, repris le nom de Yiquan qui était le nom originellement choisi par Li Laoneng. Ce dernier avait choisi ce nom pour rendre hommage à Yue Fei dont le nom de l’Ecole était liuheyiquan (Poing de l’Intention et des Six Harmonies). Li Laoneng conservera “Poing de l’Intention”.

Wang Zemin, de son côté, a décidé de respecter cette tradition en nommant son école Lianhuanquan (Poing des liaisons circulaires).

* Dans les années trente où Wang Zemin résidait à Shanghaï vit le jour un style particulier de bandes dessinées le Lianhuanhua (images qui circulent sans cesse) en format de poche. Il s’agissait de mettre à la portée de tout un chacun les grands romans puis les grands classiques de la Chine et donc de les rendre accessibles. Wang Zemin eut l’idée de nommer son école Lianhuanquan simplement afin de rendre accessible a tous des principes qui, habituellement, étaient réservés aux seuls initiés.

Mais San Yiquan reprend également la devise qui définit le Clan (Famille) Wang de Yue (Wang Shi Yue) dont il était issu : “San Heng Yi Chu Wang”, que l’on pourrait traduire par “Trois horizontales (de l’Est à l’Ouest) Une verticale (du Nord au Sud) ce qui est simplement le caractère Wang (trois horizontales, une verticale). Lorsque l’on sait que l’un des ancêtres les plus réputés de cette famille était le philosophe et homme d’action Wang Yangming (Wang Shouren) (1472 1529) et que l’une des affirmations de son enseignement (Xinxue) était “Les Trois Doctrines (enseignements) s’unissent (s’harmonisent) en Un”, San Jiao He Yi, ces trois Enseignements étant le Confucianisme, le Bouddhisme et le Taoïsme, on comprend mieux la valeur symbolique de San Yi. Il s’agit également du chapitre XIV du Daodejing de Laozi (Tao Te King de Lao Tseu) : ” Ces trois états dont l’essence est indéchiffrable se confondent finalement en un”. Il s’agit de l’incisible, de l’inaudible et de l’impalpable – le Jing, le Qi, le Shen, qui s’unissent dans l’harmonie.

Il faut encore préciser que Xingyiquan est un nom générique désignant des écoles très diverses dans le fond et dans la forme, exactement comme le Taijiquan désigne de multiples tendances et, si on va plus loin, comme l’Aïkido désigne également diverses tendances pour ne pas dire diverses branches qui n’ont plus grand chose à voir les unes avec les autres et qui, surtout, différent de l’Aïkido du Maître Fondateur.

Les Occidentaux, et particulièrement nos édiles, croient que le “Kung-Fu Wushu” et donc le Xingyiquan et le Taijiquan, sont comme le tennis ou le football ou même le judo actuel et représentent une unité sportive. Or il n’en est rien car il y existe, heureusement, de multiples styles, tendances, écoles qui conservent jalousement leurs particularités. Vouloir unifier tout cela d’un coup de baguette magique et de décrêt ministériel consisterait à vouloir transformer en fromage fondu tous les fromages de l’hexagone !

Il y a la pratique “touristique” où on fait du “Kung-Fu” du “Taiji” ou du “Qigong” comme on “fait” la Thailande, les Pyramides, la gueule, son âge ou un infarctus. En touriste. Et en sachant surtout qu’on va en sortir une fois la visite effectuée. Lorsqu’on pratique, c’est autre chose, on en prend parfois pour vingt ans ou plus. Et on se rattache à une tradition, à une famille (le “Clan”  Yang ou Chen pour le Taiji, le “Clan'” Hung pour le Hung Gar…) et surtout à un enseignement, à une transmission donc à un enseignant ou à un chef de file (Daoshi) qui représente une lignée à laquelle on peut se référer. Qui a un nom connu (nobilis). En Chine ces lignées sont essentielles.

Dans les arts du Budo japonais il en est de même entre quelqu’un qui dit “j’ai été l’assistant de Kase Sensei” et un autre qui dit “j’ai fait du Karaté”  il y a tout un monde. Malheureusement le vulgaire n’y voit aucune différence. C’est l’indifférenciation. Il est bon d’entretenir des différences mais tout en souhaitant établir l’harmonie.
C’est San Yi.

 

La filiation de San Yiquan du Xingyiquan de la Branche du Hebei :

whoswhi_Yue_FeiYue Fei

(Yao Fei, Yuen Fei, Yue Wu Mu Wang) (1103 1142). Il fut recueilli et élevé par le Clan Wang de Yue à Hangzhou où il est enterré dans un imposant mémorial. C’est l’initiateur du Xingyiquan.

Nom de son Ecole : Liuheyiquan
(Poing des Six Harmonies et de l’Intention).

 

 

 

 

 

 

a_steles-Li-LaonengLe Grand Maître Li Laoneng

(Li Luoneng ou Li Nengjan) (1807 1888) Première Génération de la Branche du Xingyiquan du Hebei

nom de son Ecole : Yiquan.

C’est la première fois que ce portrait, une photo daguerrotype, sort de sa maison familiale.

 

 

 

 

 

memo_guo_nb1Guo Yunshen

(Fo Junsha ou Kuo Yun Shen) (1822 1902). Estampage de sa pierre tombale. Deuxième Génération de la Branche du Xingyiquan du Hebei.

Nom de son Ecole : Wuxingquan (Poing des Cinq Eléments)

tombe-W_GuoyunshenLa pierre tombale de Guo Yunshen. Elle a été retrouvée et restaurée grâce à une souscription de l’Ecole San Yiquan et est désormais sur le site du Mémorial du Xingyiquan de Shenzou et sous le protection du Maitre Zhang Qinlin. Il est à noter que, généralement, le portrait figurant sur la pierre tombale d’un individu ressemble à cet individu ! Or on nous présente généralement un avorton comme étant Guo Yunshen. A voir ce portrait il n’en était pas un.

 

 

Whoswhi_Wang_Xiangzhai1Le Maître Wang Xiangzhai

(1885 1963) dans les années soixante à Pékin. Troisième Génération de la Branche du Xingyiquan du Hebei.

Nom de son Ecole : Dachengquan (Ta Tcheng Chuan) puis Yiquan (I Chuan)

 

 

preceptes_Wang_Zemin

Wang Zemin

(1909 2002) (Wong Tse Ming (HK) ; Wong Tai Ming ou Tai Ming Wong (France), Wang Tse Ming). Il descend directement du Clan Wang de Yue de Hangzhou. Dessin original de Patrice Vaidie pour San Yiquan. Quatrième Génération de la Branche du Xingyiquan du Hebei.

Nom de son Ecole : Lianhuanquan (Lian Huan Chuan) Poing des Générations (fusions) circulaires.

Georges Charles représente la cinquième génération en ligne directe de la Branche du Xingyiquan du Hebei. Il est à la tête de l’Ecole San Yiquan (Shengren Daoshi) en tant que Maître Héritier depuis 1979.

 

 

 

Pratique du Xingyiquan (Hsing I Chuan) et du San Yiquan

Pour pratiquer le Xingyiquan de l’Ecole San Yiquan avec Georges Charles cliquez ici

Le Xingyiquan de l’Ecole San Yiquan – Au bord de l’eau – Nesle (76)

En savoir plus :

Nous vous proposons de découvrir les principes fondamentaux de ce Style et de cette Ecole historiquement apparentée au Yiquan et au Dachengquan mais également au Taikiken de Kennichi Sawai et qui fut la première à s’implanter en Occident et en France (1949), par l’intermédiaire de Wang Zemin (1909 2002) ce qui est désormais reconnu sur la stèle franco-chinoise du Mémorial du Xingyiquan de Shenzhou dans le Hebei “Terre Sacrée du Xingyi”.

Mais San Yiquan ne représente pas uniquement le Xingyiquan puisque, suivant le souhait de Wang Zemin, il inclut la pratique, l’enseignement et la transmission du Qigong du Tao (Tao-Yin Qigong ou Daoyin Qigong), des fondements essentiels de Trois Ecoles dites Externes (Wai Jia) : Wing Chun (Wang Zemin a été l’un des deux derniers disciples de Yip Man entre 1965 et 1970), Hung Gar (Shaolin du Sud) et Tang Lang (Poing de la Mante Religieuse des Sept Etoiles du Nord étudié par les guerriers du Clan Wang de Yue) cette pratique incluant les armes traditionnelles de la Chine : bâton, épée, sabre, éventail de fer, lance, hallebarde… San Yiquan inclut également et naturellement la pensée chinoise dans la transmission du Xinxue de Wang Yang Ming, la cuisine et diététique chinoises ainsi que les fondements de l’Alchimie Interne Taoïste (Neidangong) de l’Ecole du Ling Pao Ming (Lingbaoming Xiaodanpai Daoyinfa).

Quelques liens :

 

Généalogie du Xingyiquan (Hsing I Chuan) :

Lorsqu’il est question de transmission d’un héritage il existe une filiation généalogique.

Voici celle de l’Ecole San Yiquan du Poing des Trois Harmonies.

Pourquoi existe-til plusieurs styles de de nombreuses écoles de Xingyiquan ?
Caractéristiques de la forme de Xingyiquan dite ” Naturelle’ (Ziran) par Georges Charles successeur de Wang Zemin San Yiquan (San Yi Chuan) et Georges Charles :

“Ce que je dis viens de quelque part, ce que je fais sert à quelque chose” Laozi (Lao Tseu Tao Te King).

Il ne s’agit pas d’ailleurs et d’autrefois mais d’une pratique présente et actuelle

“Le secret de l’art réside dans l’artiste lui-même” (Kuo Cho Hiu – XIIe siècle)

 

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