Les Arts Classiques du TAO

 

” Si les dénominations ne sont pas exactes, correctes, alors les instructions qui les concernent n’y répondent pas comme il convient. Les affaires ne peuvent alors être traitées comme il convient ”
Kongzi (Confucius) Lun Yu Chapitre XIII paragraphe 3.

“L’harmonie est nécessaire pour la prospérité des choses.
L’uniformité, le commun, au contraire entrave toute chose.
L’harmonie consiste donc en l’unité des différences.
C’est seulement lorsque cette unité existe que les choses
et les êtres peuvent prospérer et qu’on en tire avantage.
A l’inverse l’accumulation de choses toutes identiques ne mêne à rien”
Han Yu (768 824) – Dynastie des Tang .

 

LES ARTS CLASSIQUES DU TAO pourraient se définir par la pratique universelle d’une connaissance se référant à des règles classiques et éprouvées contribuant à la réalisation de l’individu et de la société dans le respect d’autrui et de la nature.

Ce site se veut donc, dans le sens étymologique premier un ” redresseur de tort”… tort ayant la signification originelle de torte, tordu, contrefait.

Du nouveau sur ” La Validation des acquis de l’ expérience“.

 

• Définition de Arts Classiques du Tao

“Il faut rendre aux mots leur juste sens” Confucius

Définition de Arts Classiques du Tao :

  • ART

Le dictionnaire Hachette de la langue française donne du mot art cette définition:
art : “ce qui est l’œuvre de l’homme”.

Or, il existe en langue chinoise un terme trop souvent vulgarisé “Congfu” (Kung-Fu) qui signifie textuellement “réalisation, œuvre” (Gong ou Kung caractère 2875 du dictionnaire Ricci) de l’ “homme adulte” (Fu caractère 1612 du Ricci).

Le “Gongfu” ou “Kung-Fu” est donc “l’œuvre de l’homme” ce qui nous ramène à la définition précise du Larousse.Le terme générique de “Gongfu”, littéralement “réalisation humaine aboutie” peut donc également se traduire sans le moindre contresens par le mot ART.

De plus, la racine grecque du mot art, ars, qui a donné le latin artis signifie de son coté “vertu, courage, adresse”.
Cela nous ramène à l’ “Art du Brave”, le “Wushu” (caractères 5587 et 4458 du Ricci) ou “Bujutsu” en japonais désignant classiquement en Chine et au Japon ces “Arts Chevaleresques” dont parle E. Herrigel.

Par l’utilisation du mot art, nous retrouvons les racines grecques, latines, chinoises, japonaises et françaises qui motivent ces pratiques.

Le Petit Larousse en donne comme définition = art : “application des connaissances à la réalisation d’une conception”

Ce qui implique une application donc une pratique. Ce qui implique aussi une connaissance, donc un apprentissage, donc un enseignement, donc une école. Ce qui implique encore une réalisation de quelque chose de conçu: on peut parler de “réalisation de soi”. Nous revendiquons le but artistique de ces pratiques.

  • CLASSIQUE

Toutes ces pratiques trouvent leurs références philosophiques, culturelles, historiques dans les textes les plus connus et étudiés de ce qu’il convient de nommer la période classique de la Chine. nCes ouvrages, représentatifs de la pensée chinoise, lorsqu’ils sont étudiés dans les universités françaises, sont habituellement nommés les “classiques de la Chine”. Nous revendiquons cet héritage philosophique, culturel, littéraire et historique.

L’utilisation du terme classique nous semble donc le mieux approprié pour situer cet héritage dans un contexte défini. Nous le préférons au terme “traditionnel” habituellement utilisé dans ce domaine.
Ce dernier terme possède, actuellement, de multiples connotations négatives puisqu’on l’assimile à des tendances rétrogrades, passéistes voire sectaires. Dans l’esprit de bon nombre de nos contemporains il n’y a plus de différence entre tradition et folklore donc confusion entre traditionnel et folklorique.

Il convient également de rappeler que la pratique de ce que l’on nomme aujourd’hui “Qigong” a été introduite en France, sous Louis XV, par le Père Amiot (1718 1793). Ce dernier lui a consacré un important chapitre dans son “Mémoire sur les Chinois” publié en 1779 et le nomme “Cong-Fou des Bonzes de Tao-sse”. La référence à cette période particulière considérée comme “classique” en ce qui concerne la danse, la peinture, la musique n’est pas dénuée d’intérêt.

Le Père Amiot utilise, par ailleurs, le terme “Cong-Fou” (Gongfu ou Kung-Fu) cité précédemment. En langue chinoise le caractère “classique” (Dian ou Tien 4916 du Ricci) est une référence aux “citations tirées des textes classiques”.

Le Petit Larousse en donne comme définition = Classique : “Conforme aux règles tracées par les anciens” ou encore “ouvrage qui, par sa perfection, peut servir de modèle”. Ce qui valorise la connaissance dès lors qu’elle s’appuie sur des règles pouvant servir de modèle et tracées par les anciens.

Il y a donc possibilité de s’y référer.
Donc il existe une référence.
En ce qui nous concerne cette référence est celle des textes classiques chinois.

  • TAO

Le Tao (caractère 4767 du Ricci) se traduit littéralement par route, chemin, voie à suivre, principe. Il s’agit d’un paradigme philosophique essentiel à la culture chinoise classique désignant à la fois une origine, une évolution et un aboutissement. Mais aussi et surtout ce qui précède déjà et ce qui prolonge encore. Avant il y a déjà quelque chose. Après il y a encore autre chose.

Certains auteurs modernes, dont des sinologues, croient bon traduire Tao, ou tao, par univers ou Univers. Or “L’univers est une fiente de mouche sur la sandale de Bouddha” Alors que dire du Tao ?
Il indique, d’une part, l’origine chinoise de ces pratiques et, d’autre part, son rattachement à un système philosophique particulier développé par Laozi (Lao Tseu), Zhuangzi (Tchouang Tseu), Liezi ( Lie Tseu) et commenté dans de multiples ouvrages habituellement étudiés dans le cadre de la philosophie chinoise, ceci dans toutes les universités occidentales. Le caractère Tao, que l’on peut écrire Dao dans la transcription Pinyin, est désormais passé dans la langue française ce qui autorise cette phonétisation issue de L’Ecole Française d’Extrême-Orient (EFEO).

Ce caractère Tao se retrouve, en outre, sous diverses transcriptions dans tout l’Extrême-orient ; Do au Japon, Dao au Vietnam, ce qui permet de ne pas limiter le Tao à la Chine. Le Tao des philosophes peut donc être conçu comme une valeur universelle dépassant le temps et l’espace ainsi que le cadre des nationalités. Le Tao des praticiens est sans limite ; Pourquoi donc le restreindre à cette valeur universelle, à cet univers limité qui possède un début et une fin, à un quelconque achèvement ou à un aboutissement sinon à un accomplissement. Dans le Tao rien n’est universel puisqu’il contient l’univers, rien n’est achevé puisqu’il est à la fois immobile et en mouvement, rien n’est abouti puisque sans limite, rien n’est accompli piuisque tout reste possible.

Tao calligraphie
Tao et son caractère ancien
A droite une tête ou un casque avec des cornes : symbolise le chef de clan ou le chef de harde si il s’agit d’un grand cerf à belle ramure. A gauche une rivière et le passage d’un gué avec la trace d’une empreinte. C’est rituellement l’empreinte (Zhi) de celui qui a facilité le passage. La voie est sinueuse mais le passage est montré par le chef qui laisse son empreinte. C’est aussi le Chef, ou Roi, qui chevauche un Dragon. C’est La Voie Royale

Et en liaison avec ces définitions un article exceptionnel de Laurence Binyon du British Museum sur l’Art :
Cliquez ici

La pratique des Arts Classiques du Tao et le handicap : Stage de Loïc Rabault.
Cliquer ici

 

• Pourquoi Les Arts Classiques du Tao ?

Il y a vingt ans cette année avons choisi de nous regrouper sous la dénomination globale d’ “Arts Classiques du Tao.

Ceci pour éviter le piège de l’utilisation de termes étrangers dans des transcriptions fantaisistes et des définitions approximatives. Nous avons également refusé de créer, ce que nous aurions pu faire depuis plus de vingt ans, donc il y a quarante ans, une fédération de plus.

Encore et donc une de trop.

Mais nous ne nous reconnaissons pas dans une fédération unique dont le seul but est d’aboutir dans le giron olympique et de transformer des Arts de Vie en sports de combat, donc de profiter à une minorité au détriment de la multitude. Et d’abandonner peu à peu la spécificité des écoles qui, pour ces mêmes raisons, ont pour la plupart disparues de Chine.

Nous souhaitons simplement que les pratiquants puissent pratiquer, que les enseignants puissent enseigner et que les pratiquants qui désirent enseigner puissent le faire en respectant le système qui a toujours existé au sein des écoles représentatives de ces Arts Classiques du Tao. Et ceci depuis des siècles.

Nous ne désirons pas transformer ces écoles de pratique en “centres de formation professionnelle”, en “bouclards” qui délivrent l’équivalent d’un CAP (avec beaucoup moins d’heures de formation que pour celui ci !) en le faisant passer pour un diplôme d’ingénieur ès Qigong ou Taichi.

Mais nous revendiquons haut et fort la capacité de nos Enseignants, Membres de cette Convention, à transmettre un héritage historique et culturel spécifique.

Au travers des Arts Classiques du Tao nous proposons donc

  1. une pratique pour toutes et tous à tous âges de la vie
  2. le droit à l’existence d’une pratique non sportive
  3. la reconnaissance de l’expérience acquise dans l’enseignement
  4. l’autonomie des styles et des écoles

“La réalisation personnelle s’acquiert moitié par la pratique, moitié par l’enseignement”
Kongzi (Confucius) dans le “Livre des Rites” (Liji ou Li Ki).

 

 

• La liste des membres et associations

La convention nationale des Arts Classiques du Tao vous propose :

• ses enseignants et membres cliquez ici

• ses associations membres cliquez ici

 

 

• Georges Charles

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