Le Kramakal
ou Chants funèbres de Ragnar Lodbrok (MAJ)

Textes originaux recueillis par Georges Charles – Traduction Max Gilbert -
Les Normands et l’influence nordique en France – 2eme partie les Dieux normands – L. Durand et fils (Fécamp 1936). Coll. GC.

(image : Le symbolique Marteau de Thor dans un crépuscule nordique.)

Le Krakamal est l’une des trois sagas qui célèbrent Ragnar Lodbrok – les deux autres étant le Biarkamal et le Lobrokarquida – qui fut sans doute composé par Aslaug, dite Kraka. 
Mais c’est Ragnar qui est supposé dire lui-même son « chant de mort » (Traduction Edelestand du Meril, ref. scand. La Roq. 350 ).

 » Nous avons combattu avec l’épée ! Il n’y a pas bien des années que nous sommes allés combattre un énorme serpent dans la terre des Goths. Thora fut mon salaire. (Tora Borgarhiort, fille de Herrauth, Jarl de Gothalang – Goteland ) et les guerriers m’appelèrent Lodbrock (c’est à dire culotte velue ou culotte de peau non tannée portée pour se protéger des morsures de serpent (ceci dit il semble que le climat d’époque était plus favorable aux serpents dont il est souvent question jusque dans le nord de l’Angleterre puisque Ragnar Lodbrok sera jeté dans une fosse remplie de serpents par le roi Ella. GC) en souvenance de ma victoire. Mon épée tailla, trancha le reptile. Alors je triomphais où l’acier luisant de mon épée frappa le serpent de plusieurs blessures mortelle.

Nous avons combattu avec l’épée ! J’étais jeune encore quand, à l’Orient, dans le détroit d’Eirar (Oresung le détroit de Helsing) nous avons créé un fleuve de sang pour les loups et convié l’oiseau aux pieds jaunes à un large banquet de cadavres ; la mer était rouge comme une blessure qui vient de s’ouvrir et les corbeaux nageaient dans le sang.

Nous avons combattu avec l’épée ! Au sortir de l’enfance je tenais déjà haut la lance ; à peine comptais-je quatorze hivers que l’épée frissonnait dans ma main. Vers l’Orient, à l’embouchure du Thinu (la Dina) nous avons vaincus huit puissants Jarls ; ce jour là l’aigle trouva une ample pâture ; la sueur tombait dans des flots de sang. Héla levait sa faux sur tous les guerriers.

Nous avons combattu avec l’épée ! Nombreux furent nos faits d’armes quand nous envoyâmes au Palais d’Odin les habitants de Helsing ; nous remontâmes les eaux de l’Ifa (la Vistule). Alors le sabre mordait profondément dans les chairs ; le fleuve roulait des vagues de sang ; la terre était rouge et fumait, l’épée se brisait sur les cuirasses ; sous la hache les boucliers tombaient en pièces.

Nous avons combattu avec l’épée ! Personne, je m’en souviens, ne quitta le combat, avant que, frappé d’une blessure mortelle Héraut ( Harold, Hérald, Herault) ne fut tombé de son bateau ; depuis que les longues barques sillonnent la plaine des mouettes, jamais plus noble Jarl ne redouta les rochers ; son courage brillait au premier rang dans les batailles.

Nous avons combattu avec l’épée ! L’armée jeta son bouclier, les lances s’enfonçaient en sifflant dans la poitrine des guerriers ; la hache d’armes eut bientôt brisée la masse de fer de Skarvfa (Scaprey en Norvège) ; quand le Roi Rafn tomba, les armes étaient teintes de sang, la sueur du front des guerriers roulait, encore chaude, sur leur cuirasse.

Nous avons combattu avec l’épée ! Le cliquetis des armes retentit au loin avant que le Roi Eistein succombât dans la plaine d’Ullar ; attirés par la vapeur du sang d’avides faucons planaient sur la bataille ; le glaive lançait des éclairs de la mort, il traversaient les boucliers, fendaient les casques, et les crânes ouverts répandaient la cervelle.

Nous avons combattu avec l’épée ! Près de l’île d’Innthur (Hinteren dans le golfe de Drontheim), les corbeaux purent se rassasier dans un splendide festin ; nous y préparâmes au coursier de Faka (c’est à dire l’Epouvante, une géante qui montait un loup) une large pâture. Tous étaient braves et égaux en courage et il était difficile aux plus braves de se faire remarquer à la clarté du soleil. les arcs se bandaient seuls, les traits perçaient d’eux-mêmes les cuirasses.

Nous avons combattu avec l’épée ! Devant  Borguntharholm ( l’île de Borholm) nous avons rougi nos lances et couvert nos boucliers de sang ; un nuage de flèches brisa jusqu’à la boucle des cuirasses, il fendit jusqu’à l’acier des arcs. Volnir tomba à la place d’honneur. C’était le plus puissant des rois, il avait exhaussé de cadavres le sol de maints rivages et rassasié le bec des vautours.

Nous avons combattu avec l’épée ! La bataille s’épaississait depuis longtemps quand le Roi Freyr tomba sur la terre de Flamingia (Flandres) dégouttant de sang. La pointe bleue de l’acier se romptit sur la cuirasse d’or de Haugni. Ce matin Hild déplora la proie dont les loups se régalèrent.

Nous avons combattu avec l’épée ! J’ai vu près d’Areinglane (en Angleterre) d’innombrables cadavres joncher le pont des vaisseaux ; Six jours entiers nous avons continué la bataille sans que l’ennemi succombât. Le septième, au lever du soleil, nous célébrâmes la victoire et Valthiof fut contraint de plier sous nos armes.

Nous avons combattu avec l’épée ! Des torrents de sang pleuraient se nos armes à Barthafyrth (Perth en Ecosse) le vautour n’en trouva plus dans les cadavres ; l’arc résonnait et les flèches se plantaient dans les cottes de mailles, la sueur coulait sur la lame des épées, elles versaient du poison dans les blessures et moissonnaient les guerriers comme le marteau d’Odin.

Nous avons combattu avec l’épée ! Sur le rivage de Hiatning (Haddington Bay en Ecosse) nous avons élevés le bouclier dans la paix de Hild ; on pouvait nous voir à travers le frémissement des lances applatir les casques et déchirer la cuirasse des guerriers : c’était un aussi beau jour que celui où ma fiancée avait abandonnée sa bouche à mes baisers.

Nous avons combattu avec l’épée ! Dans les plaines de Northumbra (Northumberland) une grèle d’acier s’abattait sur les boucliers. Les guerriers chancelaient et tombaient. Le matin il ne fallut pas réveiller leur courage, sous le tranchant des sabres les casques avaient perdu jusqu’à leur forme ; quand le soleil revint éclairer la bataille, il n’éclaira plus que des cadavres.

Nous avons combattu avec l’épée ! Il fut accordé à Herthiof de triompher de nos braves dans les îles du sud (les Hébrides) ; au milieu de la tempête d’acier Raugnvalth (fils de Ragnar et d’Aslauge) tomba sous ses coups. Jamais le cliquetis des armes n’avait été aussi fatal à nos héros. Les traits ailés faisaient jaillir le sang à travers les casques.

Nous avons combattu avec l’épée ! A Vethrafirth (Waterford en Irlande) les cadavres tombaient sur les cadavres entassés ; les petits du milan comptèrent sur une abondante pâture d’après la bataille. 
L’acier se heurtait contre le fer. Marstan, le Prince d’Irlande reput la faim des loups de sa chair royale. le butin fut riche pour les corbeaux.

Nous avons combattu avec l’épée. J’ai vu tomber bien des guerriers quand les traits se croisaient au premières lueurs du matin : les lances déchiraient bruyamment les vêtements de Handir (les cuirasses) ; les étendards resplendissaient ; la faux des batailles traversa la poitrine de mon fils. Ce fut Egil qui arracha la vie à l’intrépide Agnar (l’un des deux fils de Thora).

Nous avons combattu avec l’épée ! J’ai vu des braves fidèles à leur serment abattre avec leur sabre d’abondantes moissons pour les requins. Dans la baie de Skada, le tillac des bateaux reluisait de pourpre comme si des jeunes filles y avaient répandu du vin ; il n’était pas de si impénétrable cuirasse que n’entamât le bras de Skiolthung ( prince danois descendant de Skiolth, fils d’Odin).

Nous avons combattu avec l’épée ! Devant l’île de Linthis (Lindisfrane en Northumberland), nous avons provoqué trois rois au jeu de la lance. Il n’y en eu peu qui purent s’en glorifier sous leur toit. Des rangs entiers tombaient dans la gueule des loups ; le bec de l’autour se lassa de dépecer sa proie ; tant que dura le combat le sang des Iris (habitants d’Irebay en Northumberland) grossit les vagues de l’océan.

Nous avons combattu avec l’épée ! A la clarté du matin j’ai vu s’éteindre à Alasund le héros aux beaux cheveux (probablement Aurn, Prince des Hébrides), le favori des vierges, mon coeur battit de joie comme si la Déesse m’eut tendu elle-même du vin fumant dans la coupe ; plus tard le roi Oern tomba aussi. Alors le jour me devint aussi beau que si ke l’avais embrassée au haut bout d’un festin.

Nous avons combattu avec l’épée ! Le sabre fendait l’air et découpait les boucliers ; la lance étincelante résonnait sur les cuirasses ; de longs siècles n’effaceront pas la trace du combat des Rois dans l’île d’Onlug (Anglesey) ; l’épée volait comme un dragon et l’herbe rougissait tout autour.

Nous avons combattu avec l’épée ! Pourquoi la mort n’est elle pas près du guerrier qui se précipite sous le tranchant des sabres ? Celui qu’ils ne frappent point regrette souvent d’avoir trop vécu, et cependant il est difficile d’exciter le lâche au jeu du cimeterre ; le coeur lui bat en vain dans la poitrine.

Nous avons combattu avec l’épée ! Je tiens pour juste que dans la rencontre des glaives un homme s’oppose à un homme et que le guerrier ne recule point devant le guerrier. Qui mérite l’amour des jeunes filles se jette hardiment dans la mêlée des sabres.

Nous avons combattu avec l’épée ! Il m’est prouvé maintenant que c’est le destin qui nous mène. Nul n’enfreint le décret des Normes. Je ne pensais pas que ma vie appartint à Hella (Roi de Northumberland) qyand, à demi mort, je baignais dans mon sang, quand je poussais mes vaisseaux sur les vagues et que je laissais derrière moi, dans les mers de Skotland (Ecosse) de la curée pour les poissons.

Nous avons combattu avec l’épée ! Cela me réjouit l’âme que le père de Balder (c’est à dire Odin) m’eut préparé un siège dans la salle de banquet : bientôt nous boirons la bière dans le crâne de nos ennemis ; le héros ne déplore pas sa mort dans le Palais du Père des Mondes. Il n’arive pas à la Porte d’Odin des paroles de désespoir à la bouche.

Nous avons combattu avec l’épée ! Bientôt les armes acérées des fils d’Aslaug (la femme de Ragnar dont les fils sont Yvar, Biaurn à la côte de fer, Huitserk ou Hubba, Raugnvalt et Sigur Oeil de Serpent) recommenceraient de sanglantes batailles si ils savaient quels tourments me déchirent quand ces dix mille serpents enfoncent leurs dards empoisonnés dans mes chairs (Ragnar fut jeté dans une fosse aux serpents par Ella). La mère que j’ai transmis à mes fils leur a donné un noble coeur.

Nous avons combattu avec l’épée ! La mort va saisir mes héritiers. La morsure des vipères est mortelle et je sens leurs dents au fond de ma poitrine. Bientôt, j’espère, le glaive me vengera du sang d’Ella ; mes fils pâliront à la nouvelle de ma mort mais la colère leur rougira le visage ; d’aussi hardis guerriers ne prendront point de repos avant de m’avoir vengé ( Le roi Ella sera tué en 867 par Yvar Lodbrock qui lui infligera le supplice de l’aigle de sang)

Nous avons combattu avec l’épée ! Cinquante et une fois j’ai planté ma bannière sur le champ de bataille ; au sortir de l’enfance j’appris à rougir ma lance. Jamais je n’ai craint que les guerriers ne retrouvassent un chef plus vaillant. Maintenant les Ases m’invitent à leurs banquets ; ma mort n’est pas à plaindre.

Nous avons combattu avec l’épée ! Il faut finir. Voici les Dyses (les anges du Valhalla) qu’Odin m’envoie pour me conduire à son palais. Joyeux, je m’en vais avec les Ases boire l’hydromel à la place d’honneur. Les heures de ma vie sont écoulées et mon sourire brave la mort « .

 

Walhalla_(1896)_by_Max_Brückner

La Walhalla romantique – peinture de Max Brückner (1896)

ragnar-guo

A gauche, Travis Fimmel dans le rôle de Ragnar Lodbrok de la série Viking, à droite Le Maître chinois Guo Yunshen 

Le Maître chinois Guo Yunshen (Kuo Yunshen ou Fo Junsha – littéralement « La Paume assassine du Bouddha » que l’on traduit par « La Paume Divine Dévastatrice » (1822 1902) tel qu’il apparait sur la pierre tombale que l’Ecole San Yiquan de Georges Charles et les Arts Classiques du Tao ont récupérée dans un entrepot municipal de Shenzhou dans le Hebei et que nous avons restaurée et mise sous la protection du Maître Zhang Qinlin.

Il n’a évidemment rien à voir avec Ragnar Lodbrok si ce n’est une certaine ressemblance assez troublante avec Travis Fimmel dans son rôle.

hugin et muninCeci dit le portrait porté sur une pierre tombale ressemble généralement à celui dont le nom est gravé dessus ! Bizarement le Guo Yunshen de cette pierre tombale ne ressemble en rien à l’avorton sournois que l’on nous présente généralement comme étant le Maître Guo Yunshen. Et précisons encore une fois que Guo Yunshen n’est pas Gu Ronzhang non plus !

Hugin : Pensée, et Munin : Mémoire – les deux corbeaux d’Odin dont Ragnar prétendait descendre. Dans la série Ragnar exhibe un magnifique tatouage avec, justement, un corbeau !

 

pretendu Guo YunshenUne photo qui est généralement donnée comme étant celle représentant le fameux Maitre Guo Yunshen (Alias Kuo Yunshen) qui serait assis à droite (tenue blanche et pourpoint noir). L’ennui est que cet avorton ne ressemble nullement au portrait estampé à partir de sa pierre tombale que nous reproduisons plus haut.  Il y a donc encore erreur sur la marchandise !  Le portrait de la pierre tombale fait penser  un Tigre celui de la photo à un matou efflanqué.

Histoire d’une méprise : le quiproquo entre Guo Yunshen et Gu Ruzhang :

http://www.tao-yin.com/nei-jia/Gu_Ruzhang.html

Une psychologie Viking par Georges Charles

Osenerg Viking

Le Viking en lotus d’Oseberg – The Viking ship museum Oslo – photo kulturhistoric –
Cloisonné sur bois vers 850 A. D.

A priori on semble très éloigné de la fameuse sagesse chinoise   Mais en lisant entre les lignes on retrouve le « bon sens »  (Zheng Ming – le mot juste – ) cher à Confucius.

Extraits du Havamal  ou « Dits du très haut » – Traduction de Max Gilbert Les Normands et l’influence nordique en France – Fécamp L. durand et fils (1936)

« C’est le feu qui est le meilleur pour les fils des hommes. Et le spectacle du soleil.
La santé, si on peut la garder. Et de vivre sans opprobre.
Meurent les biens, meurent les parents  et toi du mourra de même.
Mais la réputation ne meurt jamais. Celle que bonne l’on s’est acquise.
C’est le soir qu’il faut louer le jour.
La femme quant elle est brûlée sur son bûcher funèbre.
L’épée quand on l’a éprouvée au combat.
La vierge quand on l’a mariée.
La glace quand on l’a traversée.
La bière lorsqu’on l’a bue.
En rien ne faut blâmer autrui de ce qui à beaucoup arrive.
Sage même devient sot. Voilà ce que fait aux fils des hommes l’ardent désir de chair.
Il n’est pire peine pour tout homme sage que de n’être pas satisfait de soi.
Ne laisse jamais connaître tes ennuis car d’un méchant tu ne recevras jamais paiement de ta bonne intention.
Echanger trois insultes avec un plus méchant que toi tu ne dois pas car c’est souvent le meilleur qui cède quand le pire cherche noise.
Prudent je te prie d’être. mais point trop prudent.  Prudent sur la bière et avec la femme d’autrui.
Pour objet de moquerie ou de rire ne prends jamais hôte ou voyageur ».

 

Saga musicale de Ragnar Losbrok…mérite d’étre entendu et même écouté ! GC
C’est l’oeuvre d’un groupe d’amis dirigés par Olivier Proust et éditée chez Solaris (1979)

 

Un mot sur le « vrai » Ragnar Lodbrok et sa nombreuse descendance

Ragnar Lodbrok, ou Lotbroc (et une dizaine d’autres transcriptions) est un roi semi-légendaire qui aurait vécu aux alentours des années 780 – 860 et qui serait, en réalité, une compilation entre divers personnages historiques de cette époque troublée, notamment le Roi Harek, le Roi Regnfrid, le Jarl Reguherus et un certain Ragnall. Quoi qu’il en soit la tradition affirme que, vétu d’une culotte de peau non tannée confectionnée pour la circonstance, il aurait tué un énorme serpent au « Pays des Goths » et aurait reçu en récompense la fille de Sigur et de Gudrun (certains disent de Brynhild), nommée Aslaug mais que l’on surnommait Kraka, la corneille, en raison de ses pouvoirs de divination. On lui devra par la suite le Krakamal, ou « dit de Kraka »,ode où elle conte les aventures de Ragnar « aux culottes de peau non tannée ». C’est sous ce nom et ce surnom qu’il se fera connaître en tant que « Roi de la Mer ». Elle devint donc sa seconde épouse.

Sigur, son père, était celui qui, sous le nom germanique de Siegfried, avait tué le dragon Fafnir. Comme on ne la croyait que peu, elle déclara que l’enfant qu’elle aurait avec Ragnar aurait une pupille en forme de serpent. Ce qui fut le cas. Et le fait est qu’en 885 un Viking nommé « Sigur Oeil de Serpent », qui avait cette particularité, s’empara de Rouen. Ce Sigur eut comme frère aîné un autre redoutable Prince des Mers en la personne de Bjorn (Biorn) Côte de Fer, ainsi nommé parce qu’il conservait une tête de flèche fichée dans l’une de ses côtes et qu’il ne souhaitait pas la faire enlever ! Bjorn avait remonté la Seine en 885 pillant, au passage l’Abbaye de Saint Germain des Près.

Sigur, quant à lui,  prétendait descendre d’Odin comme étant du sang des Volsung car petit fils de Hjodrnis, présummée arrière petite fille de Volsung, lui-même arrière petit-fils d’Odin ! La seule concession importante faite vis à vis de l’histoire, si on peut parler d’histoire tant la légende s’y mèle, dans la série Viking est que l’on présente Rollo (alias Rollon ou Rolon, alias Herulf, alias Rolf) comme contemporain de Ragnar alors qu’il vécut plus d’une soixantaine d’années après que le Roi Ella fit jeter Ragnar dans une fosse aux serpents. Ella sera tué par le fils de Ragnar, Yvar le désossé (ou sans os – en raison d’une extrème souplesse, ce qui à l’époque chez les Vikings était remarquable !), en 867.

La légende raconte qu’il lui infligea le supplice de l’ « aigle de sang ».  Où, justement, cela consistait purement et simplement à désosser la cage thoraxique pour en extraire les poumons et le coeur. A l’époque on savait se marrer. Rolf le Marcheur (parce qu’à cheval ses pieds touchaient le sol !), alias Rollon, signera le Traité de Saint Clair sur Epte, avec le Roi Charles le Simple, en 911 devenant ainsi le premier Comte de Normandie. Il s’agissait, tout au plus, d’un petit cousin éloigné de Ragnar Lodbrok !

C’est d’ailleurs à cette occasion qu’un autre lointain cousin de Ragnar, fils cadet du Roi du Danemark, organisa la rencontre dans le château de Saint Clair sur Epte, qu’il avait conquis, prenant de force le titre de Comte de Saint Clair. A l’instar de Rollon qui se mariera avec la fille de Charles le Simple, il se mariera avec la fille du Comte de Saint Clair, dont il se débarrassa,  afin d’assurer une lignée qui, prétendait-on, remontait aux Mérovingiens. Et même beaucoup plus loin puisqu’il est question de Marie Madeleine ! Mais c’est une autre histoire !

A l’issue du fameux traité  qui délimitait la Normandie entre la Bresle, l’Epte et le Couesnon, le Roi de France officialisa ce titre mais demanda au Comte de restituer le chateau à la France en échange du duché de Saint Clair sur Elle, situé dans le Cotentin et qui deviendra le fief héréditaire des Saint Clair puis des Sinclair. Plusieurs chevaliers Sinclair accompagnèrent par la suite leur cousin Guillaume le Bâtard qui deviendra Guillaume le Conquérant à la conquête de l’Angleterre.Guillaume, devenu le premier Roi d’Angleterre concédera au Clan Sinclair des terres, qu’il possédaient déjà, marché de dupes, au nord-est de l’Ecosse et dans les Orcades (Orkneys). Ils retrouvèrent donc les régions ancestrales puisque les Orcades étaient considérées comme l’un des points essentiels du ravitaillement viking avant leurs expéditions.

Comme on le constate aisément, si les Orientaux ne sont pas très simples, les Occidentaux n’ont rien à leur envier ! Mais rendons hommage à Charles le Simple, qu’on fait passer pour un pleutre ou un crétin, mais qui a su canaliser les ardeurs des Vikings en les transformant en paisibles Normands et donc en fidèles sujets du Royaume puis de la République. En ancien français simple signifie seulement efficace, comme le sont, simplement, les plantes médicinales. On parle alors de la « vertu des simples », donc de l’efficacité des plantes. Mais on nous a proposé à la place des « remèdes de bonnes femmes » alors qu’il s’agissait de « remèdes de bonne fâme » donc de bonne réputation. Grâce à Charles le Simple les Normands ( de North Men – les Hommes du Nord -) ont désormais bonne réputation.

Coeur de Fafnir

Le « Coeur de Fafnir »

C’est la représentation symbolique, et runique, du Coeur de Dragon que tua Siegfried, alias Sigur, le père de Aslaug dite Kraka, la Corneille, qui deviendra la deuxième femme de Ragnar Lodbrok.

Pour les Vikings c’est le symbole de la connaissance et de l’illumination provoqué par l’éclair « qui réveille et qui révèle » .

C’est l’initiation. Donc dépasser la difficulté initiale. On reconnait les Runes Sig (éclair) qui sont provoquées par Mjollnir, le Marteau de Thor et qui sont celles de la lumière et de la victoire.

Faites quand même attention de ne pas vous laisser hypnotiser, ne le fixez pas trop longtemps ou gare aux phosphènes !