
Le groupe de stagiaires et Gérard Depreux à Montlouis
De droite à gauche : Frédéric Lacourt ; Cédric Depart ; Gérard Depreux ; Alain Rabrault ; Paola Locatelli ; Vincent Lacourt ; Bernard Réveil ; Jean François Loubet ; Florence Auroux ; Nicolas Auger
Stage de Gong Dao 23 et 24 mai 2026 – Mont Louis sur Loire
Association ATACT (Association de Tir à l’Arc Chinois Traditionnel)
L’académie ATACT a renouvelée son stage d’archerie asiatique traditionnel de printemps à Mont Louis sur Loire. Encadré par trois enseignants. Gérard Depreux Maître Daoshi fondateur, Bernard Réveil et Frédéric Lacourt Maître enseignants disciple de Gérard Depreux et de Georges Charles.
Dans cette ambiance studieuse et amicale emprunte d’un respect profond de l’esprit « sheli », (rituel d’archerie chinoise souvent cité dans le livre des rites, le Li Ki, attribué à Confucius), les pratiquants ont évolués dans l’espace de la vérité ou espace de la vertu suite à une démonstration de tir rituel exécuté de concert par les trois enseignants en l’honneur des ancêtres, de notre pratique, de nos pratiquants tout particulièrement Paola Locatelli qui est venu de très loin. Paola a montré beaucoup d’enthousiasme et de rigueur ainsi que Alain Rabrault malgré les températures éprouvantes.
Le Gong Dao ou la voie de l’arc est pratiqué à Mont Louis sur Loire au plus près des traditions. C’est un de six dons du ciel, des six arts avec, les Mathématiques, la calligraphie, la littérature, l’équitation, la musique et les rites.
Gérard, Bernard et moi-même avons étais ravi de ce stage extrêmement productif pour l’ensemble de nos adeptes. Je tiens à remercier Gérard et Bernard qui m’ont accordés leurs confiances en me laissant la direction des deux jours de stage. J’espère m’en être montré digne et avoir su transmettre mes connaissances à celles et ceux qui étaient présent.
F. Lacourt
Un mot de Georges Charles Daoshi San Yiquan et fondateur des Arts Classiques du Tao .
C’est avec grand plaisir, et honneur, que nous avons accueilli lors de ce stage, devenu international grâce à elle, notre Amie la Présidente de Taoyinitalia, association qui à l’instar des Arts Classiques du Tao regroupe de nombreuses associations italiennes concernant la pratique et la transmission d’Arts de Santé Chinoises, Paola Locatelli. Qui était également présente, le week-end précédent, aux Rencontres ADQM – Au Delà Des Quatre Mers – pour sa rencontre annuelle. Entre temps elle est passée rendre une visite à Georges Charles en Haute Normandie, venue donner un coup de main à Géry Delaunay pour remettre un peu d’ordre sur le terrain entourant la maison qui fut celle d’un Maître Verrier connu pous ses Naïades en opaline : Sabino. Et tondre 2000 m2 de « pelouse ». Et il faisait très chaud !
Sur cette photo on retrouve deux des plus anciens élèves de Georges Charles : Frédéric Lacourt, devenu enseignant émérite de Gung Dao (Tir à l’arc chinois), et Alain Rabrault qui se sont inscrit aux cours et au stages de Georges Charles alors qu’ils étaient adolescents et qui pratiquent toujours San Yiquan avec lui. Frédéric Lacourt enseigne également San Yiquan et a formé un enseignant diplömé de cette Ecole reconnue en Chine.
Gérard Depreux, le Maître de Stage et Maître tout court du Gung Dao (en veste rouge sur la photo), ancien entraîneur de l’équipe de France de tir à l’arc (occidental !) et lui-même tireur plusieurs fois médaillé, a rencontré Georges Charles il y a plusieurs années et se sont trouvé de nombreux points de rencontre. Je n’aime pas dire points communs car le commun, jadis était considéré comme vulgaire. On disait alors « les communs » pour les endroits ouverts à tous, où l’on se soulageait la vessie et l’intestin. Les particuliers étaient dans la maison où seuls certains étaient invités. Mais si on évoque des amitiés particulières cela devient, par contre, suspect. Donc Gérard Depreux fut l’un des pionniers de la discipline chinoise en France et probablement même en Europe et hors de Chine.
Mais il n’en fit pas un fromage. Et se contenta de pratiquer et d’enseigner, donc de transmettre. C’est le premier point de rencontre des deux personnages. Ensuite Gérard Depreux comprit très vite quelle était la richesse du Tao-Yin Qigong (Daoyinfa) pour la préparation du tir à l’arc et l’inclut dans son enseignement. Les deux Ecoles ont une histoire liée à Zhu Dong (Zhou Tong), Maître réputé de Tir à l’Arc et Yue Fei (1103 1142) le « Général Protecteur des Frontières » , qui fut son élève le plus réputé. Or, Yue Fei fut « Recueilli et adopté par (le Clan) Wang de Yue. Le Clan Wang de Yue, Protecteur de Hangzhou, est celui dont est originaire Wang Zemin (1909 2002), professeur de Georges Charles et qui fut à l’origine de San Yiquan lorsqu’il légua son école à ce dernier. Ce fait est reconnu sur la Stèle Franco-Chinoise du Mémorial du Xingyiquan du Hebei.
Concernant Yue Fei et son attache au clan Wang de Yue, georges Charles a publié un article à ce sujet dans le site : tao-yin.fr/le-general-yue-fei/
San Yiquan transmet toujours la « Lance à crochet du Général Yue Fei » qui fut à l’origine profonde du Xingyiquan (Hsing I Chuan) qui est l’un des Trois Arts Internes, les deux autres étant le Taijiquan (Poing du Faîte Ultime) et Baguazhang (Paume des Huit Trigrammes). Sa particularité est d’utiliser rationnellement les « Cinq Formes » aussi nommées « Les Cinq Eléments » (Wuxing) qui sont Eau, Bois, Feu, Terre, Métal et qui sont le fondement de l’énergétique chinoise. On les retrouve dans la « Pensée Chinoise » (les Chinois n’ont pas le droit d’utiliser le terme philosophie, réservé aux Grecs (les « Humanités ») aux Romains (« les Civilités ») et à quelques occidentaux désignés comme les « nouveaux philosophes » ). Mais également dans la médecine chinoise (acupuncture, phytothérapie, massagers et auto-massages (Ngan Mo), pratique énergétique (Daoyin Fa), nutrition…), dans la peinture, la littérature et également dans les « arts martiaux » auxquels nous préférons le terme chevaleresque, en astrologie traditionnelle (horoscopie). Mais évidemment, en Occident et partilièrement en France, cela ne motive pas grand monde si on excepte quelques spécialistes de la spécialité. On assimile cela à une espèce d’alchimie ancienne qu’il convient d’oublier. En énergétique dite chinoise, l’important étant de remuer lentement avec un sourire intérieur. Dans les pratiques « martiales » de remuer plus vite, conformément à la doxa du plus grand nombre, en roulant des yeux féroces. Sans plus.
Un autre parallèle peut être établi entre le tir à l’arc chinois « classique » et les « Enseignements Particuliers » de Wang Yang Ming alias Wang Shuren (1472 1529) où il opère un parallèle entre la Calligraphie et le Tir à l’Arc. Concernant le personnage il est l’un des quatre dont la statue est admise dans le Temple de Confucius auprès de celui-ci. Excuser du peu. Et il est également censé être un ancêtre du Clan Wang de Yue. Son enseignement du Xinxue (Pureté du Coeur) était donc transmis par Wang Zemin (1909 2002) au sein de Lianhuanquan.
Ecoutons le : « Pour le tir à l’arc comme pour la Voie du Pinceau on observe la Mobilisation, l’Accueil, la Conduite, le Contrôle et l’Utilisation donc la Libération, ou le Décocher. Tout étant en place il suffit de ne « rien faire » (Wuwei) pour que l’Action ait lieu. Elle se suffit à elle-même. On retrouve le principe de l’Arc (Terre Etre Humain Ciel) qui est structure -Ti) de la Corde qui est forme (Xing) de la Flèche qui est souffle (Qi) de la Cible qui est intention (yi) de la mouche (centre de le cible) qui est Esprit (Shen). On libère l’Esprit par le décocher qui est le laisser faire (non intervention) Wuwei ce qui provoque l’action et la libération. Et, normalement, la flèche atteint le centre de la cible. Il n’y a pas à s’en étonner. » On retrouve évidemment ce principe essentiel dans la pratique (et la transmission !) du Daoyinfa ‘ »Entretien de la Voie ». C’est là où ces Arts se rejoignent en profondeur. La gesticulation n’est pas utile !