Le Gingko Bilobé

par Georges Charles

Description

 

La description “classique” du ginkgo bilobé

Le Ginkgo bilobé (Ginkgo biloba) est un arbre de la famille des ginkgoaceae originaire de la Chine méridionale.
Il est l’unique représentant actuel d’une importante et ancienne famille représentative de la flore du mésozoïque.
Il s’agit donc d’un véritable fossile vivant datant d’environ 200 millions d’années.
Dans son habitat d’origine, l’arbre, à l’imposante ramure, peut atteindre une quarantaine de mètres.
Il se caractérise par la forme en éventail de ses grandes feuilles fortement nervurées et rappelant quelque peu celles du lotus.
Il s’agit d’une variété dioïque, c’est à dire présentant des arbres mâles ou femelles. Les arbres mâles produisent des fleurs se présentant sous la forme de chatons porteurs de spores tandis que les arbres femelles produisent des fleurs engendrant des fruits de couleur jaune, ressemblant à des prunes allongées et renfermant un noyau ligneux.
Ces fruits, lorsqu’ils sont jeunes, sont comestibles et savoureux mais mûrissent en dégageant une odeur désagréable.

Les fruits du ginkgo donnent toujours prétexte à des plaisanteries douteuses

Cet arbre est cultivé depuis des millénaires en Chine tant pour sa valeur ornementale, on le trouve dans la plupart des cours des temples, que pour ses fruits et ses propriétés médicinales.
Son nom chinois est Yin Hing, ce qui signifie Yin (argent) Hing (amande) ” amande d’argent ” ou également Bai (blanc) Guo (fruit) ” fruit blanc “.
Il fut importé au Japon dès le huitième siècle par les moines Bouddhistes qui le nommèrent Yin (argent) Guo (fruit)” fruit d’argent “.
Cette transcription chinoise se transforma en japonais Gin Kyo, appellation qui donna, par la suite, le nom actuel.
Les Japonais l’utilisèrent pour les mêmes raisons que les Chinois et l’arbre devint recherché pour l’ornementation des cours intérieures et des parcs tandis que ces fruits étaient consommés ou utilisés pour des raisons médicales. Quelques siècles plus tard il fut ” découvert ” par l’un des premiers occidentaux qui visita le Japon, Englebert Kaempfer qui l’importa en Europe en 1712 sous le nom d’arbre aux quarante écus.
Simplement parce qu’un botaniste offrit la somme importante de quarante écus d’or pour en acquérir un seul plan.
Il est aussi parfois nommé “arbre aux mille écus”.

Il faudra, malgré tout, attendre 1771 pour qu’il soit identifié et officiellement baptisé en latin par Linné.
Depuis, cet arbre s’est bien implanté en Europe et en Amérique du Nord où il sert, également, d’espèce ornementale.

A condition de bénéficier d’un climat tempéré et surtout d’été chauds, cet arbre possède une résistance à toute épreuve particulièrement vis à vis de la pollution urbaine.

C’est probablement pourquoi la ville de Tokyo a choisi sa feuille comme symbole officiel.

La feuille de ginkgo est officiellement l’emblème de la ville de Tokyo
Elle est également présente dans de nombreuses armoiries (Mon) des familles japonaises.

Description des composés médicinaux

Le ginkgo tant dans ses feuilles que dans ses fruits contient de l’acide ginkosique, de la quercétine, de la lutéoline, des tanins de catéchine, de l’huile de camphre, de l’huile essentielle, de l’huile grasse, des hydrates de carbone et des protéines amindonée. Prescriptions

C’est une plante très utilisée en pharmacopée traditionnelle chinoise
Son nom chinois Yinxing signifie “abricot d’argent” ou “prune d’argent”

Yinxing : caractères chinois désignant le ginkgo ou “abricot d’argent”

 

Suivant la médecine chinoise classique il est de saveur douce, amère, âpre et de nature neutre, considéré comme légèrement toxique.
Il agit en tonifiant l’énergie des poumons et ses feuilles sont vermifuges.
Il possède une action sur le méridien du cœur et est préconisé pour les troubles de la fonction cérébrale et les troubles périphériques de la circulation artérielle.
Il est également utilisé pour ses propriétés sédatives et expectorantes dans le traitement des affections respiratoires et particulièrement de l’asthme et des bronchites spastiques.
En médecine populaire il est utilisé en usage externe dans le traitement des varices ainsi que dans les furonculoses.
L’extrait de ginkgo est également utilisé, en raison de propriétés veino-toniques, provoquant une dilatation des vaisseaux sanguins et augmentant le flux du sang, dans le traitement de l’insuffisance de la circulation veineuse, en particulier dans certains cas de couperose. Utilisation

Fruits :

Ils sont comestibles lorsqu’ils sont jeunes et peuvent se consommer crus ou cuits. Lorsqu’ils mûrissent ils dégagent une odeur nauséabonde qui dissuade leur consommation.

Ces fruits, une fois bien mûrs, tombent à terre et sont l’équivalent asiatique de la peau de banane.

En Chine comme au Japon les ginkgos sont les arbres les plus courants dans les cours des temples. A l’époque où les fruits tombent sur les pavés les garnements prennent grand plaisir à observer les nombreuses glissades et chutes qu’ils occasionnent, d’autant plus que la pulpe malodorante désigne les victimes aux sarcasmes les plus divers. Certains temples produisent encore un vin ou une liqueur de ginkgo qui possède des vertu médicinales.

Sous un ginkgo à l’époque de la fructification : pas très ragoûtant !
Et je vous parle pas de l’odeur !

Amandes :

Elles sont utilisées séchées puis grillées et enfin réduites en poudre pour produire des tisanes ou des décoctions utiles dans le traitement de l’asthme et de la bronchite. Elles sont utilisées crues et broyées dans le traitement externe des furoncles.

Feuilles :

Elles se récoltent en été (juin/juillet) et sont utilisées fraîches, en tisanes sucrées, à raison de 20 à 40 grammes de feuilles par litre d’eau dans le traitement des affections respiratoires ou vasculaires.
Les feuilles peuvent être séchées à l’ombre et sont alors utilisées à raison de deux à trois cuillerées à café de feuilles broyées par litre d’eau bouillante.
Il convient de laisser infuser une vingtaine de minutes et de consommer à raison d’une tasse sucrée au miel deux à trois fois par jour pendant une à deux semaines consécutives.
Il s’agit d’un traitement de fond car la consommation occasionnelle ne procure aucun effet. A raison d’une cuillerée à café par tasse, la tisane devient vermifuge. A forte dose le ginkgo est légèrement toxique et, chez certains individus, particulièrement chez les vieillards et les enfants, il peut provoquer des vomissements, des fièvres, des convulsions.
Il convient donc de le prescrire préférentiellement sur avis médical en tenant compte de certaines contre indications.

Ecorce de l’arbre :

Elle est très riche en tanins de catéchine et entre dans la composition de bains destinés à endurcir les mains et les pieds dans la pratique de certains arts martiaux axés sur la casse de matériaux.
Une décoction d’écorce de ginkgo peut également être utile à ceux qui sont fragiles des pieds et qui souffrent d’ampoules lors de marches.
Les branches mortes brûlées passent pour éloigner les insectes. Il s’agit donc d’un arbre aux multiples applications : ornementales, diététiques, médicinales, antipollution.

Et, probablement, un des plus anciens témoins de l’évolution de la vie sur notre planète.