Page insolite : la mer recycle nos déchets !
par Georges Charles

La mer vue des coulisses et des réserves. Ou : L’abominable ours des falaises picardes est de retour !

En exclusivité mondiale : Deux ours des falaises picardes planqués dans un galet On ne se méfie jamais assez !

Lorsqu’on habite près de la mer on est tenté d’aller lui rendre visite assez souvent. Il arrive donc qu’on la considère autrement que celles et ceux qui ne font que passer. Ce petit privilège a quelques inconvénients puisque qu’il faut, d’une part, prévoir deux bonnes heures pour se rendre à Paris et deux bonnes heures pour en revenir. Cela incite donc à moduler son emploi du temps hebdomadaire pour ne pas passer sa vie sur la route. Et que, d’autre part, on entre souvent sur la plage par les coulisses sinon les réserves. Et hors saison celles-ci ne sont pas nécessairement bien rangées.

Si, d’autre part, on fréquente cette plage depuis plus d’un demi siècle on en connaît nécessairement bien la configuration. Une première constatation : rien ne change plus vite qu’une plage. D’une semaine sur l’autre elle est couverte de galets, de sable fin ou d’un harmonieux mélange des deux à des endroits et en des quantités fort différentes à chaque fois. Par moment elle se recouvre de dizaines de pavés de grès, de granite, de schiste et de ciment.

Ou accueille des matériaux les plus diverses et les plus variés qui constituent un inventaire à la Prévert. La mer, elle même, est très changeante, à priori sans raison apparente. L’eau peut être bleue alors que le ciel est couvert ou laiteuse alors que le ciel est dégagé. En fait les couleurs de la mer changent très souvent ainsi que son apparence. Elle peut être sereine, calme, agressive, mordante, lymphatique, nerveuse, colérique, sournoise, décidée, destructrice.

Le coup de la rambarde…ou le coût de la rambarde :

Elle semble parfois s’amuser quelque peu des efforts que fait le genre humain pour tenter de la contenir ou, simplement, de la limiter. Elle a, par exemple, entrepris de démolir peu à peu et morceau par morceau une magnifique rambarde que l’on a placé entre elle et les touristes. Elle pourrait aisément la démolir d’un coup, comme ça, d’une simple pichenette. Mais non, elle s’amuse, prend son temps, embarque un morceau ici, pulvérise un autre là, descelle un pied la semaine suivante, fait sauter quelques boulons fort respectables, promène la balustrade au large, la ramène ensuite. Tout cela au désespoir de ceux qui ont installé cette fameuse rambarde et qui ont lutté, lutté mais lutté en vain puisque elle vient de touit bonnement disparaître corps et biens.

Et c’était une bonne et solide rambarde, presque comme la chèvre de Monsieur Seguin. Elle a longtemps résisté mais a fini par céder aux assauts répétés et probablement amoureux de la vague. Qui n’a pas entendu, les jours de petite tempête, les « croquettes à chats », ces énormes plots de béton pensant plusieurs tonnes, s’entrechoquer joyeusement, ne peut pas imaginer la puissance de cette mer pourtant fort paisible au demeurant. Elle se borne, de temps à autre, de faire tomber un morceau de falaise supportant parfois un blockhaus datant du mur de l’Atlantique…qui comme chacun le sait ici était beaucoup plus puissant dans la Manche que partout ailleurs ! Et après que le pan de falaise soit tombé, les autorités compétentes interdisent l’ accèsà la place. Un peu tardivement, certes, mais que faire d’autre ?

Puisque de toutes manières les habitués locaux s’y rendront pour constater de visu les dégâts. Et aller chercher quelques moules, également interdites au ramassage. Ou prendre des photos.

 

La barrière neuve essuie un coup de tabac !

Le lendemain matin…

Et là c’est l’autre bout en bas qui a été digéré…

Et un petit coup vers le haut, rafistolage et arrêté..

Rebelotte et dix de der au milieu !

Juste une petite vague pour t’emporter.

Devant ce combat inégal il n’y a plus de barrière du tout.

« Ma mer a toujours raison » Koan Zen de la « non-barrière ».

Dernière minute (5 juillet 06) !
ELLE EST REVENUE !

Errare humanum est !
La ballustrade neuve est revenue avec les touristes Perseverare diabolicum sunt..
(ps pour les non latinistes : « l’erreur est humaine mais persévérer (dans celle-ci) est diabolique ».

dernières nouvelles du front ! On le disait bien : elle est repartie (septembre 2006) la preuve :

Ben nondediou elle est repartie !

Mais, entretemps, de vastes travaux ont été entrepris On a déplacé les croquettes Et on a comblé la digue
Suite prochainement ! La suite ? Depuis Rommel on n’avait pas fait mieux dans le béton de chez béton.
Cliquer ici

La preuve !

Et un cadeau Bonux de vacances !

La sanisette « off » de la plage.
Elle était là, on l’a essayée (la preuve !) et elle est sympa.

Des ferrailles, une plaque tombale, des pavés, une bague en or et un raton laveur : Mais il est une chose que peu de gens savent, c’est que la mer, depuis longtemps, a pris l’habitude de trier puis de recycler les déchets que nous lui abandonnons.

Une rose rouge sur la craie blanche, c’est insolite mais bien réel !
Qui Diable a pu déposer ici cette rose rouge ?
Et pourtant elle y était.

Et encore une sur le sable le 29 octobre 2006 !

Bon, un peu moins romantique cette mine débonaire
Les spécialistes se marreront : il manque le détonateur !

Et ça c’est quoi, hein ?

Punaise celui-ci c’est pas du léger !
le sac à main donne l’échelle.

Au début cela surprend quelque peu mais au bout d’un moment cela semble très normal.D’un coté les ferrailles, de l’autre les boiseries, à part les plastiques, dans un coin l’organique et quelques endroits secrets pour les « divers » les plus étonnants. La ferraille peu à peu se confond puis se fond, au sens propre, dans le paysage minéral et organique de l’estran, cette partie découverte à marée basse. Le plastique lui-même est peu à peu digéré, réduit en poudre puis en poussière. Ou subsiste pendant des siècles, c’est du moins ce qu’on prétend. Les murs de brique et de béton deviennent peu à peu de sympathiques galets et les bouteilles de bière et de vin se transforment en perles colorées que les enfant ramassent. Cela fait plus de cinquante ans que j’en ramasse et ne m’en lasse pas. On reconnaît la marque de bière à la couleur de la perle ! De temps à autre on retrouve aussi un obus. Parfois une « belle pièce » suivant les gendarmes démineurs qui viennent immédiatement les récupérer. Et même des pierres tombales dont on se demande ce qu’elles font là. Des nodules de marcassite provenant des falaises de craie, que l’on prend souvent pour des météorites, mais aussi, parfois, une quille en bronze, un club de golf, une montre ou une bague en or.

Et une bague en or quelque peu modifiée. Et de quoi se constituer une caisse à outils très bien remplie.
Sans parler des chaussures de toutes espèces, de toutes pointures et de tous matériaux.

Une date, une pierre tombale, mystère

Peut-être un marin disparu …

Et un de ces quatre il faudra passer à la caisse !

Mais tout ceci, en fait, bien rangé, presque étiqueté et numéroté.
Comme si la mer préparait une facture particulièrement salée concernant ce sympathique triage de nos surplus les plus variés.
Et pour son recyclage très professionnel. En avant première nous vous présentons son catalogue d’hiver.  C’est ici, mais ça pourrait être là ou ailleurs et même autrepart. Nous n’avons évidemment pas souhaité faire de publicité ou de contre publicité concernant cette plage que nous aimons puisque, quelque part, c’est la nôtre. Mais c’est aussi la vôtre avant d’être la leur. Il est évident que nous nous sommes limités, que je me suis volontairement limité, à une petite partie du problème concernant ces rejets maritimes.

Un blockhaus prêt à partir en vacances !

Pour rejoindre son pote qui ramasse des moules

Un obus en vadrouille.
Selon les gendarmes « une belle pièce avec le détonateur en état de marche »

Vive la Quille, Nom de Dieu !
Française ou Allemande ?

Le catalogue d’hiver en avant première.
Stoks illimités.