L’ANNEE CHINOISE DU SERPENT D’EAU ET L’OCCIDENT

Par Georges Charles

Conan le Barbare

On a les ennuis qu’on peut !

Comment s’étonner après ça que le serpent ne soit pas trop bien vu par les Occidentaux ! Et que le serpent, lui-même, se méfie quelque peu des Occidentales qui poussent leurs mecs à lui faire la peau. On le préfère donc ici sous forme de chaussures ou de sacs à main(s) !

Le Serpent n’a pas trop bonne presse en Occident !

« On les appelle serpens parce qu’ils y vivent et qu’ils sont cachés sous des formes variées qui les couvrent comme des habits ».

Dom Pernéty, Dictionnaire mytho-hermétique. En Occident dit chrétien le serpent (ou Serpent !) est assimilé au péché originel puisque c’est lui qui incite Eve à proposer le fruit défendu à Adam créant ainsi le schisme entre Dieu, le Père, et l’Homme, donc la femme.

Adam Eve le Serentet la Pomme

Adam, Eve, le Serpent, la Pomme et l’Arbre du Paradis Ou le péché originel ! C’est déjà un coup de Léviathan – dans le « langage des oiseaux » c’est « Lévy attend ». Il attend quoi ? Ben que l’homme se fasse jeter du paradis terrestre !

Selon certains le fameux « Jardin d’Eden » ou paradis terrestre, donc le paradis perdu se situerait à l’époque charnière entre le paléolithique et le néolithique puisque la plupart des grands fauves, comme l’ours des cavernes, le tigre à dents de sabre avaient été éradiqués du paysage et qu’on pouvait donc dormir plus tranquille et que la propriété, incluant l’élevage et les cultures déjà intensifs nécessitant la communauté, qui nait probablement au néolithique, n’existe pas encore. Donc on pouvait dormir plus longtemps et faire la grasse-mâtinée ! Pas de problèmes d’impots, pas de charges sociales, pas de frontières, pas de religion trop avérée, pas de guerres, pas de spéculation, pas de contrat de mariage, pas de droit romain et pas tout ce qui complique à loisir la vie de l’homme moderne depuis l’apparition de la « civilisation » !

Donc le paradis sur terre.

Selon « Chinese Gordon » ou « Gordon Pacha », alias Charles Georges Gordon, voyageur insatiable et grand connaisseur des hommes, le Jardin d’Eden se serait situé exactement dans la Vallée de Mai qui se situe sur la petite île de Praslin aux Seychelles. Mais les mauvaises langues diront que c’est parce qu’il avait été très impressionné par le fameux coco de mer, ou coco-fesse (lodoicea maldivica), fruit d’un palmier qui ne pousse que dans la région.

coco fesse ou coco de mer

Le fameux coco-fesse ou coco de mer. Comme ce fruit pousse dans le Jardin d’Eden, l’Ile de Mai au Seychelles, suivant Gordon, c’est peut-être le fruit que proposa Eve à Adam ce qui eu le don d’irriter l’Eternel ! On comprend donc qu’il les aient foutus à la porte sans préavis.

« Dans le jardin d’Eden retrouvé le lion et l’agneau dormiront ensemble. Mais l’agneau dormira quand même très ma! !  » (Woody Allen)

Adam et Eve et le Serpent

Eve conseillée par le Serpent tend la pomme à Adam. Qui l’a conservée en travers de la gorge. Mais qui est le responsable de cette affaire ? La Bible répond simplement : « Dieu (l’Eternel) présenta Eve à Adam et dit à celui-ci : choisit ta femme ! » Il n’eut donc guère le choix et Dieu est juridiquement responsable. Il aurait pu prévoir !

Serpent crucifié

Léviathan ou Levithan crucifié à la place du Xrist Certains prétendent qu’il s’agit de Judas. Voilà de quoi ne pas arranger les relations d’époque entre Chrétiens et Juifs !

Eve et le Serpent

Eve et le Serpent dans l’imagerie Art-déco 1900 Ici il n’y a pas la pomme mais un anneau, probablement une alliance !

Ene et la pomme

Une Femme et un Serpent, il manque la pomme !

Le serpent et la pomme

Une pomme et un serpent, il manque la Femme !

Eve la tentatrice

Eve – évocation très symbolique de la tentation et du péché !

Le Serpent, donc Satan, alias Shatyan, ce qui signifie l’accusateur mais aussi l’adversaire, celui qui éloigne mais également la créature tentatrice, est donc le diable, ou au moins une de ses manifestations. Et le diable c’est tantôt Belzebuth, alias Baal, « Le Maître des Princes », tantôt Lucifer l’ange déchu « porteur de lumière ». Un personnage somme toute peu recommandable. Ce qui incite la Vierge à le fouler aux pieds, justement sous la forme d’un serpent. Serpent souvent, par ailleurs, accompagné d’un croissant.

Vierge et serpent-croissant

La vierge foulant aux pieds le Serpent (vert) et le Croissant ! Croissant lui-même généralement de teinte verte, ou sinople qui, dans l’art héraldique classique indique généralement un rapport direct ou éloigné avec l’Islam. Le Diable a les yeux verts ! Par extension ces yeux verts (per-verts) étaient donnés comme la caractéristique des fameuses Bohémiennes * qui lisaient l’avenir dans les paumes de la main, donc de Esmeralda (émeraude donc de couleur verte, la pierre « pair-verte ») de la Notre Dame de Paris de Victor Hugo. * Ernst Junger (Orages d’acier…), l’officier le plus décoré d’Allemagne, nommait Hitler, en privé, Kniebolo qui, dans un opéra bouffe autrichien, était justement un Bohémien diseur de bonne aventure et chef d’une bande de brigands. Ce qui incita plusieurs généraux à reprendre le terme très méprisant de « caporal bohémien ».

Hitler, en quelque sorte, fut donc aussi victime d’un certain racisme des Junkers prussiens qui se gaussaient de son origine et de son accent.

Le rapport entre le serpent, Satan, le fruit défendu (de la connaissance probablement orientale !), le péché originel, le paradis perdu, Eve, la Femme, la fille perverte aux yeux verts incite, ici, à se méfier quelque peu de notre reptile (littétalement celui qui rampe !). Dans la théorie des signatures, concernant l’art symbolique celui qui rampe, le serpent, ne peut s’élever à moins d’avoir des pattes et des ailes et il devient alors dragon. Qui n’en est pas mieux vu pour autant car le dragon n’est autre qu’un serpent ailé !

En Chine, d’ailleurs, le Serpent est nommé « Petit Dragon » (Xialong – qui est le prénom chinois de Bruce Lee – Li Xiaolong) comme le Tigre est « Lao Hu » donc « Le Vieux Seigneur » (alias « la grosse bête »). Le serpent représente donc les forces substancielles et essentielles de la terre, donc les énergies chtoniques, forces qui appartiennent à l’intérieur de la terre. Donc, littéralement, infraterrestres. Il y a les extraterrestres (étrangement il n’y a pas d’infracélestes !), comme les Martiens et les Anges et les infraterrestres comme le serpent et quelques autres personnages mythologiques comme les nains ou les Anges déchus avec Lucifer et qui appartiennent désormais au monde souterrain des ténèbres.

Le serpent est donc celui qui côtoie ces forces des ténèbres et il n’est donc pas rassurant ! Il est, en quelque sorte, le messager non pas de l’au-delà mais bel et bien de l’en-deçà. Et l’en-deçà ce sont les portes de l’Enfer ! Il est alors tout à fait compréhensible qu’on retrouve notre serpent, ou Serpent (avec Majuscule pour mieux le personnifier car il s’agit ici presque d’un nom propre – comme si il y avait des noms impropres donc sales – ) dans la fameuse apocalypse dont on nous rebat les oreilles à cycles réguliers, preuve en est le dernier 21 décembre 2012 où on nous promettait le pire et ou rien ne s’est passé, si on excepte une pluie de météorites le 15 février 2013 en Russie. Mais qui n’était pas prévue par grand monde et surtout pas par nos astrologues et astronomes patentés puisque personne n’était au courant et qu’il y a quend même eu quelques blessés.

Le Serpent, ou Léviathan, de l’Apocalypse

Dans l’Apocalypse le Serpent, ou Léviathan, est omniprésent car il représente le mal personnifié.

Il se doit donc d’être présent dans l’oconographie médiévale consacrée à cette fameuse apocalypse et à ses prophètes dont le plus connu, mais aussi le plus détourné est Saint Jean.

C’est probablement, encore, un relent de l’Egypte ancienne et d’Apophis qui représentait les forces des ténèbres, donc la lutte contre la lumière.

Apocalypse de Saint Sever Femme sur la Bête

L’Apocalypse de Saint Sever (XIeme siècle) La Femme sur le Bête – notez que la queue de la Bête est un serpent ! Il est bien question de « Bestia » comme dans « La Bestia del Gebaudan » et il ne s’agit pas d’un loup. verset III du chapitre XVII de l’apocalypse du Livre I de Beatus. Manuscrit latin 8878 de la Bibliothèque Nationale

Apocaluse de Saint Sever

Apocalypse de Saint Sever (XIeme siècle) Les serpents entourent Babylone qui va être détruite

Apocalypse de Saint Sever

Apocalypse de Saint Sever (XIe siècle) -Sixième Trompette La destruction par les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse Les chevaux, ou plutôt les « Bestias » (bestiasses) ont des queues en forme de serpents et les cavaliers sont des Wikings alias North-Men – les Hommes du Nord !

Apocalypse de Saint Sever

Apocalypse de Saint Sever – Prologue de Beatus Combat de l’Aigle (Aquila) et du Serpent (Leviathan ou Levithan) L’Aigle de Saint Jean domine le Mal.

Apocalypse d'Urgell

Mais finalement le serpent du mal est quand même vaincu par le Xrist

Saint Patrick et le Serpent

Saint Patrick expulse le démon-serpent de l’Irlande. Le Saint drappé dans l’ancêtre du Drapeau Américain rejette le démon. Depuis cette époque il n’y a plus de serpent en Irlande.

L’image positive du serpent : Moïse et le Caducée !

La seule image positive du serpent est celle que donne Moïse qui, dans un duel, une battle comme on dirait maintenant, avec les magiciens du Pharaon jette son bâton par terre et le transforme en serpent qui avale alors tous les serpents de ces fameux mages puis redevient bâton.

bâton de Moise

Une vision fantastique du fameux Bâton de Moïse C’est ce bâton-serpent qui ouvrira la Mer Rouge devant le peuple Hébreux et que l’on peut assimiler à un caducée. Dans la Grèce antique ce caducée, littéralement « sceptre du hérault » désigne le messager de haut rang, l’ambassadeur.

Mercure et son caducée

Mercure et son caducée échangé à Apollon contre une lyre.

C’est Apollon qui confie à Hermès, alias Mercure, son fameux caducée lorsqu’il devient le messager des Dieux. Mais c’est aussi le caducée d’Asclépios, le Dieu de la médecine et fils d’Apollon, encore lui, qui est censé pouvoir soigner toutes les maladies, donc un panax, une panacée on pourrait presque ajouter universelle.

caducée romain

Le caducée originel comporte deux serpents mais pas de bâton !

Ce caducée d’Asclépios est, ensuite, devenu le bâton d’Esculape, dont le culte fut d’abord établi à Epidaure où il était justement honoré sous la forme d’un serpent. Et on retrouve donc ce fameux serpent sur ce fameux bâton, le caducée, qui sert désormais d’enseigne, sinon de logo, aux « acteurs de la santé » que sont, dans l’ordre les médecins, les chirurgiens (jadis les barbiers-chirurgiens !), les pharmaciens (qualifiés de droguistes outre Manche), les infirmiers (corps constitué en majorité d’infirmières), les kinésithérapeutes (et par extension les chiropracteurs et les ostépathes), les orthophonistes, les ambulanciers (qui utilisent aussi, sans le savoir la Rune magique Hagal ! ), les aides soignantes….et on en passe. On a même vu un caducée des plombiers !

caducée des plombiers

Le caducée du plombier en visite Tout ce beau monde affirmant d’une seule et belle voix qu’il faut différencier le caducée d’Hermès de celui (le leur !) d’Asclépios, donc d’Esculape. Evidemment lorsqu’on apprend que Hermès, donc Mercure, est le Messager des Dieux et, accessoirement le Dieu du commerce et des voleurs ! Cette très ancienne assimilation entre le commerce et le vol, puisque cela date de la Grèce antique, ne doit, en aucun cas évoquer un quelconque rapprochement avec la médecine et la pharmacie qui, on le sait, sont parfaitement désintéressées. Il y a donc deux caducées et on en restera là.

Mais visiblement un seul serpent, ou deux, suivant les cas, qui alors devient bénéfique, sinon bénéficiaire. Mais chacun sait que la médecine, donc la santé, ne pourrait être bénéficiaire puisque elle est, généralement, déficitaire. Ce qui est presque rassurant. Mais la sagesse populaire, presque celle du serpent, indique que lorsqu’il existe un trou il y a nécessairement, en contrepartie, une bosse. Pas de trou sans bosse ou alors il convient de rechercher la brouette qui a servi à emporter la bosse. Et l’endroit où l’on entrepose cette bosse qui provient d’un trou. Plutôt que de pleurer sur le trou de la sécurité sociale, donc du service de santé, il conviendrait d’en rechercher la bosse où du moins la trace de la brouette qui même à l’endroit où on l’entrepose. Mais on vous a dit que Hermès et Asclépios étaient choses différentes.

Asclepios

Asclepios ou Asclepius jeune à Epidaure (IVeme siècle Av. J.C.) Donc il n’y a aucune raison pour qu’il y ait une bosse entreprosé dans un entrepot car en médecine il ne saurait être question ni de commerce ni d’argent ni de voleurs ni de quoi que ce soit d’autre que de médecine.

Dixit le caducée, donc le serpent. Si on ajoute qu’au Moyen-Age, ou du moins à l’âge médiéval, un certain Jacques de Guyse expliquait doctement que le « caducée est une baguette à vertu somnifère » (Chroniques d Hainaut – Forlia d’Urban) on comprend juste un peu mieux les choses.

Dormez tranquille braves gens on veille sur votre santé ! Le Professeur François-Vincent Raspail (1794 1878), lui même, excusez du peu puisqu’il a un boulevard et une station de métro qui portent son nom, dans son ouvrage magistral « Histoire naturelle de la santé et de la maladie  » Paris 1860, consacre un fabuleux paragraphe sur « De l’utilité de la fumée des vieilles savates contre les morsures de serpent ». On note tome 2 p. 33 dans le paragraphe « serpents morbipares par intruduction dans un organe » que :

« Il est reconnu que la fumée des vieilles savates est un moyen efficace pour chasser les serpents non seulement des maisons mais du corps des hommes dans lesquels les reptiles s’introduisent l’été, pendant que ces imprudents s’assoupissent dans les champs et ronflent la bouche béante.

Marcus Gattinaria, médecin contemporain d’un mérite non ordinaire, en parlant d’un homme qu’il eut à traiter pour un cas semblable. Ayant en vain en vain utilisé contre cet accident les remèdes reconnus comme les plus efficaces il en vint définitivement à bout en intruduisant dans la bouche de cet homme, de la fumée de savates, au moyen d’une sonde adaptée à un soufflet. Dès que le serpent eut senti l’odeur de cette fumée, il se hâta de sortir par l’anus au grand ébahissement des nombreux assistants ; c’était une vipère d’assez belle taille ».

Le docte professeur Raspail ajoute encore un peu plus loin :

« Si les vipères ou couleuvres peuvent s’introduire aussi facilement par la bouche, pourquoi ne pourraient-elles pas également s’introduire sinon dans l’anus, dont l’odeur des matières fécales les repousseraient, mais dans l’organe sexuel de la femme endormie ? Rien n’est plus fréquent dans les pays chauds, au Brésil surtout et en Afrique, ainsi que dans les appartements situés au rez-de-chaussée. L’orvet, ce petit serpent court, presque cylindrique à écailles si fines, à la queue obtuse, pourrait se nicher tout entier dans la partie sans que la femme en fut tirée de son sommeil.

Mais dès qu’à son réveil elle viendrait à faire le moindre mouvement, le serpent effrayé et se hâtant de sortir de son repaire, la femme croirait avoir accouché d’un serpent. Or l’histoire est pleine de ces sortes d’accouchements fabuleux. Dans tous ces fait l’interprétationseule est absurde ; et tout le merveilleux du phénomène tient à ce qu’on voit sortir ce qu’on a pas vu entrer ».

Cette conclusion très scientifique nous rassure donc car qu’aurions nous pu penser ! Rappelons que l’ouvrage date de 1860 (et c’est la troisième édition !).

Cela nous incite à un peu de modestie concernant les affirmations dites scientifiques et effectuées, ou proférées, par des scientifiques, Raspail en était un de premier plan. Ils n’ont pas cessé de se tromper et de nous tromper depuis la nuit des temps (temps scientifiques, bien sur !) et de se contredire mais on s’en contrefout puisqu’on cherche juste à se rassurer.

Et la science est rassurante, la preuve. A condition, quand même, de savoir garder ses vieilles savates. Et de déconseiller aux dames la sieste dans la nature ou au rez-de-chaussée des appartements. On ne sait jamais. Pour que l’on ne m’accuse pas de faux et d’usage de faux, ce qui serait évidemment facile, j’ai pensé qu’il serait judicieux de publier cette page dans cet article. Dont acte :

Professeur Raspail et les vieilles savates

De l’efficacité de la fumée des vieilles savates contre les serpents par Le Pr Raspail (1860).

Mais le caducée, ou du moins le serpent enroulé autour d’un bâton, on l’oublie parfois, se retrouvait très souvent sur les cannes, particulièrement celles des poilus de la Grande Guerre, où il semblait avoir un rôle protecteur. Ces cannes avaient également, par tradition, la fonction de bâton de commandement et étaient portées par les Officiers et Chefs de Section lors des assauts. Erst Junger raconte plusieurs fois (Ernt Junger Oeuvres dont Orages d’acien – La Pléiade ) avoir utilisé une canne comme signe de ralliement lors des assauts. Certaines comportaient donc des « casse-têtes » et étaient renforcées et parfois munies d’une pointe à leur base.

Canne au serpent 14 18

Canne à pommeau en forme de tête de bulldog et avec une vipère enroulée portant la mention 1916 – Somme Coll. GC

cannes serpents 14 18

Deux cannes de la Grande Guerre avec serpent enroulé A gauche « Suvenir d’Alsace 1917  » A droite « 1916 Somme » –

Toujours en Occident, pour ne pas dire en Extrême-Occident puisqu’il s’agit, en l’occurence de l’Ecosse le serpent, pourtant fort rare mais moins qu’en Irlande où il fut éradiqué par Saint Patrick, était associé à la cruauté et à la trahison c’est pourquoi on le retrouve, discrètement, sur le portrait, très officiel, de la Reine Elisabeth Première attribué à Isaac Oliver, un partisan de la libération de l’Ecosse, vers 1600. Elisabeth Première fut celle qui fit exécuter la reine Marie (ou Mary) d’Ecosse en 1587 après l’avoir fait emprisonnerpour haute trahison après de basses intrigues.

La Reine Mary portait une opale au moment où elle fut arrêtée, depuis il est dit que cette pierre changeante porte malheur, ce qui est évidemment le contraire de l’Extrême-Orient où elle porte chance. Les nobles Ecossais furent donc contraints,; à la suite de l’exécution de leur reine d’Ecosse de disposer d’un portrait de la Reine Elisabeth Première d’Angleterre en leur demeure. Et la place d’honneur était au dessus de la cheminée qui était toujours fort large et surtout haute. C’est donc là que le portrait pris nécessairement place. Le portrait se retrouvait donc assez rapidement terni par la fumée de sorte qu’on n’en distinguait pas trop les détails.

Heureusement car nos amis les Godons, donc les Anglais, se seraient rendu compte que la reine portait une magnifique vipère sur le bras et que sa robe était constellée d’yeux et d’oreilles et de bouches ce qui incitait, évidemment, à la plus grande prudence. Et que a devise portée sur le tableau « Non sine sole iris » donc « pas seulement l’éclat de l’arc-en-ciel » qui est une autre mise en garde, la reine tenant un arc-en-ciel dans sa main droite. Or pour les Scots et les Nortmen l’arc en ciel, Bifrost (chemin scintillant), porte malheur à celui, ou à celle, qui cherche à le dominer, donc à s’en saisir.

Elisabeth Première par Isaac Oliver 1600

Portrait de la Reine Elisabeth avec serpent sur la manche.

Serpent sur Elisabeth Première

Le détail de la manche avec une belle vipère ainsi que quelques oreilles, yeux et bouches.

Elisabeth Première

Elisabeth Première

Le portrait de la Reine Elisabeth dans son contexte actuel chez la mère de l’auteur à Enghien ! Tableau ayant appartenue à Madame Fernande Charles-Sinclair grand-mère de l’auteur.

L’ Egypte ancienne et le Serpent

En Egypte ancienne le Serpent n’avait pas non plus trop bonne réputation bien qu’on y découvre une bonne douzaine de Dieux secondaires à tête de serpent. Mais le Serpent Apopis, ou Apophis, y symbolise le chaos, le mal, l’obscurité, les forces des ténèbres qui s’opposent à l’avènement de la lumière, de l’engendrement qui nous nommons, en Occident, la création. On le voit donc le plus souvent s’attauser à la barque solaire de Rê afin que l’astre ne puisse renaître et que la nuit perdure. C’est pourquoi le char de la Déesse Bastet, représentant les forces solaires, le tue sans ménagement. Mais il renaît éternellement pour reprendre son combat et faire retomber le monde dans les ténèbres.

Apophis et Memet

Le chat de la Déesse Bastet tue Apophis qui va renaître pour s’opposer à la lumière, donc au savoir.

Apophis représente les forces obscures et occultes qui oeuvrent pour l’avènement de « la lumière noire ».

Apophis

Le serpent Apophis veut dissimuler le soleil de Rê.

Apophis

Le Serpent Apophis s’attaque à la barque solaire de Rê mais le Saint Georges local lui cloue littéralement le bec. Le Soleil réaparaîtra donc de nouveau évitant à la terre de sombrer dans l’océan des ténèbres.

Serpent et Franc maçonnerie

Voici un bel Ouroboros de l’iconographie de la Franc-Maçonnerie qui fait remonter ses origines à l’Egypte ancienne. Les trois yeux formant les Trois Points symboliques.

Serpend de Tintin au Congo

Est-ce par simple fait du hasard que cet Ouroboros se retrouve dans Tintin au Congo ? Motus et bouche cousue !

Saint Georges et le Serpent

Saint Georges et le Serpent.

En Russie il s’agit plutôt d’un Serpent que d’un Dragon qu’il convient de faire taire en lui clouant le bec.

« Saint Georges saura le faire taire !  »

Pour les Orthodoxes Saint Georges, Youri, est un Saint oriental né en Cappadoce d’une mère Palestinienne et qui combattit pour les Romains jusqu’en Egypte ! Georges c’est, ésotériquement, le « Laboureur » donc celui qui oeuvre (labour), donc l’Alchimiste et en Alchimie le serpent représente ce qui doit demeurer occulte, donc muet (mutus) – « Motus et bouche cousue ». Saint Georges coud donc la bouche du serpent (ou du Dragon – Oriental) grâce à sa lance. Il est à noter que Saint Michel est l’anagramme d’Alchimiste. Saint Georges et Saint Michel ont toujours affaire au Serpent-Dragon !

Marie Madelei,ne et le Serpent

Marie Madeleine, par contre, ne semble pas avoir trop de problème avec le Serpent !

Bon, d’accord on retrouve dans ce tableau quelques symboles du fameux cabinet de méditation qui précède l’ Initiation mais c’est, probablement aussi, le fait du simple hasard.

Les civilisations de l’Europe du Nord et le Serpent

Le Serpent, particulièrement le serpent de mer, apparaît souvent dans les légendes des Hommes du Nord, les Nortmen, ou Wikings. C’est une créature tapie au fond des océans qui, parfois, se réveille et déclanche la tempète. Il est également, de par sa respiration, à l’origine des marées. Lors du Ragnarök, ou fin du monde prophétique des mythologies nordiques, qui correspond tout à fait à une sorte d’apocalypse pour Wikings, il se place du côté des forces des ténèbres avec le Loup Fenrir et le Chien de Hel pour combattre les Dieux et les Hommes. Il est tué par Thor d’un seul coup de son marteau Mjolnir, mais celui-ci atteint par le venin que crache le monstre succombe à son tour !

Serpent celte

Jormungandr, le Serpent du Ragnarök, l’Apocalypse des Wikings représenté sur cette pierre. Il surmonte Laufey, la Géante, mère du Dieu Loki, ou Log, le Dieu du Feu, qui correspondrait, ou peu s’en faut, à Lucifer, l’Ange déchu.

Elle tient, en otage, deux serpents qui sont Sik et Wic, les deux fils du Serpent Jormungangdr et force celui-ci à agir contre les Dieux et les Hommes, déclanchant la fin des temps Wiking, donc l’Apocalypse du Ragnarök.

Le serpent forme une croix solaire ou Svastika, ressemblant furieusement ici à un Triskel, mais qui, en l’occurence, est une croix des ténèbres donc Sausvastika (qui s’oppose à l’engendrement de la lumière), que l’on retrouve dans les Runes donc, ensuite, dans les mythologies germaines.

D’après Pillement, Membre de l’Institut, c’est le passage entre le « Roman » qui est un altération du terme « Normand » (on devrait donc dire des cathédrales de style normand !) et le « Gothique » qui est le style des Goths, donc des anciens Germains (qui sont justement les cousins germains des Nortmen !).

jormungangdr

Jormungangdr endormi en forme de broche en or (VIIIe siècle) Art Wiking C’est « le serpent du monde ».

Mjohit Morjul

Le même dans un broche actuelle en os ! Tant qu’il roupille paisiblement il est sympa et, par sa respiration, règle les marées, donc l’Ordre du Monde (…des pays nordiques !)

Serpent Wiking

Jormungangdr se réveille ! Il va y avoir du sport !

Jormungandr

Et il est pas content !

Thor et Jormulgangdr

Et Thor muni de son marteau Mjolnir est obligé de se fâcher !

Thor et Jormulgandr

Mais il a quand même fort à faire et affaire à forte partie ! Il va donc y laisser sa peau. Et les Wikings se sont calmés et sont alors devenus des Nortmen, donc des Normands ! CQFD.

serpent celte

Le cousin germain de Jormungangdr, Ouroboros qui est Celte, donc Germain avant de devenir, on ne sait trop comment, Gaulois. Mais visiblement le Coq a eu raison du Serpent endormi !

ouroboros

Un autre Ouroboros qui, en fait, représente l’absolu et l’infini, donc l’univers occidental. L’Univers Oriental, le Tao, est transfini et continu.

oarfish

Le Regalec (regalecidae) ou ruban royal aussi nommé « roi des harengs » est un poisson pélagique, donc des profondeurs, qui remonte parfois en surface ooù il est alors facile de le capturer.

Les marins nordiques le nomment « roi des harengs » car il pensent qu’il guide les bancs de harengs vers des zones propices, d’où sa réputation bénéfique. Certains spéciments atteingnent plus de cinq mètres mais il en existe très probablement de beaucoup plus grands qui accréditent évidemment la thèse du fameus « serpent de mer » qui hante encore l’inconscient collectif des marins. Il est donc, probablement, à l’origine de la légende du Jormungangdr des Nortmen pour qui le hareng a toujours été un moyen de subsistance. Il parait que sa chair est délicieuse particulièrement lorsqu’on la traite en gravlax, donc macéré avec du sel et laissé quelque temps à fermenter.

Et quelques autres …

Serpents à Pompei

Quelques serpents à Pompei sur une fresque.

Fontaine serpent à Arezzo en Toscane

Une fontaine ornée d’un serpent à Arezzo en Toscane

Les Italiens entretiennent des rapports particuliers avec le serpent (ou le Serpent !) probablement en raison d’un conflit entre les anciennes religions dites pré-romaines où il était omni présent et la toute puissance du Vatican. Mais parfois les deux se retrouvent dans des fêtes populaires où le Serpent cotoie le Saint, donc le sacré comme pendant la procession du Saint Dominique de Cocullo, petit villages des Abruzzes, dans la province de l’Aquila, en Italie.! La procession a lieu tous les ans le premier dimanche de mai, donc cette année il aura lieu le 5.

La fête est évidemment l’occasion de savourer les spécialités cullinaires de l’endroit -pas de serpent ! – lors d’un grand banquet populaire où tous les villageois sont conviés.

Serpents à Coculo

Le Saint parcourt les rues du village recouvert de serpents qui abondent dans les Abruzzes où ils sont protégés. On estime qu’il dévorent plusieurs milliers de tonnes de rongeurs par an ! Ils sont donc les alliés des cultivateurs qui les respectent et même leur vouent un culte.

serpents à Cuculo

Même pas peur !

serpents à Cuculo

La ferveur populaire joint le profane et le sacré. Saint Dominique passe pour protéger contre les morsures et même pour guérir celles-ci !

serpent à Cuculo

Il n’est jamais trop tôt pour être initié aux traditions !

Instrument en forme de serpent

Le serpent, instrument de musique dont on dit qu’il fut inventé par un certain Guillaume Edne, chanoine d’Auxerre vers les années 1600. Il était, étrangement, utilisé dans la musique liturgique.

Mélusine

Mélusine dans la tradition occidentale. C’est une légende fort semblable à celle du Serpent Blanc en Chine où le mari découvre que la charmante jeune fille qu’il va épouser est en fait une redoutable créature mi-femme mi-serpent ! Mélusine hante toujours les rivières de bon nombre de provinces de France.

Biscione di Milano

Dans l’art héraldique on retrouve la guivre, altération de vouivre, qui est un serpent ondoyant en pal qui engloutit un enfant et qui figure sur les armes de la ville de Milan. Il s’agissait, originellement, des armes de la très ancienne famille Visconti. Ce serpent se nomme alors Biscione, bissa en patois milanais et signifie simplement serpent.

Armes de Milan

Les Armes de la ville de Milan avec le Biscione d’azur couronné d’or avalant un enfant de gueules.

Alpha Romeo

Le logo de Alfa Romeo, donc le siège se situe évidemment à Milan a repris à dextre une croix de Saint Georges qui représentent les Armes de Savoia, l’ancienne Savoie, à laquelle était rattachée la ville et à senestre le Biscione de sinople – serpent ou vipère de couleur verte- couronné d’or engloutissant un enfant (l’issant).

cigogne et vipère

Une cigogne avalant une vipère, ce qui explique que l’échassier est toujours fort bien vu en Alsace.

Armes de La Haye

Dans ces armes de La Haye le serpent est en mauvaise posture puisque saisi par une cigogne !

Bâton de magicien dans Harry Potter

Bâton de magicien dans Harry Potter. On se doute qu’il ne représente pas nécessairement les forces bénéfiques. Il faut remarquer ses yeux couleur de sinople, dont verts – per-verts.

Chihuacoatl

En Amérique c’est Chihuacoatl le serpent des Mayas : pas très rassurant ! A ne pas confondre avec Quezacoatl, le Serpent à plumes.

chihuacoatl

Une autre représentation de Chihuacoatl en turquoise

Ford Cobra années 70 USA

Toujours en Amérique mais chez les Etazuniens, la fameuse Ford Cobra des années soixante. C’est dans véhicule tout à fait semblable à celui-ci, mais moins briqué, qu’en 1969, année érotique selon Gainsbarre, j’ai effectué, avec mon cousin Louis, un périple au pays des Amis-Requins bien avant que ce ne fut à la mode !

Et c’est là ou j’ai découvert le « Gongfu » et le « Qigong » qui, eux non plus, n’étaient pas encore trop à la mode.

constellation du Serpent

La Constellation du Serpent. Il est vrai qu’un chercheur du CNRS a pu replacer dans le ciel la plupart des instruments ménagers comme le fer à repasser, l’aspirateur balais, le moulin à café, le lampadaire de salon…

Serpent dans l'Estuaire de Nantes

Serpent Huang Yong Ping à St Brévin

Le squelette du Serpent dans l’estuaire de Nantes à Saint Brévin. C’est une structure de l’artiste chinois Huang Yong Ping !

Serpents sur une porcelaine de Limoges

serpent porcelaine de Limoges

porcelaine de Limoges

Trois magnifiques porcelaines de Limoges avec des serpents en décor. Musée national de la porcelaine à Limoges

Tête de Méduse

Plat en porcelaine de Limoges avec la tête de la Gorgone Méduse tranchée par Persée. Pas très rassurante non plus ! Musée National de la porcelaine à Limoges. En résumé le serpent n’est quand même pas trop bien considéré en Occident si on excepte le fameux caducée !