Le Maître constricteur du Cœur

Les « merveilleux organes » :

Maître constricteur du Cœur • Triple réchauffeur • Genoux réservoir de Jing…

« — Si le prince de Wei vous attendait pour régler avec vous les affaires publiques, à quoi donneriez-vous votre premier soin ?
— A rendre à chaque chose son vrai nom, répondit le Maître. »
« Zheng Ming » – rectifier les mots – le bon sens – Kongzi (Confucius) Entretiens Lun Yu XIII 3.

Ling Merveilleux
Ling – Temple taoïste dans le Sichuan – photo Jean François Madelain.

Ling (Ricci 3187) : extraordinaire, merveilleux, supranaturel, efficacité merveilleuse…que l’on traduit, malheureusement par « magique ». La voûte céleste et son axe, de la pluie qui tombe, trois bouches qui chantent, deux êtres qui dansent dans un cadre signifiant le rituel. Des êtres chantent et dansent dans un rituel qui fait tomber la pluie…C’est merveilleux !

Nous avons pris la mauvaise habitude de dire une chose et d’en faire une autre. Un seul exemple mais très significatif. Nous disons septembre mais nous écrivons 09. Septem Mensis désignait donc le septième mois, quand l’année commençait en mars, et est devenu le neuvième par un tour de passe-passe. Un autre ? L’arthrose désigne en grec une articulation mobile, terme toujours utilisé en anatomie descriptive ( l’amphiarthrose est une articulation semi-mobile alors que la diarthrose est une articulation libre)  alors que arthrite désigne une articulation bloquée ce qui se dit également diarthrose. Bizarrement, et depuis déjà un bon moment, l’arthrose désigne désormais une articulation douloureuse, donc partiellement bloquée, alors que l’arthrite désigne une articulation bloquée en permanence.  De quoi y perdre son grec. L’immobile passager remplace le mouvement libre. Mais visiblement on se contrefout d’une articulation normale, donc qui fonctionne ! Aucun intérêt. C’est un peu comme le ministère de la santé qui ne s’occupe que des malades et de leurs maladies. Ou d’une prévention buccale – et négativiste-  (cesser de fumer et manger cinq fruits ou légumes par jour en évitant aussi le sucre, le sel, le gras, le gluten, la viande, les charcuteries…), anale (utilisation de préservatifs – ou du thermomètre) et intraveineuse (les vaccins). La santé est donc toujours négative, par défaut de maladie, comme la démocratie est une absence de dictature.

La médecine ayant récupéré l’acupuncture, vade mecum (viens !) après vade retro (vas-t-en !), il aurait été étonnant qu’il n’en soit pas de même pour cette science médicale où l’on nous fait prendre des vessies chinoises pour des lanternes occidentales. Par simple conséquence le Qigong (en fait les divers Qigong…) plus ou moins récupéré, sinon anchlussé, se croit obligé de collaborer et d’utiliser une terminologie médicale quelque peu frelatée. Pour faire plaisir à on ne sait trop qui. C’est un peu le coup du Saké au restaurant chinois (ou japonais ce qui est pire encore). Le saké (c’est un terme japonais et uniquement japonais !) est un vin de riz titrant de 18° à 26° et qui se boit, normalement, tiède pendant le repas (japonais…). Mais, toujours bizarrement, on nous propose au resto un alcool de sorgho (Kaoliang) de mauvaise qualité parfumé à l’essence de rose (Mei) qui se nomme alors Meikueilou et qui titre de 40° à 60°. Ces deux boissons n’ont strictement rien à voir comme un bière belge n’a rien à voir avec un cognac ! Et le pire, finalement, c’est qu’il n’est pas certain que le garçon asiatique, né à Belleville, fasse la différence. Pauvre Confucius !

De quoi s’agit-il ? (Général Foch).

Lorsqu’on nous parle du « méridien du péricarde » ou « enveloppe du cœur sexualité » il convient de se poser la question « de quoi s’agit-il ? ». Sauf si il a effectué ses études à Greenwich et si il est donc parfaitement occidentalisé un Chinois (ou une Chinoise !) n’a jamais entendu parler d’un méridien. Ce terme n’existe même pas en chinois. Et encore moins en acupuncture chinoise. Pour lui Jing désigne une coulée, un passage, comme la trace que laisse un animal qui parcourt son territoire. De même les fameux « points (d’acupuncture) » sont des terriers, ou du moins des cavités contenant quelque chose. Le méridien c’est donc parfaitement arbitraire et cela n’existe que sur certaines cartes de géographie mais n’a aucune existence matérielle. Même à Greenwich (et surtout à Greenwich !) on ne le trouve pas sur le sol ou sous les pavés. Et le « point d’acupuncture » fait penser à l’histoire belge du Pas de Calais. Il n’y a point d’acupuncture comme il n’y a pas de Calais !

De quoi jeter une suspicion légitime sur l’existence réelle de l’acupuncture ! Et évidemment si on emploie les termes exacts de coulées et de terriers cela fait très blaireau. Mais malheureusement c’est la vérité. Soyons donc blaireau. Pour le péricarde, littéralement « autour du cœur – péri (autour)carde (cardia – cœur)   » on sent que c’est pour rassurer le gentil médecin. Car il connaît le péricarde. Cela le rassure. De même que cette fameuse « enveloppe du cœur sexualité ». Qui rappelle que l’amour commence souvent en poète et se termine en gynécologue (ou proctologue selon l’orientation sexuelle !). On se croirait en salle de garde d’internat. A ce sujet voir dans l’illustration en tête de l’article la représentation symbolique du coeur.

Dans la terminologie classique incluant les pratiques de l’alchimie interne (Neidangong), mais également la médecine (chinoise) classique,  il s’agit d’un « merveilleux organe » ou « organe extraordinaire » (Ling Zhang) (dans le sens double de se trouvant en dehors des organes « ordinaires » (Zhang – comme le foie, le cœur, la rate, les poumons, les reins) mais aussi ayant une fonction spécifique liée à l’essence (Jing), à l’énergie (Qi), à l’esprit (Shen) ou à « quelque chose d’autre encore » (Hua) généralement lié aux transformations ou mutations (Yi). C’est pour cela que le caractère Ling est parfois traduit, à tort, par « magique ». Il représente, dans sa graphie ancienne, des gens qui chantent, qui dansent et qui font une offrande pour faire tomber la pluie (voir l’illustration du caractère Ling du temple taoïste ). D’où la très forte connotation avec le rituel (Li). Rituellement l’acupuncteur (le médecin ou le praticien) est debout, vertical et représente le Ciel tandis que le patient et couché, horizontal et représente la Terre.  Le premier exerce le « Mandat Céleste » (Ming) tandis que le second exprime l’acceptation dans la réceptivité. L’aiguille, le moxa, le massage, la potion, la posture, le mouvement ne sont alors que des outils permettant la jonction entre le Ciel et la Terre. « Le Ciel ordonne, la Terre se conforme, la myriade des êtres (Wan Wu – dont l’être humain fait partie) en est motivée » (ou animée).

Ce « merveilleux organe » a pour nom Xin Zhu Bao Luo. Littéralement Coeur/Maître /Enveloppe qui enserre et protège/Réseau.

On retrouve cette notion étrange de « Maître du Cœur qui enveloppe et protège celui-ci et qui permet la communication en réseau » (voir l’explication sur la Grande Muraille). Ce qui a été simplifié en « Maitre constricteur du Coeur » puis en « Maître du Cœur » et en « maître-cœur » puis encore en « méridien du péricarde » puis même en « enveloppe du coeur-sexualité » et finalement en MC !

En chinois la nomenclature officielle est désormais Shoujuéyin Xinbaojing – ( Vaisseau Jue Yin de la main enveloppe du cœur ). Et finalement on simplifie par M.C. sonc MC (donc Maître (du) Cœur). Et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Circulez il n’y a rien à voir ou, mieux, « Madame, restez pas statique ! ». Donc « Bouges de là ! » et finalement « Casses toi tu n’as rien à faire ici ! »

 

Le Maître du Cœur

Le caractère Zhu (Ricci 1120) signifie Maître (celui qui détient l’autorité), souverain, chef, seigneur, gouverneur. Exercer l’autorité, décider en maître, diriger, régler, gouverner, présider, administrer et est utilisé dans le terme Xin Zhu qui est l’appellation du méridien Jueyin de la main, correspondant au Xinbaoluo – protections et connections du cœur – parfois improprement traduit par « péricarde ». Xin Bao Luo « enveloppes protectrices et connexions propres au cœur » prend donc la place du 12eme organe/viscère. Luo (Ricci 3217) représente à la fois un réseau (comme sur certains fruits, notamment le tamarin) et une capacité de communication (comme les « réseaux sociaux » !).

C’est, suivant la tradition classique ce qui permet au cœur de communiquer avec les autres organes et leurs fonctions comme l’empereur communique ses ordres par le biais d’un porte parole ou vers l’étranger par le biais d’un ambassadeur. Le Maître (constricteur) du Cœur est à la fois le protecteur (garde du corps) du Cœur mais également son ministre et son ambassadeur. Il possède à la fois une fonction de protection et de communication et, dans une certaine mesure, finit par « diriger l’action du cœur ».

Le Cœur, l’empereur, lorsqu’il est trop protégé et qu’un ministre se charge de la communication vers l’extérieur finit par se contenter du pouvoir qu’il exerce qui est, simplement, celui de vie ou de mort sur ses sujets et même sur ses ministre. Il bat rituellement la mesure, tout va bien. Il cesse de le faire tout cesse brutalement. On reconnaît ici le rôle de pompe cardiaque auquel les pékins le cantonnent désormais. Mais on aura beau dire, on aura beau faire, traitements, opérations, greffes, implantations, cœurs artificiels l’Etre Humain, depuis des dizaines de millénaires sait (dans son cœur !) qu’il existe dans celui-ci, ou au travers de celui-ci, « autre chose encore ». Et la science triomphante n’y peut rien. Démocratiquement il existe, sur cette planète, un immense majorité qui croit, ou qui sait, que cette « autre chose encore » existe bel et bien. Et ceux qui ne croient rien sont une très infime minorité. Même les rationalistes les plus obtus se rendent sur les monuments aux morts et entonnent La Marseillaise car ces derniers ne sont pas simplement et uniquement que de l’engrais. Il y a autre chose. C’est dommage, mais c’est comme ça.

Les pragmatiques sages de l’ancienne Chine ont imaginé cette autre fonction que les médecins et autres acupuncteurs n’ont jamais pu renier. On évite d’en parler.  Ou on bidouille discrètement le caractère Bao (Pao) qui originellement signifiait précieux, trésor, joyau, honorable, estimable (Ricci 3828 – Bao que l’on retrouve dans Lingbaoming) puis qui est devenu garder, défendre, protéger, sauvegarder, prendre soin (Ricci 3822) et on est, enfin, passé à envelopper, contenir, renfermer, emballer (Ricci3823). Pour les rationalistes le coeur n’est donc qu’un emballage, de vie, certes, mais un emballage. Il lui arrive, d’ailleurs, de s’emballer et ce n’est pas bon signe.

Petit à petit et peu à peu la fonction extraordinaire est remplacée par une fonction ordinaire voire normale.

Médicalement parlant le Maître-Coeur (Xin Zhu) est mis en relation avec les triples réchauffeurs (ou le triple réchauffeur) comme « le manteau et la doublure ou le peau et les poils » (Biao Li – avers et revers). Si le cœur commande le sang, le Maître-Coeur Xin Zhu organise les circulations vitales entre le cœur et les autres organes/viscères et, partant, avec l’organisme tout entier.

La fonction médicale de Xin Zhu est également de protéger le cœur en recevant en premier l’attaque des énergies pathogènes (Sha Qi) et elle est donc comparable à celle d’un ministre chargé d’administrer les affaires courantes afin de ne pas déranger l’empereur ( dixit Eric Marié-Précis de médecine chinoise – Dangles 1997). Mais sur un autre plan Xin Zhu Bao Luo remplit également la tâche d’ambassadeur avec le monde extérieur. C’est principalement lui qui est chargé d’opérer la jonction entre le microcosme corporel et organique et le macrocosme environnemental et ceci tant sur le plan social (rapport de l’individu Ren avec sa famille, ses semblables et les évènements qui les influencent) que sur le plan du rapport complexe avec l’environnement direct incluant la nature, le ciel, le cosmos et l’univers puis le Tao.

En soulignant que, dans cette conception très chinoise, l’univers n’est, somme toute, qu’une chiure de mouche sur la sandale du Bouddha.  Ce qui le remet à sa place. C’est donc, en fin de compte, ce qui nous relie au passé, au présent et au futur. Mais également à ce qui pré-existait avant (le fameux « big-bang ») et ce qui se prolongera après (la fameuse « géante bleue »). Donc avant la création et après l’apocalypse.

Ce que tout être porte en lui lorsqu’il « s’adosse au Yin et qu’il embrasse le Yang » ‘(Laozi Daodejing XLII). Dans une certaine mesure on pourrait comprendre que dans pas mal de textes traduits du chinois par les Jésuite Xin (coeur-conscience) soit traduit par âme. Xin Zhu Bao Luo c’est, en quelque sorte aussi ce « petit supplément d’âme » que certains n’ont pas ou, plus probablement, n’ont plus.

Sa fonction réelle est donc de protéger le cœur de toute atteinte extérieure tout en demeurant en relation avec le monde extérieur. C’est à la fois un garde du corps, un ministre et un ambassadeur.

 

La Longue Muraille de Chine : un bon modèle mais un mauvais exemple !

Les anciens Chinois avaient une vision très particulière de ce « qui enserre, qui protège et qui permet la communication », c’est, simplement, La Grande Muraille (Chang Cheng).

La muraille actuelle date des Ming mais on retrouve des portions de muraille remontant aux Song et datés des environs de l’an 800. Cette antique muraille (Lao Cheng) était construite en roseaux et d’un mélange d’argile, de chaux et de farine de riz gluant. Elle était très solide puisqu’on en retrouve encore des pans entiers qui n’ont pas été remplacés sous les Ming.

Cette muraille avait évidemment la fonction d’empêcher des intrusions étrangères en Chine, d’où son rôle protecteur et dissuasif. Mais elle avait également pour fonction de permettre la communication dans des contrées réputées comme peu certaines où rôdait encore l’impressionnant tigre de Mandchourie ainsi que pas mal de fripons qui détroussaient les voyageurs et même les convois.

Voyager à l’abri de la muraille était donc un avantage que possédaient les Chinois sur ces étrangers considérés comme barbares. Elle délimitait donc l’Interne, la Chine, de l’Externe, le monde des steppes et des montagnes. Mais elle avait un inconvénient : celui d’empècher toute communication commerciale vers l’extérieur où, du moins, ne pas faciliter celle-ci. Donc une restreinte sinon une contrainte au développement social et économique. Les immenses portes des forts la protégeant devaient donc être ouvertes, de temps à autres, pour permettre la communication vers l’extérieur. Et les échanges. Les caravanes pouvaient alors passer de part et d’autre.

Muraille de Chine

La Grande Muraille (Chang Cheng – Longue Muraille) en hiver.

En 1644 Wu Songui, un général Ming dégouté par la corruption  et le désordre insurectionnel qui régnaient alors sur la Chine, décida de faire ouvrir les portes de la Grande Muraille ce qui permit aux armées Mandchoues de pénètrer sans coup férir et de prendre Pékin, la capitale de l’Empire. La Dynastie Qing remplaca alors les Ming jusqu’en 1911 où s’établit le République de Chine.

Comme on le constate trop de protection finit par nuire à celui qui l’instaure car elle limite la communication et donc l’évolution. Il est convenu qu’une protection est nécessaire mais qu’elle ne doit pas s’effectuer au détriment du mouvement. Il faut bloquer les attaques perturbatrices ou pathogènes mais ne pas s’opposer à la circulation du Qi, de l’énergie vitale ni restreindre la fonction de Shen, l’Esprit qui est mis en relation avec le Xin – Coeur-Conscience.

La pratique sur le Constricteur du Coeur permet à la fois la protection, la communication mais aussi, à certains moments, la libération. C’est la condition pour « Etre-Libre » donc « Etre-Humain ».

Zhan Zhuang

Cet ouvrage sur le I Chuan (Yiquan) du Maître Yu Yong Nian  publié en 1999 aux Editions L’Originel
présente à gauche et en vert les caractères Ta Tcheng Chuan (Dachengquan) et à droite les caractères I Chuan (Yiquan) bien qu’il s’agisse  principalement de la « posture de l’arbre » (Zhan Zhuang).

Si on observe le caractère Tcheng  (Cheng) qui signifie « chose accomplie » « perfection » on se rend compte qu’il est très proche du caractère Tcheng (Cheng) signifiant « muraille » « enceinte fortifiée ».

Cheng de Dacheng

Le caractère Cheng (Ricci 339) que l’on retrouve dans Dachengquan.
« Chose accomplie » – « Perfection »

Cheng de Changsheng

Le caractère Cheng (Ricci 335) que l’on retrouve dans Changcheng
La Longue (Grande) Muraille (de Chine)

Est-ce réellement une simple coincidence ? Il suffit d’ouvrir un dictionnaire, le Ricci en l’occurrence, pour se poser la question et même pour trouver une réponse.

 

La vision taoïste de la méditation sur l’Etoile Polaire : libérer la constriction du coeur !

 

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D’après une estampe originale de le Dynastie des Song. An Mil.

« Adossé au Yin il embrasse le Yang et il cultive l’harmonie des espaces médians »

C’est un praticiel du Tao. Donc un alchimiste. Il est vêtu d’un pourpoint couleur cinabre. Les xue d’entrée d’énergie des mains et le point inter-sourcillier (Yin Tang) se tournent vers l’Etoile Polaire désignée par la Grande Ourse. Elle se situe au dessus de la Montagne (Shan) et des Nuées (Ze) bienfaitrices. A gauche est l’arbre (Mu) du Dragon Vert. A droite est le rocher (Xi) du Tigre Blanc. On devine l’abime et la vallée profonde au sein de laquelle coule une rivière « aux sables d’or ».

 

Quel est le problème ? What’s the problem ? (Churchill).

Le problème est le suivant. Si Xin Zhu Bao Luo agit comme il le doit, c’est à dire en tant que garde du corps, en tant que ministre et en tant qu’ambassadeur, le coeur (Xin ou « coeur-conscience ») finit par se limiter à son rôle essentiel d’empereur ayant uniquement droit de vie et de mort sur ses sujets et même sur ses ministres. Il n’agit plus libre de son plein gré et ne s’exprime plus que par la voix de son ministre ou de son ambassadeur.

Ses actions sont limités et ses propos sont déformés, dans le seul but, évidemment de le protéger.

Un peu comme des agents de sécurité qui, dans une grande surface, enfermeraient les employés et empêcheraient les clients d’entrer puis se chargeraient de la communication vers l’extérieur en affirmant que tout va bien et que la situation est sous contrôle. 
Ce qui rassurerait les autorités locales. Mais pas le directeur de la grande surface et encore moins le groupe auquel elle appartient. Et ce directeur, c’est vous. Et le groupe ce qui est votre entourage direct et indirect. Mais vous ne le savez pas et trouvez que la situation est tout à fait normale puisque vous êtes protégé.

Si il s’agit d’une attaque réelle (énergie pathogène…) cela vaut le coup. Si il s’agit juste d’un risque d’attaque c’est peut-être simplement excessif. Mais si il n’y a aucune attaque il serait idiot de maintenir une telle situation de blocage sinon de blocus. En quelque sorte d’état d’urgence en peau de lapin. Et de se contenter de communiqués rassurants du type « dormez tranquille, tout va bien » ( qui s’apparentent étrangement au fameux « fluctuat nec mergitur » – « Secoué (fluctuations) par les flots il ne sombre pas » – Si tout va bien la circulation et la communication méritent d’être rétablis ! Ce qui n’empêche nullement de continuer à bénéficier de la protection/communication de Xin Zhu Bao Luo.

A force de tout surveiller n’importe comment et de communiquer n’importe quoi cette protection/communication finit par perdre, presque totalement, son efficacité, sa vertu (De ou Te comme dans Daodejing ou Tao Te King – le « traité qui rend la Voie efficace »). Comme un chien qui tire sur sa chaîne et aboie sans cesse et sans raison. Dans ce cas il conviendrait, simplement, d’avoir recours à un éducateur canin compétent. Qui se bornerait à « rectifier » (Zheng) l’attitude du chien comme Confucius souhaite « rectifier » les mots. On dirait « leur redonner un sens » et presque une fonction. Une juste fonction.

 

Que faire ?

Il faut déjà le savoir. C’est un premier pas. Qui ne sait pas (savoir – voir) ne peut pas comprendre (prendre). Il faut bien voir avant de prendre, donc savoir avant de comprendre. Sinon « pas vu pas pris ».  Comme une sorte de voleur, donc de malfaisant. Après vient le savoir faire, puis le faire savoir. Enfin, on peut tranquillement laisser faire. C’est le plus difficile : savoir faire faire.

Grâce à des exercices simples et plusieurs fois millénaires on apprend à se détacher, à bon escient, de l’emprise du « Maître constricteur du cœur », on se libère physiquement et énergétiquement de cette emprise devenue excessive. A pratiquer le détachement ou, du moins, un certain détachement. Le cœur, libéré de cette contrainte protectrice peut alors s’exprimer plus librement. C’est la liberté d’action. Pouvant s’exprimer il communique avec l’extérieur et reçoit, en retour, de multiples informations sur l’environnement direct et indirect. Ce qui permet, en connaissance de cause, d’agir avec plus de liberté et de justesse. Donc d’efficacité – la vertu – de Laozi. C’est tout bonnement ce que propose Wang Yangming (Wang Shuren ; O Yomei) (1472 1529) dans le Xinxue.

C’est la fameuse « conscience intuitive » où « connaissance et action ne font qu’un ».

 

Pour quoi faire ?

Par les temps qui courent ce fameux « Maître Constricteur du Coeur » est fortement sollicité. Trop fortement sollicité, il renforce donc sa protection, ce qui empêche l’action par la contraction et engage à communiquer, sinon à répéter, de manière presque mécanique avec l’extérieur.

C’est le règne du slogan anonyme, du faux rituel, du comportement moutonnier, de l’acceptation du n’importe quoi où la chanson finit par remplacer la pensée et où l’on ne pense même plus à ce que l’on chante. Où des braves gens finissent par réclamer, sinon exiger, qu’un « sang impur abreuve nos sillons » et qui hurlent « Aux armes citoyens ! » alors que la lime à ongle est interdite par mesure de sécurité. On en arrive malheureusement, assez vite, à la veulerie en bande organisée qui arrange tant nos chers dirigeants. Parce qu’un troupeau de moutons, ou de veaux aurait dit le Général, est assez facile, justement, à diriger. Vers la tonte ou l’abattoir, au choix.

N’y a-t-il rien à faire ? Rester enfermé ? Faire appel à une cellule psychologique ?

Il convient de savoir se détacher, au propre et au figuré.  « En se régénérant on se purifie » affirme un grand classique taoïste de la Chine antique : le Houai Nan Tseu (Wainanzi) rédigé par le Prince Liu Han au 2eme siècle avant notre ère. C’est également lui qui affirme « Lorsque la nature peut fort bien se passer de l’être humain, l’être humain ne peut pas se passer de la nature. Il est donc, simplement, dans l’intérêt de l’être humain de respecter la nature ». C’est simple, direct, pratique. Pas besoin de conte de fée, de petit zoziaux, de danse du ventre et de mousmées. Pas besoin d’intervention extérieure d’ordre divin. On pourrait ajouter « il est donc simplement dans l’intérêt de l’être humain de respecter sa nature ».

Pour se détacher et agir, efficacement, avec un certain détachement il suffit de savoir se libérer de l’emprise de ce « Maître du Coeur » qui, lorsqu’il n’y a pas de danger réel, est une entrave à la liberté d’action et, aussi, à la liberté de penser. Il suffit d’agir. Agir est facile (Xing Yi).

Etre, pensée et action ne font qu’un. Comme, d’ailleurs, les « Trois Doctrines font Un » (San Jiao He Yi). Laissez tomber le « je pense donc je suis ». Ou complétez-le avec mort, con, inutile, dépassé, déprimé, enfoncé, de trop. Être suffit. Être dans l’action. Sinon on retombe dans la dialectique (« la dialectique peut-elle casser des briques ? » était dans les années 70 un film chinois de « karaté » (sic !) (Wou Sa Pien ou film épique) détourné par les situationnistes soixante-huitards et qui relatait la lutte du peuple (Chinois ou Coréen) opprimé contre des fonctionnaires technocrates (Japonais) ) et on reste assis. Et depuis Audiard et le « Taxi pour Tobrouk » on sait où ça mène. « Il vaut mieux penser le changement que changer le pansement »…mais l’inverse est tout aussi vrai, malheureusement. Et on n’en sort pas.

Wang Zemin (1909 2002) disait :

 » Il y a une seule raison pour agir : le faire, c’est simple,  mais il y a dix mille raisons de ne rien faire et là ça se complique ! »

J’ajouterai maintenant  » le faire c’est la réalisation – l’action du réel – ne pas le faire c’est le « praujais » (projet mais avé l’assent) donc le pas foutre grand chose sinon projeter – jeter en avant -) . On a tendance à préférer le compliqué et inutile au simple et efficace. Mais cela a des limites.

Il faut simplement se donner les moyens d’agir en se débarrassant de ce qui nous contient dans ces limites. Ouvrir la Grande Muraille au moins de temps en temps ! Et le détachement de ce « Maître du Cœur » est un moyen privilégié conçu il y a des millénaires pour ce faire. Il convient de se libérer de cette emprise pour retrouver une certaine liberté d’action que ce soit sur le plan physique, sur le plan énergétique, sur le plan spirituel et sur le plan symbolique.

 

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Le nom exact et précis du « méridien » est  « Xin Zhu Shou Jue Yin Xin Bao Luo Zhi Mai ». (il conviendrait, en réalité, de dire de la coulée qui est la trace laissée en permanence par un animal qui parcoure son territoire. Simplement parce qu’en chinois la conception, très occidentale, du « méridien » (comme celui de Greenwich) n’existe pas et qu’on n’en retrouve aucune trace dans la tradition. Il s’agit d’une extrapolation due aux traductions des Jésuites du XVIIIe et XIXe siècle en fonction de leurs critères et non en fonction de la tradition classique chinoise. De même pour les « points » d’acupuncture. Il ne s’agit pas de « points » mais de cavités habitées, donc de terriers).

Pour les anciens chinois il en existait trois sortes :

  1. les terriers où l’énergie (l’animal) pénètre dans son territoire souterrain, ce sont des « terriers d’entrée« .
  2. les terriers où l’énergie (l’animal) sort de son territoire souterrain. Ce sont les « terriers de sortie« 
  3. les terriers d’où l’énergie (l’animal surveille son territoire à la fois intérieur (souterrain) et extérieur (environnemental), ce sont les « terriers de contrôle« .

Comme pour les « Irois Mousquetaires » il existe une quatrième catégorie de terriers, ce sont les terriers ou l’énergie (l’animal) concentre ses réserves. Ce sont les « terriers de concentration« .

Désolé mais c’est, pour les Taoïstes, tout à fait une autre conception que celle des « méridiens et des points » et que celle de l’acupuncture où seule l’aiguille compte. En chinois acupuncture se dit d’ailleurs Zhenjiu ce qui se traduit littéralement « par le fer (aiguille) et par le feu « (moxa – moxa venant de Mo Gu Sa « armoise sêche qui brûle » ). On se doute que ce n’est donc pas, comme on le croit ici, une « médecine douce » !  La référence ancienne ferait plutôt penser à Conan le Barbare qui soigne par la saignée (poignard) et la brûlure (brandon) !

  • Le premier point (habituellement 1 MC – pour l’abréviation Maître Cœur) est Tianchi – le réservoir céleste
  • 2 MC : Tian Quan – la source céleste
  • 3 MC : Quze – l’étang courbe – Ze, en réalité sont les nuées qui s’élèvent de l’étang
  • 4 MC : Ximen -Porte du Xi –  Xi représente originellement la pierre qui bloque la charrue.
  • 5 MC : Jianshi – pièce utile ou intervalle messager
  • 6 MC : Neiguan – Barrière Interne. Guan est la pièce de bois qui barre les deux vantaux d’un portail
  • 7 MC : Daling – Grandes Collines (entre éminences thénar et hypothénar)
  • 8 MC : Laogong – Palais du Labeur (ou de la fatigue) (le labeur fatigue, c’est bien connu !)
  • 9 MC : Zhongchong – Carrefour du Centre (ou du médius) (il se situe en réalité sous l’ongle, mais quel acupuncteur occidental irait donc piquer sous l’ongle ?).

 

La posture de l’arbre et le Maître Constricteur du Coeur.

On observe dans les ouvrages de référence de l’acupuncture, dont les plus sérieux, que Lao Gong et Zhongchong ont sérieusement tendance à se promener (tout comme Baihui  VG 20 d’ailleurs !). Laogong se promène dans la main et Zhongchong se situe tantôt sous l’ongle du médius, tantôt au bout du doigt sur le pulpe du médius, tantôt sur le rebord de l’ongle du médius.

Pour Baihui il se balade allégrement entre le sommet du crâne, pour les taoïstes, ou sur l’arrière de celui-ci pour les acupuncteurs. Il existe étrangement le même rapport entre le nord magnétique et le nord géographique ceci en fonction de l’inclinaison de l’axe de la planète (ou de l’axe du crâne !).

C’est simplement la subtile différence entre les choses telles qu’elles sont (celles de l’acupuncteur qui constate un fait) et telles qu’elles devraient être (celle du praticien taoïste qui les voit comme elles n’auraient jamais du cesser d’être, en savoir plus). Donc entre le Ciel Antérieur (Xan Tian) et le Ciel Postérieur (Hou Tian). Mais dans cette vision très taoïste l’antérieur est devant puisque le postérieur est derrière. Confucius n’aurait pas démenti. On atteint l’antérieur par la pratique, c’est le « retour à l’origine ».

Les rapports entre ce « méridien » (en fait « organe extraordinaire ») et les Trois Réchauffeurs :

Ce « méridien » entretient donc un rapport très particulier avec le Coeur/Conscience (pas uniquement le muscle cardiaque mais ce qu’il représente en fonctions grossières (circulations) et subtiles (conscience et Esprit (Shen) ) puisqu’il agit comme un Maître conseiller et un ministre qui le protège contre les agressions extérieures.  Mais il est directement mis en rapport avec les « Trois Foyers » (le « triple réchauffeur ») qui sont en réalité les Trois Champs de Cinabre Internes (Xiabu Dantian, Zhongbu Dantian et Shangbu Dantian) qui sont les trois « cuiseurs » utilisés dans l’Alchimie Interne du Tao (Taoyin Neidangong) et qui correspondent, ou peu s’en faut, en Alchimie Occidentale (ou Orientale !) au Réthénor, à l’Athanor, à l’Egrégore. Ce dernier ne représenta pas uniquement l’énergie qui émane d’un groupe mais bel et bien le chaudron supérieur des alchimistes.

Les deux points des réservoirs du ciel (Tian Chi) font converger l’Energie Authentique (Zheng Qi) vers le Centre de la poitrine puis celle-ci descend vers les trois foyers qu’elle irrigue. Doigts et poignets sont mis en relation avec le Foyer Inférieur (Xiabu Dantian) , coudes avec le foyer médian (Zhongbu Dantian) et épaules et poitrine avec le foyer supérieur (Shangbu Dantian).

Il existe encore un « merveilleux organe » considéré comme important dans la tradition du Tao – je n’ose pas dire taoïste ! – qui est (ou qui sont) les genoux considérés comme « réservoir de Jing » (Jingche) et qui est fortement motivé tant dans la « posture de l’arbre » que dans le « Wuxingquan » (Poing des Cinq Mouvements -ou éléments – ) qui provient directement de l’enseignement de Li Laoneng puis de Guo Yunshen. Wuxingquan est le « coeur de la pratique et de la transmission » de l’Ecole San Yiquan dont la filiation remonte à Yue Fei (1102 1143) et du Liuheyiquan (Poing de l’Unité et des Six Harmonies).

Si le Baduanjin (Huit Brocards de Soie) qu’il avait mis en place était destiné à ses guerriers (soldats) le Liuheyiquan était réservé aux officiers et aux généraux.

 

Posture de l’arbre

posture_zhanDe par la disposition des « points », neuf d’un côté, neuf de l’autre ce qui fait 18 (8+1 = 9)  on retrouve le chiffre céleste, du moins celui qui met en relation l’Etre Humain (Ren ou Jen) et le Ciel.  Or c’est justement, dans la tradition classique chinoise, l’arbre qui, symboliquement met en relation la Terre (Ti) et le Ciel (Tian). Dans une certaine mesure les neuf « points » de ce méridien correspondent, corporellement aux Neuf Piliers Célestes. Le « Réservoir Céleste » et la « Source Céleste » en attestent.
Ces « Neuf Piliers Célestes » sont, entre-autres, les neuf sortes de nuages qui « soutiennent le Ciel », trois au niveau inférieur, trois au niveau médian, trois au niveau supérieur.  Les nuages (Yun), eux mêmes, proviennent des nuées (Ze) dont il est question dans le deuxième point du Maître Constricteur du Coeur alias MC2 alias Quze. Le premier point est en rapport avec le Ciel (Tian), le second avec les Nuées (Ze) et le troisième avec la pierre qui bloque la charrue (Xi). On retrouve donc les trois plans.

Lorsque l’on se pose dans la posture de l’arbre, en formant une « muraille protectrice du coeur »,  non seulement on se met symboliquement en relation avec celui-ci mais on opère une jonction entre la Terre, l’Etre Humain, le Ciel. Les « points »  du Maître du Coeur se réunissent dans cette sphère que l’on maintient (tenir dans les mains) et que l’on contient (tenir en soi-même) et permettent la mise en relation avec les Trois Foyers qui permettent alors la transformation alchimique.

Il n’est ici aucunement question de superstition, de religion ou de croyance ni de secte ou de quoi que ce soit émanant d’un ailleurs et d’un « autre-part » surnaturel et transmis par une quelconque divinité par le biais d’un prophète mais d’une chose pratiquement admise et vécue simplement et naturellement par l’Etre Humain * depuis plusieurs millénaires mais qui n’est transmise que fragmentairement.* Je prèfère ce terme d’Etre Humain (Human Being) à celui d’Homme fut-ce avec une majuscule puisqu’il englobe, si on peut dire, l’humanité toute entière.

Quand on utilise Homme il faut préciser que celui-ci (Majuscule !) embrasse alors la femme (minuscule) et laisse de côté l’enfant comme ce fut le cas, d’ailleurs, dans ce dessin symbolique que l’on a envoyé dans l’espace de notre univers restreint. Or Laozi, comme principe essentiel propose de « redevenir comme l’enfant » (en réalité l’embryon au sein de sa mère, le sein était en réalité l’utérus (Luo) qui, justement enserre et protège mais duquel il convient, quand même, de sortir pour « voir le jour » – Il est dit que Laozi resta quatre vingt années dans le sein de sa mère, qui devait plutôt en avoir marre.

Il faudrait cesser de penser pour être car la pensée humaine est très limitée lorsqu’on l’enferme dans des dogmes restreints à des théories matérialistes. Imaginez par exemple ceux de nos ancêtres lointains qui étaient capable de rendre le mouvement aux animaux qu’ils représentaient dans les grottes, nous seulement des mouvements mais des personnalités, ce qui est le cas des chevaux – pour qui connaît les chevaux – et qui auraient omis, malencontreusement, de représenter ce qu’ils observaient tous les jours et toutes les nuits : le ciel, les étoiles, les constellations et leur mouvement. Etaient-ils des crétins qui passaient leur temps à lancer des javelots contre ces  représentations des animaux dans des rituels improbables ? Non probablement pas.

Les fameuses cupules, les fameux signes indéchiffrables, les points de couleur ne sont-il pas leur représentation du ciel et de son mouvement ?  Représentation du ciel dans laquelle s’inclut et s’inscrit, justement, l’animal symbole et sa fonction. Ce n’est pas parce qu’un, ou plusieurs, archéologue ne peut pas lire une écriture que celle-ci n’existe pas. Surtout lorsque, comme en chinois antique, il ne s’agit pas d’une écriture mais de la représentation symbolique de ce qu’on cherche à exprimer. Un sinogramme en Chine et probablement un paléogramme dans nos grottes. Mais l’archéologie se protège toujours derrière sa muraille infranchissable. Circulez, il n’y a rien à voir que des reproductions autorisées et payantes.

Il en va de même pour ce fameux organe « extraordinaire » qu’est le « Maître Constricteur du Coeur », pour ces « Trois Foyers » et cette « Posture de l’Arbre » qui nous font remonter à l’aube des temps où un geste, une posture, un mouvement valaient des milliers d’ouvrages. Il s’agit donc, encore une fois simplement et naturellement, d’un « voyage extraordinaire »  dans le temps et l’espace pour découvrir « autre chose encore ».

Maintenant si vous avez envie d’imiter un crapaud sur une boite d’allumettes, libre à vous !

Lorsque l’on étend devant soi les deux bras comme pour maintenir un tronc d’arbre, ou pour contenir une sphère, on retrouve, d’une manière ou d’une autre, la posture de l’arbre que l’on nomme, suivant les écoles « Se tenir fermement debout comme un pieu » (Zhan Zhuang), « La Méditation Debout » (Zhan Chan ou Ritsu Zen), « Enlacer l’Arbre », « Posture de l’Arbre » qui est commune à la méditation active ou a la pratique de l’Art Interne du Xingyiquan – qui regroupe le Dachengquan, le Yi Quan, le Wuxingquan, le Taikiken, le Lian huanquan, le San Yiquan, le Neilian Quan…

Et l’on met alors en relation les neuf points du Maître Constricteur du Coeur de chaque bras. Neuf (et par extension 18 pour les deux bras puisque 8+1 = 9) est le chiffre céleste. Celui qui permet de relier l’Etre Humain au Ciel. Neuf est donc le chiffre des « Piliers du Ciel ». C’est le maximum du Yang à son apogée, le Tai Yang, avant qu’il ne se transforme en Yang Ming puis en Shao Yin (petit ou jeune Yin). Le « Retour à l’Unité » (Fu Yi) se fait en réunissant au centre de la poitrine l’Energie Authentique (ou Rectifiée) (Zheng Ming) puis en intériorisant celle-ci et en la faisant descendre au Champ de Cinabre Inférieur (Xiabu Dantian), de là on opère une transformation pour la faire remonter au Champ de Cinabre Médian (Zhongbu Dantian) puis après une autre transformation vers le Champ de Cinabre Supérieur (Shangbu Dantian). Il s’agit d’un processus alchimique simple et en alchimie orientale ou occidentale ces trois foyers, cuiseurs ou réchauffeurs  correspondraient au Réthénor, à l’Athanor et à l’Egrégore.

Simplement au niveau corporel le Champ de Cinabre inférieur correspond à la projection des mains et des poignets, le champ médian correspond aux coudes, le champ supérieur aux épaules et à l’origine de méridien (1 MC Tian Chi le « Réservoir Céleste » ).

Par le simple fait de la posture juste et surtout de la conscience de celle-ci, au travers du coeur et de la libération de l’emprise du Maître Coeur naît une relation privillégiée entre la Terre, l’Etre Humain, le Ciel puis le Tao. Il convient de donc pratiquer avec conscience, consciencieusement, comme le ferait, simplement, un artisan compétent qui effectue l’oeuvre qu’il réalise. C’est une réalisation, donc l’action du réel, sans plus ni moins.

Dans « Le bonheur selon Confucius » de Yu Dan il est affirmé ceci « Tradition, pensée et pratique s’unissent et s’explicitent dans et par le rite. Nous comprenons difficilement qu’un simple geste rituel, qu’une simple posture puissent constituer l’un des plus hauts lieux de la pensée. »

Certains seraient tentés de confondre rite et religion. Bien que les deux aient une racine commune lointaine, le Professeur Joseph Needham de Cambridge n’a cessé de le répéter la tradition chinoise classique ne doit rien à une quelconque révélation divine venue d’ailleur ou d’autre part et exprimée par la voix d’un prophète, mais est le fruit de la sagesse et de la recherche humaine qui se manifestent dans des classiques, dont ceux de Confucius. Le reste, comme l’a exprimé Wang Pi, n’est, somme toute, que laçage de chaussures !

Dans cette posture de l’arbre lorsque le praticien, l’alchimiste, prend conscience de la liberté d’action qu’il obtient grâce au Maitre Constricteur du Coeur et lorsqu’il s’en détache enfin, il devient récepteur, amplificateur et émetteur de ce mouvement de vie qu’engendre le Tao*. Il redevient Tao.

* Doit-on toujours parler, ou écrire, d’un Tao masculin alors qu’il est à le fois le Yin et le Yang ?

L’Hexagramme  61 du Yijing : Zhong Fu – Vérité intérieure.

Les praticiens du Tao font correspondre à ce Maître Constricteur du Coeur un Hexagramme du Yijing, le Livre du changement (Book of Change) – Mutations, transformations dont Wang Zemin (1909 2002) disait « C’est le seul ouvrage capable de répondre d’une façon intelligente à des questions généralement idiotes ou sans le moindre intérêt » et qu’il résumait en ces termes « Changement, Transformation, Adaptation sinon disparition« . Ce qui a le mérite d’être très clair.

Le changement permet la transformation, la transformation permet l’adaptation, sans adaptation c’est la disparition ou, au mieux, la fossilisation ». Or le Yijing (Yi King, Yi TchingR