En guise de conclusion provisoire…

 

LA BETE DU GEVAUDAN ….UNE AFFAIRE A SUIVRE DE PRES !

Quelques questions à se poser et à poser : Jack The Ripper of London et the Duke of Clarence

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Le Prince Albert Victor, Duc de Clarence, avec ses cousines Alice, Béatrice et Irène de Hesse Et la Reine Victoria. Non, à ses pieds ce n’est pas la Bête du Gévaudan mais Pootsie le toutou de la Reine  ! Il s’agit visiblement d’une affaire judiciaire tout à fait similaire à celle de Jack l’étrangleur (Jack the ripper) dont tout le monde sait dans  » certains milieux autorisés « , proches des Windsor, qu’il s’agit bel et bien du Duc de Clarence, Docteur Jekill et Mister Hide avant la lettre, et petit neveu de la Reine Victoria. Donc personnage de haut sang et de haut vol mais qui, visiblement, avait quelques petits défauts comme celui de détester franchement les prostituées de Est Side.

Ce qui coûte chaque année plusieurs millions de livres au contribuable britannique dans des subventions diverses permettant à la famille royale de racheter les droits des ouvrages et des films consacrés à ce sujet . Et qui trouvent, bien entendu, une autre conclusion que celle qui était originellement prévue dans le scénario originel. Nous entreprenons d’ores et déjà une contre-enquête sur ce sujet précis et attendons donc rapidement les subsides royaux qui ne tarderont pas à nous être alloués. Nous affirmons même déjà, afin d’être agréables à la Couronne, que l’assassin est indubitablement le fils du garde chasse.

Et nous faisons immédiatement parvenir au Trésor Royal (qui ne peut être public en l’espèce ! ) un relevé bancaire en bonne et due forme.

Tintin et Milou au Tibet…et le Yéti sans oublier Nessie !

Tous les bons ingrédients sont présents qui ne se démentent jamais depuis cette affaire exemplaire et qui font les choux gras des producteurs des  » Dents de la Mer « ,  » The relic « ,  » Razorback  » et consort :

– implication du pouvoir politique au plus haut niveau de l’état et des autorités militaires, religieuses et même scientifiques (Buffon !).

– faux et usage de faux, dissimulations de preuves, perte ou mépris de témoignages essentiels, mélange de dates et de faits, pressions diverses sur les autorités locales, chantages économique et juridique sur les plaignants.

– malheureusement dans de nombreux cas, conspiration des victimes à toute cette mascarade orchestrée d’en haut et admise en bas.

– Plus une masse de documents permettant, au fur et à mesure, de noyer le poisson sous des hypothèses  » officielles  » ou, au contraire, les plus farfelues et permettant de situer la  » bête  » et sa centaine de victimes, comme cela vient encore de se faire il y a quelques temps dans une revue pseudo-scientifique, au niveau de Nessie du Loch Ness ou du Yeti de Tintin et Milou au Tibet.

Il s’agit d’une technique fort prisée, justement, des services secrets britanniques et qu’ils nomment, ,là bas, « deception ». Elle consiste à favoriser la publication et la diffusion d’hypothèses farfelues ou déplacées qui permettent, par amalgame, de jeter le discrédit sur les recherches les plus sérieuses. Cf. « Sciences et Avenir » – Hors Série N° 123 juillet et août 2000 : « A la recherche des créatures mythiques – les animaux extraordinaires – Cette technique éprouvée est utilisée, notamment, par Jean Claude Bourret dans son tome 2 sur la Bête du Gévaudan (Edition du Signe) où il situe au même niveau l’intervention d’un sadique, d’une hyène, d’un molosse caparaçonné, d’un extra-terrestre déposé par une soucoupe volante ou « d’un monstre créé par le diable, lui-même, pour punir les habitants de leurs péchés contre la Bible ».

Les Britanniques, et plus particulièrement les Anglais, les Maudits Godons, comme aimait à les qualifier le Général, grâge à Chinese Gordon, avaient lu les fameux « Treize Chapitres » dit ‘L’Art de la Guerre » de Sunzi, alias Sun Tzu. Mais ce fameux stratège, aussi génial fut-il, n’est qu’un gamin à côté de Laozi, alias Lao Tseu qui a énnoncé un stratagème toutjours utilisé dans la sésinformation (la fameuse « deception » si chère au MI5 et MI6) : « Le Tao engendre Un. Un engendre Deux. Deux engendre Trois et, finalement, Trois engendre la multitude ». La première hypothèse esr : c’est Untel le suspect (pour ne pas dire le coupable). La deuxième hypothèse est « Non ce n’est pas Untel mais Machin le suspect ». Et la troisième hypothèse est « De toutes façons c’est de la faute aux coiffeurs – ou aux rouquins – ou aux Bulgares -ou aux extraterrestres… » Et à partir de là la première hypothèse, qui était souvent la bonne, est reléguée au rang des accessoires. Et le tour est joué.  Une truie n’y retrouverait pas ses petits. Et ça fonctionne beaucoup mieux que l’attaque par le feu et des tas de billevesées et autres formules dont le seul avantage est d’avoir traversé deux millénaires.

A vrai dire si j’étais le Diable, lui-même, je paierai plutôt un pot à ces gens sympathiques qui militent contre le camp d’en face. Mais Bourrepif n’est pas Anglais ce qui explique cette faille dans son raisonnement. – Une autre revue traite également des animaux fantastiques mais est plus réservée sur la Bête du Gévaudan puisqu’elle traite d’une éventuelle intervention humaine et émet l’hypothèse que Antoine Chastel aurait pu élever une hyène rapportée d’Afrique et l’utiliser à des sombres desseins. Elle conclut « Ainsi l’étrange famille Chastel aurait pu agir par animaux interposés, surtout des hybrides… ». Cf. « Science Revue » N°9 juillet 2002 « Les animaux de légende »
Voilà au moins qui a le mérite d’être un peu plus clair ! Sunzi, alias Sun Tzu, nous enseigne que la manipulation (deception en langue anglaise !) est l’un des moteurs de la guerre.

Lorsque l’on veut porter le discrédit sur une constatation il suffit, rapidement, de créer une théorie contradictoire. Dès lors il existe une théorie de plus donc une théorie de trop de trop. Par le biais des mutations, comme Yin/Yang engendrent « dix mille êtres », naissent alors presque spontanément quatre, huit, seize, trente deux, soixante quatre .théories. Puis une infinité de théories. Plus elles sont loufoques (ou loup-phoque) plus elles tendent à porter discrédit à la théorie originelle, donc à la constatation essentielle ou originelle, qui, alors, disparaît dans le fatras. Dans ce cas c’est celui qui manipule l’information qui prend l’avantage.

C’est ce qui est arrivé lors du décès de Bruce Lee (Li Siu Lung en chinois !) mort d’une overdose de cocaïne (cela arrive dans ce milieu ! ) dans les bras de l’actrice taiwanaise Betty Ting Pei. C’est du moins ce que révélait la première autopsie réalisée dans un hôpital chinois de Kowloon. Le lendemain matin, les services spéciaux britanniques, soucieux de donner une image propre de la star aux adolescents boutonneux de la Colonie de Sa Gracieuse Majesté, vinrent enlever le corps et récupérer les documents originaux (heureusement ils ne les trouvèrent pas). Une nouvelle autopsie fut réalisée dans un hôpital anglais de Hong Kong concluant à « une incompatibilité médicamenteuse ».

Une hypothèse de plus et de trop. Le lendemain cinquante hypothèses fleurirent : vengeance de la mafia chinoise, producteur jaloux de son succès, élèves de Yip Man se vengeant que Bruce Lee ne soit pas venu aux funérailles de leur Maître, antenne de Feng shui située sur la résidence de l’acteur brisée par une tornade et renvoyant alors des énergies néfastes (!), frappe mortelle à effet retardé lors d’un combat, oedème cérébral causé par un poison foudroyant, raviolis aux crevettes pas fraîs et qui ont motivé une enquête télévisée bien connue dans « droit de savoir », rage de dent qui aurait mal tournée à cause d’un trop long délai pour un rendez-vous d’urgence chez le dentiste pour dans une petite quinzaine (…non, ça c’est en France, pas à Hong Kong !) et on en passe et des pires.

Il y eut jugement qui confirma la première hypothèse, donc la première constatation mais tout le monde s’en ficha comme de l’an quarante. Et de plus dans la langue des Godons drugs signifie à la fois drogue et médicament ! Et la Reine put dormir tranquille sachant que ses jeunes sujets Hongkongais ne suivraient pas le mauvais exemple de leur idole du moment. qui, visiblement, mettait un peu trop le nez dans la farine comme le fit, par ailleurs, assez récemment un DTN de la Fédération Française de Karaté voulant faire du cinéma !

A ce jour il doit exister dix mille versions sur les causes de la mort de Bruce Lee. En fait, comme Marco Pantani et le Karatéka DTN Milon, il serait tout simplement mort trop jeune mais de vieillesse ! Les sportifs, tout le monde le sait vieillissent vite.

Pourquoi et à qui profite le crime ?

Probablement à personne… et c’est bien dommage.

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L’église de Saint Privat du Fau, village victime de plusieurs attaques Si les pierres pouvaient parler
Pourtant, certaines mauvaises langues affirmeront que la fameuse  » bête « , avec le temps, aura fini par nourrir plus de monde qu’elle en a tué.

Ce qui est probablement vrai vu le nombre d’ouvrages et d’articles publiés à son sujet ! Mais il faut bien admettre qu’elle en vaut la peine car, dans son cas, la réalité dépasse amplement la fiction. Sur place on s’accroche désespérément à l’hypothèse d’une  » bête  » extraordinaire, donc d’un loup de grande taille, reproduite dans les monuments de Marjevols, de Saugues et d’Auvers et désormais du Malzieu. La statue d’Auvers, fort impressionnante au demeurant, et réalisée par le scuplteur Kaeppelin, comme la plaque à son effigie de la Besseyre Saint Mary, décrit le combat de Marie Jeanne Valet contre la bête. Celle-ci, une fois encore, ressemble fort à un immense loup.

Étrangement Auvers fut le lieu où fut abattue la dernière bête par Jean Chastel, dit  » Le Masque  » (le Sorcier) ou « De La Masque » (donc né d’une sorcière) et non celui de la fameuse rencontre entre la vaillante bonne du curé et le monstre qui se situe au contrebas du chemin du cimetière de Paulhac. Donc à une petite dizaine de Km de là. Où il existe toujours, à Paulhac, le gué et le fameux petit pont * surmontant un îlot de la Desges précisément décrit dans les rapports d’époque.

Cette statue monumentale devrait donc, normalement, se trouver à Paulhac… mais il en fut décidé ailleurs autrement. * Petit pont qui, depuis que nous l’avons photographié en 2002, et publié dans ce site, est fort photographié alors qu’auparavant il n’intéressait personne ! Pourquoi ? Jean Chastel, qui fut toujours très controversé et dont la maison de Besseyre Saint Mary fut rasée, brûlée et aspergée de gros sel béni peu de temps après sa mort, s’est vu ériger, très récemment, une magnifique stèle en pierre et en bronze. Pourquoi ?

Très étrangement encore le fameux château du Besset, quartier général de Monsieur François Antoine, dit Monsieur Antoine tout court, situé entre La Besseyre Saint Mary (11 victimes et 3 agressions) et Nozeyrolles (13 victimes et 2 agressions),fut également rasé. Pourquoi ? Entre le sommet du Mont Mouchet et les fonds de la Vallée de la Desges il existe un dénivelé époustouflant de près de 700 mètres. La rivière Desges coule à moins de 700 mètres d’altitude alors que partout ailleurs l’altitude moyenne est de 1000 mètres. Par la route ces deux points extrêmes sont distants de plusieurs dizaines de Km (en passant par Saugues puis Venteuges).

Par les chemins montagnards cela fait moins de huit kilomètres. Un grand nombre d’attaques, le plus grand nombre en réalité, s’est situé dans ce périmètre incluant le Mont Mouchet, Paulhac, La Besseyre Saint Mary, Le Besset, Auvers, Lair, Lesbinières, Desges, Venteuge et Saugues. Donc dans les environs du Château du Besset et du Château du Chamblard.

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Les étranges ruines du Mont Chauvet Ce site particulier est creusé d’innombrables mines, tunnels, carrières où l’on exploitait des minerais et des minéraux (antimoine, feldspath-fluor, fluorine) utilisés pour la verrerie qui faisait alors la réputation de cette petite vallée de la Desges.

Or, étrangement aucun auteur, si on excepte désormais Hervé Boyac, ne parle de ces grottes, cavités, puits de mine, exploitations souterraines qui, renseignement pris à l’Ecole des Mines, existaient bel et bien pour la plupart à l’époque et qui furent abandonnées ainsi que de nombreux moulins ruinés dont on retrouve les structures dans les fameux « bois noirs » de la Desges. Certains vont même jusqu’à nier leur existence. Elles constituent autant de refuges potentiels pour la ou les fameuse(s) bête(s). La seule référence à ces cavités et même à ces galeries de mines est présente, et bien présente, dans le « Pacte des Loups » pourtant si décrié. Pourquoi ?

Une non-exploitation touristique : Le non-tourisme aidant il est simplement plus facile de déplacer l’histoire que de la remettre en cause. Et plus facile encore d’accuser ceux qui proposent une autre lecture des faits historiques d’être de mauvaise foi ou de faire du roman. Confondre allègrement et sans explication, sur site, histoire et tourisme historique n’est pas nécessairement un gage de sérieux. Ne pas le remarquer est suspect.. Bon nombre d’auteurs, une fois encore et une fois de plus, se font donc les complices de cette sympathique manipulation. De ce fait, la plupart des touristes ne connaissent la fameuse Bête du Gévaudan que celle de de Marvejols sculptée par Auricoste. Les mauvaises langues affirment que la bête a donc été massacrée deux fois, la première fois par Jean Chastel et la deuxieme par le sculpteur Auricoste.

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La fameuse bête d’Auricoste à Marvejols « La bête du Gévaudan a été massacrée deux fois, la première fois par Chastel , la seconde par Auricoste ! » Quoi qu’il en soit la fameuse Bête n’a jamais mis les pieds, ou les pattes, à Marvejols. Cette sympathique bourgade profite donc, à bon compte, de sa très mauvaise réputation. A Auvers la statue monumentale de Ph. Kaepellin représente la bonne du curé de Paulhac, Marie Jeanne Valet, « la Pucelle du Gévaudan » aux prises avec la Bête.

L’ennui est que cet épisode fameux devrait se dérouler à Paulhac en Margeride puisqu’ Auvers est le lieu où Jean Chastel est réputé l’avoir tuée le 18 juin 1767. La stèle de Jean Chastel, par contre se trouve à la Besseyre Saint Mary, lieu où il résidait mais où, paradoxalement, la bête a commis 7 attaques. La proximité immédiate de Jean Chastel ne semblait donc pas trop effrayer l’animal ! C’est un peu comme si le terrible requin des dents de la mer habitait en fait la baignoire du Shérif Brady, ou du moins sa piscine. Même le plus crétin des idiots de « Délivrance » ne se ferait pas prendre à ce jeu là. Chastel est d’ailleurs représenté sur sa stèle le torse de face mais la tête de profil, probablement involontairement, mais ce qui indiquerait néanmoins que, dans l’inconscient collectif, cet individu à triste figure était à la fois droit et tordu.

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De là à parler de tordu, déséquilibré, désaxé, pervers il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas. Il est probablement tout à la fois l’origine, la cause, l’aboutissement et la solution du problème posé par la Bête. Il a, de fait, côtoyé beaucoup trop de gens impliqués de près ou de loin dans cette affaire pour laisser indifférent et pour ne le considérer que comme un simple chasseur qui eut la chance de se trouver sur le chemin de la Bête le 18 juin 1867. La seule chose qu’on peut reprocher au Pacte des Loups (à part le Kung Fu avec Dacascos qui tombe comme des cheveux sur la soupe mais permet de « faire des entrées » et l’apparence de panzer du bestio !) c’est d’avoir donné à Chastel un rôle très secondaire voire inexistant.

A partir d’un certain moment il n’existe plus de hasard. Et pourtant le « Midi Libre » dans son édition du 16 août 2004 titrait, page 15, en regard d’un article (de plus !) tendant à prouver qu’il s’agissait d’un loup : « Un filon touristique peu exploité » (Gérard Durand).

On y apprend qu’une équipe de télévision australienne vient de tourner un film sur la Bête et que la télé anglaise était attendue mi-août (on était sur place à ce moment précis mais on n’a strictement rien vu, les télés étrangères savent se faire très discrètes !) mais que « paradoxalement elle n’a pas donné lieu à une exploitation touristique importante. La plupart des initiatives relevant du secteur associatif » et il cite Jean Richard (un illustre homonyme local du Maigret et de l’homme de cirque !) de Saugues « On se sent un peu seuls, les pouvoir publics ne suivent pas alors que ça pourrait être un support de développement ! « . Fermez la parenthèse.

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Le pèlerinage de Notre Dame de Beaulieu et la procession de la Vierge devant laquelle furent bénies les fameuses balles d’argent de Jean Chastel attirent toujours beaucoup de fidèles à Paulhac en Margeride le 15 août de chaque année. Mais il ne s’agit pas de tourisme !

Comme l’affirmait Alexandre Dumas  » Il est toujours possible de violer l’histoire à la seule condition de lui faire de beaux enfants ! « . Dans ces conditions il serait dommage de bouder, et même assez mal venu de critiquer, le film  » Le Pacte des Loups « , réalisé par Christophe Gans, avec Samuel Le Bihan, Mark Dacascos dont le nom n’est pas tout à fait inconnu des pratiquants de Kung-Fu, Monica Belluci, Emilie Dequenne et Vincent Cassel, qui a fait un vrai tabac en salle et qui traite,heureusement, du sujet sur un tout autre angle que celui des loups ou d’une quelconque  » bébête  » chère à la presse locale ( voir à ce sujet le Midi libre du 16 août 2004 !) aux syndicats d’initiative locaux et à Louis Bozon (Jeu des 1000 euros le mardi 31 août à Saint Alban sur Limagnole). Qui prétendent tous d’une seule voix qu’il s’agit d’un loup ! D’un loup ! D’un loup vous dis-je. Hypothèse cautionnée par Jean-Marc Moriceau l’historien « officiel » des loups (voir la bibliographie)

En effet, dans certains cas, la fiction, fut-elle extrême, est probablement plus proche de la vérité, et surtout de la réalité, que l’histoire officielle et patentée, l’usine à bobards, qui arrange bien des choses. Et surtout bien des gens.

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Et cela se passait il y a tout juste un peu plus de deux siècles en France ! Que ceux qui, encore, prétendent détenir la seule vérité historique sur ce qui s’est passé il y a un peu plus de soixante ans ans ici (la réduction programmée en haut lieu du Maquis du Mont Mouchet !) ou ailleurs, en France comme en Chine, soient un peu plus modestes. La hyène rayée, contrairement à ce que d’aucuns suggèrent, supporte très bien les rigueurs de l’hiver et s’apprivoise fort bien !

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Vue cette année à la brocante d’Aumont Aubrac, le 18 août 2007 ! L’hypothèse de la hyène commence à faire son chemin jusque dans l’esprit des gens du coin et le gros loup ne fait plus trop recette !
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L’ hiene de Monsieur de Buffon – Buffon – (coll particulière) La représentation « officielle » de la fameuse « hiene » par le zoologiste patenté de la Cour du Roy – lequel ne fut pas étranger à la manipulation !
Cette hyène était donc fort connue et représentée à l’époque de la Bête et ne signifiait pas nécessairement , comme on tente de nous le faire croire aujourd’hui, toute espèce d’animal inconnu.
Tout va très bien Madame La Marquise !

Ou les minutes d’un procès qui n’aura pas lieu

Le Juge d’Instruction : Vous avez rédigé et publié plusieurs ouvrages sur la Bête…Vous êtes donc ce que l’on appelle un spécialiste ? Voire une autorité compétente?

Le suspect : Oui Monsieur le Juge. Je dirais simplement une autorité. J’ai rédigé de nombreux articles et ouvrages qui font référence dont un très récent. Le Juge d’Instruction : Vous connaissez donc les gravures d’époque ?

Le suspect : Bien évidemment Monsieur le Juge. Je les connais fort bien et en ai moi même publiées de nombreuses tant dans mes articles que dans mes ouvrages !

Le Juge d’Instruction : Comment expliquez vous, alors, que sous la plupart ce ces gravures d’époque soient portées les mentions, je cite : « Portrait de la hiène, bête féroce qui désole le Gévaudan » (mars 1765 deSartine ; « Figure de la bête féroce que l’on croit être une hyène et qui ravage depuis six mois le Gévaudan » « Figure de la bête féroce nommée hiene qui dévore les hommes et principalement les femmes et les enfants » (Chez Basset rue Saint Jacques Paris 1765) ; « Bête furieuse que l’on suppose être une hiène qui dévore depuis six mois dans les pays du Gévaudan » ; « Représentation de la bête féroce nommée hiène qui fait un affreux ravage sur les limites du Gévaudan, de l’Auvergne » (se vend à Paris chez Corbié rue Saint Séverin) ; « Hyenne Animal féroce qui ravage le Gévaudan depuis 1764 tel qu’on l’ envoyé à la cour » (Bib; Nat. Coll. henin cliché de la revue Aesculape) ; « Véritable figure de la bête féroce nommée hyène tuée à trois heures de Langeac – Description de l’Hiene – » (peint d’après nature par B. Chinon A Paris chez Basset rue Saint Jacques) ; « Représentation de la bête féroce nommée hyène » (Bibliothèque Nationale) ; « Zeigenden wilden Thiers Hÿene » (gravure allemande 1766) …et j’en passe.
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Si on lit attentivement la légende portée sous cette estampe on peut lire :

 » Portrait de la Hiene, bête féroce qui désole le Gévaudan, tuée par Monsieur Duhamel – Permis d’imprimer et de distribuer ce 2 mars 1765 De Sartine » Mention complémentaire : « La Bête du Gévaudan d’après le Capitaine Duhamel »

Cela semble donc une estampe très « officielle » puisqu’elle porte la mention d’autorisation d’imprimer et de distribuer de Sartine qui est l’équivalent du Ministre de l’Intérieur. Troublant non ?
Et la bête en question ne ressemble pas trop à un loup. N’est-ce pas ?

Le suspect : Cela est fort possible mais à l’époque les gens racontaient n’importe quoi et n’avaient jamais vu une hyène. D’ailleurs ils ne savent même pas se mettre d’accord sur l’orthographe du mot hyène. Preuve que cela ne peut pas être cet animal. Ils ont écrit hyène comme ils auraient pu écrire n’importe quoi, comme canari ou raton laveur, tout le monde sait que la hyène est un animal symbolique et qui peut représenter n’importe quel animal. Par exemple un loup.

Le Juge d’Instruction : C’est étrange qu’il ne soit jamais question de loup. Mais presque toujours de hyène ou de bête. Sauf dans les revues de chasseurs où l’on parle d’un « loup d’espèce étrangère, tué en Gévaudan » (J. Rober Delin et success. ) .

Le suspect. Oui, j’en conviens mais je ne vois pas où vous voulez en venir.
Le juge d’Instruction : Le loup dans cette affaire semble avoir bon dos puisqu’à l’époque on accuse explicitement une bête qui serait une hyène et ceci quelque soit l’orthographe de ce nom et non un loup.

Le suspect : Comme je vous l’ai déjà dit les gens racontent n’importe quoi. Une hyène, pourquoi pas un requin ou un crocodile ? Et puis on ne parle pas du loup car « quand on parle du loup en en voit la queue ». Les gens avaient donc peur de parler du loup. C’est logique !

Le Juge d’Instruction : Mais ils n’avaient pas peur de parler de la hyène. C’est étrange.

Le suspect : Bien évidemment, la hyène n’évoque rien pour eux, ils n’ont donc pas peur de la citer à tout bout de champ. Et puis c’est un animal étranger et sauvage, on voit mal ce qu’elle ferait dans le Gévaudan !

Le Juge d’Instruction : Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’un personnage important, Jean François Charles de Molette, alias le Comte de Morangiès ou Morangias, neveu du Marquis d’Apchier ou Apcher, fut militaire de carrière en Afrique et au Moyen Orient d’où il put fort bien ramener une portée de ces animaux qui s’apprivoisent d’ailleurs fort bien. C’est ce qu’explique Monsieur Geoffroy-Saint-Hilaire, Membre de l’Institut, professeur de zoologie au Muséum et fondateur de la ménagerie du Jardin des plantes. De plus ces animaux, contrairement à ce que l’on croit sont des fauves redoutables qui n’hésitent pas à s’attaquer à l’homme. Des animaux dressés et cuirassés auraient donc fort bien pu être très familières avec leur dresseur et redoutables à la chasse à l’homme, ou plutôt à l’enfant et à la fillette.

Le suspect : Vous n’avez bien évidemment aucune preuve ni contre de Morangiès ni contre la famille Chastel qui travaillait pour Madame d’Apchier, proche parente du Comte et oncle de Morangiès !

Le Juge d’Instruction : Tiens, je ne les avais pas encore évoqué, ceux là. Merci de me tendre la perche. Avec Jean, le Père dit « Le Masque », donc le sorcier, ou « De La Masque » c’est à dire fils de sorcière. Avec son frère Jean Pierre Chastel, dit Pierre Chastel, condamné à mort par contumace, donc disparu dans la nature, après le meurtre de son neveu commis le 8 mars 1745. Et qu’on ne rechercha point trop. Avec son fils Antoine qui aurait été valet de ménagerie et chargé d’apprivoiser et de nourrir les bêtes féroces (Henri Pourrat) en Orient où, justement, il aurait rencontré et servi le Comte de Morangiès. Avec son autre fils Pierre, une sombre brute, qui vivait accompagné de grands chiens sur les contreforts du Mont Mouchet on a, en effet, affaire à une famille très particulière ! Et encore on ne sait pas trop ce que faisaient les sept autres rejetons de Jean Chastel. Mais ce que l’on sait c’est que Jean, Antoine et Pierre (le fils et non le frère !) travaillaient peu ou prou pour le compte de Madame d’Apcher et cici à divers titres. Ils avaient donc des relations dans la haute société. Ce qui explique que la justice ait toujours été assez clémente à leur égard !

Le suspect : Premièrement vous n’avez aucune preuve de tout cela, aucun aveu officiel. Ce qui les met justement hors de cause puisqu’il n’y a, je le répète, aucune preuve tangible de leurs prétendus méfaits. Il faudra bien un jour choisir entre la fameuse hyène, hypothétique, les Chastels, toujours innocentés, le Comte de Morangiès, hors de tout soupçon et le loup, donc les loups. Celui-ci par contre on a beaucoup de choses à lui reprocher et on aimerait bien s’en débarrasser définitivement. Vous voyez ce que je veux dire. Deuxièmement je n’ai plus rien d’autre à ajouter sur ce sujet particulier des Chastel qui ont encore pignon sur rue.

Le Juge d’Instruction : Comme certains de vos honorés confrères vous affirmez dans votre dernier ouvrage qu’il ne peut s’agir d’un sadique et que cette hypothèse est récente, développée par le Docteur Puech, vers les années trente. Qu’auparavant nul ne parla d’autre chose que d’une bête. Je vous cite : « tout le reste me paraît dès lors exercices gratuits relevant du roman, non de l’histoire ». Vous reprenez ainsi la thèse de Jean Richard qui affirmait : « Outre la centaine de victimes de la bête, il y eut des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants qui se battirent contre celle-ci, qui en réchappèrent et qui la décrivirent. Tous, absolument tous, ont parlé d’une bête avec quatre pattes et jamais d’un homme même déguisé avec des peaux de bête ». (compléments iconographiques, historiques et bibliographiques par Jean Richard. Ajout à François Fabre dans La Bête du Gévaudan Editions de Borée). Le reconnaissez vous ?

Le suspect : Oui Monsieur le juge, je le reconnais. La Bête était une bête et un point c’est tout. Probablement un loup. Nous sommes nombreux à l’affirmer. Chastel a tué ce loup et tout ce qu’on raconte sur lui ne sont que bobards. Il était honorablement connu et recevait même des primes pour ses chasses, ce qui le met totalement hors de cause. Ce sont des voisins jaloux et incultes qui l’accusaient d’être un « meneur de loups » et qui l’ont affublé de son surnom du « masque ». On retrouve ce surnom dans « L’Armée des Ombres » de Kessel et il désigne un résistant. Vous voyez bien Monsieur le Juge que tout ça ne sont que fadaises. Et puis son fils cadet, Antoine, injustement accusé, il n’avait que dix neuf ans à l’époque, pensez donc, Monsieur le Juge, presque un bébé. Je le prouve dans un arbre généalogique. Il est donc également innocent et hors de cause. Tout est tout à fait normal dans cette affaire. Je puis même vous produire des formules dentaires attestant qu’il s’agit d’un loup car (1 3/3; C 1/1; Pm et M7) x2 + (Pm et M 5/6) = 19/22 = 41 dents, c’est à dire à une unité près la formule dentaire du loup (42 dents). Même et surtout si le chien nou un hybride présenterait strictement la même formule dentaire. C’est un loup. J’affirme même que ce loup tué par le Marquis d’Apcher était de dimensions impressionnantes. Pensez donc il mesurait 1,50 m de long et 77 cm au garrot, l’ouverture de sa gueule est de 19 cm, la mâchoire est longue de 16 cm. C’est bien ce monstre, mieux ce loup terrifiant d’un mètre cinquante de long, y compris la queue, qui aurait donc dévoré plus de 100 personnes et je n’en démordrai pas. Il avait simplement bon appétit et 41, peut-être même 42, grandes dents pour mieux te manger mon enfant.

Le Juge d’Instruction : Je n’en doute pas. C’est fort intéressant. Je frèmis de terreur devant l’évocation d’un loup d’un mètre cinquante de long, y compris la queue, tué par ce Comte d’Apcher dans le jardin d’une abbaye dont on avait justement élagué les allées à bon escient afin de faciliter sa chasse. Mais revenons un instant aux témoins d’époque Que disent-ils dans le mémoire Marin du 20 juin 1767 et concernant l’autopsie réalisée sur la bête tuée par Jean Chastel, qu’en tant que chercheur et spécialiste de la bête vous ne pouvez ignorer. Ou feindre de continuer à le faire. Ceci :  » Plusieurs chasseurs et beaucoup de personnes connaisseuses nous ont effectivement faire remarquer que cet animal n’a des ressemblances qu’avec le loup que par la queue et le derrière. Sa tête est monstrueuse, ses yeux ont une membrane singulière qui part de la partie inférieure de l’orbite venant au gré de l’animal recouvrir le globe de l’oeil. Son col est recouvert d’un poil très épais et roussâtre traversé de quelques bandes noires. Il a sur le poitrail une grande marque blanche en forme de coeur…Cela nous a semblé une observation intéressante car de l’avis des personnes connaisseuses et de tous les chasseurs on n’a jamais vu aux loups de pareilles couleurs » Un autre témoin de cette dissection ajoute  » La tête est monstrueuse, de forme carrée, beaucoup plus large et longue que celle du loup ordinaire, les oreilles droites et larges à leur base, les yeux noirs et munis d’une membrane singulière…le col est très large et court, garni d’un poil rude extrêmement long et touffu avec une bande transversale noire descendant jusqu’aux épaules…La tête d’un poil fauve, noir et lisse, le poil du corps fort épais et long , d’une couleur grisâtre, tacheté de noir. L’animal avait sur la poitrine une grande tache blanche ayant la forme parfaite d’un coeur. Ce que j’ai l’honneur de vous marquer, Monsieur, justifie l’incertitude des paysans sur l’espèce de la bête. Ceux qui l’avaient vue par derrière disaient que c’étaient un loup. Ceux qui l’avaient vue par devant affirmaient que c’était un animal inconnu ». Langeac 6 juillet 1767. Je vous fais remarquer qu’il ne s’agit pas, encore une fois, d’un portrait robot ou d’une construction aléatoire par ordinateur mais bel et bien d’un rapport officiel et de la lettre d’un témoin oculaire. Ce qui est fort différent. Et il ne s’agit pas d’un loup, puisce ce n’est pas un loup sauf par la queue, éventuellement.

Le suspect : J’en conviens mais il demeure que ceux qui l’ont vu par derrière et de loin persistent à affirmer qu’il s’agit quand même d’un loup. Un loup très bizarre certes, mais un loup quand même. Même le Professeur Moriceau qui a probablement lu le rapport l’affirme, c’est un « grand loup antropophage » d’un mètre cinquante de long. On en frèmit de terreur.

Le Juge d’Instruction : Si vous aviez eu à décrire une hyène cette description n’aurait-elle point coïncidé avec ces écrits réalisés par des témoins visuels ?

Le suspect : Évidemment que c’est la description d’une hyène mais notez que celle-ci n’est pas nommée. Et puis, ouf et re-ouf, la formule dentaire ne corrzespond pas à une hyène. Pour un éventuel hybride de hyène et de loup on sait pas trop quel aurait été le nombre de dents, heureusement. Donc il s’agit d’un loup et un point c’est tout !

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La hyène a toujours eu mauvaise réputation. Voici comment on se la représentait au Moyen-Age On peut noter une similitude assez frappante avec les descriptions de la Bête : crinière, oreilles droites, longue queue. Et surtout avec l’estampe allemande représentant la Bête

Le juge d’instruction : Mais vous venez d’avouer que c’est la description d’une hyène et de plus tout le monde parle d’une hyène. Vous vous foutez de moi !
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Trois siècles plus tard la hyène a toujours aussi mauvaise réputation. Mais elle ressemble trait pour trait à son ancienne cousine médiévale ! Gravure allemande contemporaine à la Bête et la représentant sous les traits d’une hyène conventionnelle

Le suspect : Si on parle d’une hyène on voit tout de suite où vous allez en venir. Vous allez encore accuser les Chastel et De Morangiès. Je maintiens donc que c’est un loup.

Le Juge d’Instruction : Je préfère ne pas parler du rapport Portefaix qui accuse un sadique bien connu de tous et qui, ce faisant, ne fait que reprendre les accusations de Monseigneur l’Évêque de Mende.

Le suspect : C’est un faux notoire. C’est un procédé indigne. C’est un scandale. Je ne parlerai plus qu’en présence de mon avocat New-Yorkais. C’est un loup…Portefaix se trompe. C’est un loup normal qui a simplement un peu dévoré quelques ploucs de trop. Ce texte n’aurait jamais du être publié.

Le Juge d’Instruction : Evidemment il s’agit d’un témoin gênant. D’un indiscutable témoin pensionné par le Roi lui même pour avoir été témoin. Difficile donc de nier son témoignage .Mais ce n’est plus très grave. Il y a heureusement désormais prescription. Rasssurez vous ! Portefaix, qui se nommait désormais Villaret, fut tué le 14 Août 1785 dans des circonstances étranges. Pas dans un accident d’avion ou d’hélicoptère dans le Ténéré, pas écrasé par un camion qui manoeuvrait sur une route de campagne, pas suicidé avec le revolver de son chauffeur, pas dans une chute de vélo en dérapant sur des dalles mouillées au Touquet, mais bêtement par une manipulation d’un boulet qui explosa malencontreusement. Il avait 32 ans. Si nous allions déjeuner. Je vous invite. Je connais un restaurateur qui se fera un plaisir de nous servir un excellent gibier. C’est pas la saison de la chasse mais il a quelques combines. Et, comme nous, il a horreur des loups.

L’ancien suspect. Tout va donc très bien dans le meilleur des mondes et Madame la Marquise pourra dormir tranquille. Je lui passe un coup de fil pour lui dire que tout est arrangé et que toutes les poursuites ont été abandonnées. Je vous en prie, passez devant.

Le Juge d’Instruction : Où irait-on, je vous le demande, si on laissait n’importe qui raconter n’importe quoi.

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La fameuse hyène telle que représentée au début du XIXe Une certaine ressemblance avec le rapport Marin ! gueule carrée, museau camus, crinière, bande noire, corps tacheté…qui dit mieux ? Ah oui, mais pas la même formule dentaire, dommage. Mais toute ressemblance avec un personnage ayant existé ne peut être qu’une simple coïncidence puisqu’on vous dit que c’est un loup !

 

CONCLUSION GENERALE DE LA CONTRE ENQUETE :

« Qu’on le veuille ou non, Il faut toujours que les choses finissent par rentrer dans l’ordre » Charles de Gaulle. Comme le souligne un auteur, le Lieutenant-Colonel Serge Colin (Autour de la Bête du Gévaudan – Editions de l’auteur )  » il existe une querelle entre ethologues et historiens, entre spécialistes et généralistes, entre lycophiles et chasseurs, entre « étrangers » et Gévaudannais « . Ce qui ne simplifie pas les choses. De plus, bon nombre de chercheurs se bloquent définitivement sur une hypothèse : soit le loup, soit plusieurs loups, soit la bête mystérieuse, soit le chien (ou les chiens dressés), soit le sadique (ou les sadiques) utilisant soit une bête mystèrieuse, soit un chien dressé, soit plusieurs chiens dressés, soit un hybride entre chien et loup soit plusieurs hybrides, soit une hyène.

On pourrait les qualifier de « monomaniaques » du fromage OU dessert.

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La hyène rayée : une sérieuse concurrente sur la liste des suspects ! Le fameux animal empaillé du Muséum d’Histoire Naturelle, brûlé en 1848, portait bien la mention : « Hyène – animal qui dévora une centaine de personnes en Gévaudan  » Mais entre temps elle a malencontreusement disparu dans les immenses réserves. Sans commentaire ! Mais le loup a bon dos.

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Une hyène apprivoisée en Afrique Beau Bestio ! Pour les naïfs qui croient encore que la hyène est une petite bestiole ! Désolé, la vérité est ailleurs. Photo Peter Hugo

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Une impressionnante hyène brune (parahyaena brunea) photographiée dans un zoo de Berlin Elle correspond aussi à certains portraits robots de la Bête du Gévaudan !

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Une hyène pachicrocuta qui ferait une belle femelle pour un hybride ! Or, au vu des divers compte-rendus d’époque, et ils sont nombreux et souvent bien circonstanciés, on se rend rapidement compte qu’il existe plusieurs modes opératoires dans les agressions et leurs conséquences. Tantôt la victime se retrouve bel et bien dévorée, tantôt elle est lacérée, tantôt elle bénéficie d’une mise en oeuvre très macabre et très élaborée (tête découpée posée bien en vue, vêtements retirés soigneusement et déposés dans l’ordre de l’habillage…). Dans la dernière hypothèse aucun animal n’est capable de trancher net une tête ou de procéder à une mise en scène parfaitement orchestrée.

Certains auteurs accusent les rapports concernant ces mises en scène d’être des affabulations de crétins (« Peu de choses en vérité, des affabulations de pauvres » RF. Dubois Vie et mort de la Bête du Gévaudan Editions OGAM page 329…) Mais ils retiennent par contre tous les rapports indiquant que les victimes ont été  » seulement » dévorées. Dans un cas les rapports émanent donc de crétins de pauvres et dans l’autre de personnages hautement responsables ?

Mais on sait qu’il existait généralement trois rapports pour chaque affaire liée à la « Bête » : un rapport des autorités locales, généralement le curé ; un rapport officiel effectué soit par la Gendarmerie Royale, donc la Maréchaussée ou, en l’absence de celle-ci un notaire, et un troisième rapport effectué par un représentant officiel de Monsieur de Montcan, Gouverneur Militaire du Languedoc. D’autre part on voit mal un être humain dévorer sur place une grande quantité de chairs et d’organes. Il semble donc y avoir contradiction entre ces divers modes opératoires ainsi, d’ailleurs, que dans les zones d’opération. Il est donc fort probable qu’il faille envisager le cas beaucoup plus probable non d’une seule hypothèse, quelle qu’elle soit, mais de plusieurs hypothèses parfois contradictoires.

Le fait d’animaux dressés par des sadiques n’exclut pas l’oeuvre parallèle d’un ou de plusieurs sadiques agissant déguisés et profitant de la terreur exercée par la Bête pour assouvir leurs penchants.

Il n’existait pas, à l’époque, de médecine légale, et le viol éventuel de certaines victimes n’a jamais été évoqué simplement parce qu’il était totalement inconvenant de l’évoquer. Il faut remettre les faits dans le contexte social, politique et religieux de l’époque. Actuellement on rechercherait immédiatement les traces d’un éventuel crime sexuel.

A l’époque cette simple notion de crime sexuel n’existait même pas et dans les campagnes le viol était considéré comme un accident de parcours, malencontreux certes, mais assez habituel lorsqu’il concernait le bas peuple, ou « gens de peu » et mettait en cause des « gens de biens », donc de simples propriétaires. Qu’une vachère à peine adolescente fut troussée par un hobereau local était plutôt un signe que la garce était appétissante sinon consentante.

Pas besoin d’avocarts New-Yorkais pour défendre cette cause parfaitement entendue. Si on ajoute que, justement, la notion d’adolescence n’existait pas dans ce bas peuple des campagnes puisqu’on passait directement du statut d’enfant, inutile, à celui d’adulte, corvéable !

A partir du moment où la victime était désirable au yeux d’un adulte elle devenait donc utile à celui-ci ! Qu’elle se débatte et prenne alors quelque mauvais coups si elle n’en mourrait pas ou ne demeurait pas estropiée une simple bourse permettait de faire rentrer bien des choses dans l’ordre. Dans les deux cas il s’agissait, et sans le moindre jeu de mot à l’époque, d’un simple problème de bourse ! Monseigneur de Choiseul Beaupré, Evêque de Mende, dans son fameux mandement est assez explicite à ce sujet « Après cela faut-il être surpris que Dieu punisse l’amour déréglé que vous avez pour eux… » (il s’agit bien évidemment des enfants !) En précisant encore pour celles et ceux qui ne le sauraient pas que le masculin primait alors sur le fémininet qu’il faudrait probablement lire actuellement « l’ amour déréglé que vous avez pour elles et pour eux »


Il n’ était donc aucunement question de procéder post mortem un examen totalement contraire à la morale et aux bonnes moeurs , donc à la Science, mais simplement de constater, ou pas, si il y avait eu crime de sang. Lequel se devait d’être puni. Point. Si le crime sexuel en question, assorti d’un crime de sang, pouvait être déguisé en attaque animale il n’y a aucune raison d’imaginer l’acte d’un quelconque sadique. De plus, ce sadique pouvait fort bien se satisfaire de la souffrance seule de ses jeunes victimes sans aucunement chercher à les abuser sexuellement mais en mettant en scène cette victime qui, alors, assouvissait son fantasme. Il est possible que, parallèlement à ces faits, des personnages peu fréquentables aient également profité de la situation pour se livrer à des vengeances sur des voisins. Un coup de gourdin bien placé, une bonne vieille griffe et le concours de quelque chien et le tour était joué.

On accusait la « Bête », donc les loups ! Il est possible que des loups eux même, découvrant un cadavre humain, aient agi par opportunisme en s’offrant un repas à bon compte et aient, par la suite, été tués et retrouvés porteurs de débris humains. Sans parler de règlements de comptes politiques mi