Bibliographie…

…par Georges Charles

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Quelques ouvrages sur la Bête du Gévaudan avec Georges Charles et le chien Ricky alias Riquiqui le toutou cucul.

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Il y a quand même de quoi lire et surtout à boire et à manger. Et encore il ne s’agit là que de productions récentes sur la BDG.

« La Bête du Gévaudan aura finalement fini par faire vivre plus de gens qu’elle n’en aura tué » GC

« Je crois, et je suis même certain, que cette année le nombre d’ouvrages sur la Bête dépasse désormais largement le nombre de victimes  » GC

 

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Pour qu’on ne m’accuse pas de demeurer derrière les bouquins et les archives poussièreuses me voici cet été, en août 2011, avec Martine, entre Lair et Lesbinières à la recherche, hypothétique, de la Sogne (pas nécessairement d’Auvers !) où Chastel tira la seconde Bête. La contre-enquête continue !

 

BIBLIOGRAPHIE DE LA BETE

Il s’agit, bien évidemment, d’une bibliographie récente et restreinte aux ouvrages que l’on peut encore se procurer assez facilement. Même et surtout si certains d’entre eux nécessitent une visite chez un bon bouquiniste.

Les chinois affirment que « chaque vérité possède sa secte et que chaque secte possède sa vérité ». Il est donc normal, sinon nécessaire, que chaque auteur puisse défendre, avec ardeur, son point de vue, son église et même sa chapelle. Les querelles de clocher sont inévitables. Mais elles ont au moins le mérite d’exister. Et de faire cesser le silence qui arrange bien des sourds et, parfois même, des aveugles. On peut ne pas être d’accord avec quelqu’un et chercher à combattre ses idées tout en le respectant et en faisant en sorte qu’il puisse les exposer.

De là nait le dialogue et le débat.

Nous souhaitons le susciter. Et polémique ou pas, si ces histoires de la bête incitent quelques touristes à séjourner sur place et à découvrir cet étonnant pays, nous en serions ravis et honorés. Si j’ai choisi Internet et le Site des Arts Classiques du Tao, que j’ai créé dans un cadre associatif, pour publier cette contre-enquête, c’est simplement qu’il m’a semblé que ce vecteur moderne pouvait être un support favorable à cette recherche qui évolue depuis plusieurs années.

Etant auteur écrivain de profession, ayant publié plus de vingt ouvrages et plusieurs centaines d’articles, rédacteur de presse, ancien rédacteur en chef et créateur de magazines, il m’aurait été possible et même facile de publier un livre sur la Bête chez un grand éditeur. Et pas le moindre. Comme pour le « Dernier jour du Baron Rouge », je ne l’ai pas fait. Mais je constate qu’en ce jour du premier septembre 2018 plus de 25 000 visiteurs ont été motivés par cette contre-enquête.

Qui ne reste donc pas, loin s’en faut, lettre morte ! Il m’apparaît, en effet, que le dossier est loin d’être clos et que bon nombre d’archives, déjà disponibles, n’ont pas été bien utilisées ou bien comprises. Des mises à jour et de nouveaux commentaires me semblent donc indispensables et seul Internet peut permettre cette souplesse d’action.

Mais, en tant qu’auteur à plein titre, je trouve dommage que certains confrères, chatouilleux de leurs droits, omettent de citer leurs sources dès qu’il s’agit d’Internet comme si ce mode de communication ne les concernaient pas. Etant, comme Denneval, d’une ancienne souche normande dont on retrouve branche jusque chez les Godons et ceci depuis le Bon Guillaume, je souhaite pourtant éviter les mauvaises querelles ou les bon procès. Mais pas les mises au point et quelques chiens de ma chienne ! A bon entendeur, Salut !

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Un abreuvoir monumental, ou une pierre baptismale, en pleine foret du Mont Chauvet Qui s’est déjà miré dedans ?

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Surtout lorsqu’elle se trouve en haut d’un thor !

 

 

Le  » classique  » :


 

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Histoire de la Bête du Gévaudan par l’Abbé Pourcher Chez l’Auteur (1889) réédité en 500 exemplaires par Laffite Reprints Marseille 98.

Nombreux documents d’époque et dépositions effectuées par les témoins. Une mine de renseignements essentiels sur les victimes, les lieux, les faits, la Bête. Ouvrage totalement incontournable. Ne se lit pas comme un roman mais comme un rapport de gendarmerie. Difficile de parler de la Bête du Gévaudan sans avoir lu et relu cet ouvrage fondamental.

 

L’  » héritier contestataire  » :


 

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La Bête qui mangeait le monde en Pays de Gévaudan et d’Auvergne » par M. Xavier Pic

Imprimerie Chaptal Mende 1968.

Mil Neuf Cent Soixante Huit, c’est un bon cru pour la contestation. L’auteur se situe juste entre les écrits des « anciens mandarins autrefois réputés » qui, bien évidemment considèrent que le loup est seul coupable et nos plus récents contemporains qui souhaitent définitivement acquitter celui-ci.

Il est donc encore question de loup, mais Xavier Pic, contrairement à Pourcher, est loin de tresser des couronnes aux Chastel qu’il suspecte fortement et, surtout, fait entrer en scène, avec toutes les précautions d’usage et d’époque, un certain « Messire ».

Ce personnage plus que douteux mais de haute lignée aurait été « confié » à un couvent de religieuses et, durant cette retraite quelque peu forcée, les agissements de la Bête auraient cessé. Pic ne cite évidemment pas le nom de ce curieux personnage mais on se doute, déjà, qu’il s’agit du jeune Comte de Molette de Morangias. On retrouve déjà le commanditaire et l’homme de main. La collusion entre la « Taille et l’Estoc » et le « sac et la corde ». Ceci dit l’ouvrage est exceptionnellement bien documenté et a donc été abondamment pillé, parfois sans pour autant être cité, tant pour le texte que pour l’ iconographie qu’il fut le premier à publier.

 

Le « documentaire » :


 

Biblio_bdg-3 La Bête du Gévaudan par François Fabre (reprint de l’édition de 1930) édition complétée par Jean Richard. Editions De Borée (2eme trimestre 2001)

Edition de poche et édition de luxe avec illustrations glacées en couleur.

Cet ouvrage rédigé vers les années trente apporte des compléments à l’ouvrage de Pourcher en présentant de nouvelles archives.

Il a été complété par Jean Richard, homonyme de l’acteur qui se singularisa dans le rôle de Maigret et dans sa passion pour les animaux et le cirque. Le Jean Richard local, est considéré, souvent à juste titre, comme « le » spécialiste actuel de la bête.

Il est le fondateur du Musée Fantastique de la Bête du Gévaudan à Saugues. Ses diverses recherches et constatations l’ont amené à être beaucoup moins catégorique qu’il ne le fut jadis sur le rôle des loups dans cette affaire.

 

Le  » poche  » :


 

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La bête du Gévaudan par Abel Chevalley Gallimard 1936 réédité par les Editions

J’ai lu – l’aventure mystérieuse – 1975

A la fois ouvrage historique et ouvrage romancé. La partie romancée explicite l’oeuvre d’un sadique et de complicités.

Il est l’un des premiers à parler du fameux « secours » envoyé par la Cour à Monsieur Antoine de Beauterne.

Il convient donc de ne pas le négliger. Au vu de l’orientation vers la thèse du sadisme, on se doute que l’auteur ne criera pas au loup !

 

Le  » synthétique  » :


 

Bdg_biblio-29 Loups Garous en Gévaudan – le martyre des innocents par Pierre Cubizolles Editions Watel à Brioude 1995

Excellente étude ayant principalement pour but de disculper le loup et de démontrer qu’il s’agit beaucoup plus probablement de l’oeuvre d’un ou de plusieurs sadiques opérant sous le couvert d’une haute protection.

Rappel des méfaits d’autres bêtes. L’une d’entre elle aurait dévoré plus de 72 personnes en Touraine ! Gros ouvrage très documenté qui énerve les accusateurs du loup. Probablement le meilleur sur la question.

 

Le  » Résistant  » :


 

La Bête du Gévaudan par Gérard Ménatory Ed. de l’auteur Mende 1976.

On se doute que l’auteur, fondateur du Parc des Loups du Gévaudan, a pour but de disculper son compère préféré des méfaits sanglants dont on l’accuse. Il y parvient assez facilement grâce à sa connaissance parfaite de cet animal et de ses moeurs particulières. Il n’y a rien de tel qu’un ancien authentique résistant et baroudeur devant l’Eternel pour ne pas confondre victime et bourreau et pour, bien évidemment, être du coté de la victime que d’aucuns considèrent comme un terroriste alors qu’elle ne fait que résister à l’envahissement de son territoire. Très belles photos de loups. C’est évidemment à la fois l’avocat du loup et le témoin à décharge qui était nécessaire dans cette affaire un peu trop bestiale pour n’être pas humaine.

 

Le  » raisonné  » :


 

Biblio_bdg-6 La bête du Gévaudan. L’innocence des loups par Michel Louis Collection Vérité et Légendes

Editions Perrin Paris 2000.

Michel Louis semble fort sympathique et réserve une grande partie de cette sympathie à son ami le loup.

Il ne peut donc que disculper celui-ci et faire porter le chapeau à un hybride qui, éventuellement, serait utilisé par Chastel et de Morangiès. Cette version apporte quelques données de plus, sans plus, par rapport à la précédente parue avant la sortie du « Pacte des Loups ». Ouvrage bien documenté

 

Le  » facile  » :


 

Biblio_bdg-8 Les animaux extraordinaires – A la recherche des créatures mythiques

Hors série Sciences et Avenir 123 .

La Bête du Gévaudan se retrouve située entre Nessie du Loch Ness et le Yéti de Tintin et Milou au Tibet.

Aucune révélation fracassante si ce n’est que les auteurs envisagent le fait qu’il peut s’agir d’autre chose que d’un loup.

 

 

Le « Alain Decaux » :


 

Biblio_bdg-9 La Bête du Gévaudan était-elle un sadique ?

Par Alain Decaux

Historia N°370 Septembre 1977.

Bon gros article de douze pages sur le sujet. Decaux balance mais ne livre aucun nom « On comprendra que j’observe la même discrétion que l’auteur de la plaquette ».

Il s’agit bien évidemment du nom du fameux « Messire » de Xavier Pic que Decaux ne nous livrera pas après nous avoir mis l’eau à la bouche.

Donc du Comte Jean Charles de Molette de Morangias ! Mais dont il a oublié le nom. Il accuse quand même nominalement les Chastel d’être « une famille de dresseurs de loups ».

Il demeure de vieux réflexes, en France, où on balance mais pas n’importe qui. Et Morangias, ou si vous préfèrez de Morangiès, n’est pas n’importe qui.

 

Le « Profiler » :


 

Biblio_bdg-10 Article de Laurent Montet, criminologue et expert judiciaire, dans « Ca m’intéresse »

Depuis le « Pacte des Loups » on se doute désormais que ceux-ci ne sont pas nécessairement les coupables.

Suivant cet auteur « derrière la bête il fallait chercher l’être humain » et « les recoupements accusent celui que l’on désignait comme le masque ». Le ton est donné. Mais il est juste.

 

 

Le « coup de théâtre » bidon :


 

Jacques Portefaix – Un enfant au temps de la Bête du Gévaudan – 1753 1785 par R. Lagrave. Collection « Des enfants dans l’histoire du Gévaudan ».

Petite plaquette éditée chez l’Auteur qui qui possède l’immense mérite de reproduire bon nombre de fac-similés d’époque dont une partie du fameux « Mémoire de Jacques Portefaix » que celui-ci, pensionné par le Roi, rédigea en 1767 à l’intention de celui-ci. Or Portefaix, témoin de premier plan, affirme qu’il ne s’agit pas d’une bête mais bel et bien « d’un homme maudit, porté sur le crime, habité par le Diable en personne et connu de tous ici ». On ne peut être plus clair. On ne s’étonnera pas que ce mémoire soit passé sous silence par ceux qui accusent le loup ou qui excluent une action humaine. Et pour cause.

Mise au point : Malheureusement il s’avère qu’il s’agisse d’un bidonnage d’auteur. Celui-ci, enseignant de métier, a voulu se mettre à la place de Portefaix, et a rédigé tout seul comme un grand un texte « éducatif » destiné à l’édification de notre belle jeunesse ! Donc, comme on dit maintenant c’est de la « pédagogie ». Il faut parfois savoir reconnaître ses torts et avouer s’être fait avoir par excès d’enthousiasme. Mais que celui qui ne s’est jamais fait avoir me lance la première pierre ! A qui se fier ?

 

 

Le « conventionnel » :


 

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La Grande peur du Gévaudan – une enquête historique documentée sur l’histoire de la bête- par Guy Crouzet Editions de l’Auteur 2001.

Guy Crouzet a écrit plusieurs ouvrages sur la fameuse Bête et se veut le garant de l’orthodoxie historique locale.

Donc du tourisme historique sans bavures. Ce sont les loups qui ont fait le coup, il n’en démordra pas, formules dentaires à l’appui. Na !

Les Chastel sont de braves gens, arbre généalogique à l’appui, les autorités ont fait ce qu’elles ont pu, délibérations à l’appui, les victimes n’ont pas eu de chance et toute autre hypothèse n’est que roman ou foutaise.

Bouquin à l’appui. Qu’on se le tienne pour dit au risque de se faire botter le train à coups de rangers. Et un additif ! Bêtes en Gévaudan par Guy Crouzet Il fallait le signaler !

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le « Redoutable » :


 

Biblio_bdg-13 La Bête – une histoire de la Bête du Gévaudan racontée et peinte par Gérard Lattier

aux Editions de Candide 1999.

Les spécialistes vont être déçus car il s’agit d’une bande dessinée ou presque puisqu’elle regroupe les 42 tableaux initialement grand format du peintre Gérard Lattier.

Mais quelle bande dessinée redoutable qui remet les choses en place mieux que ne le feraient dix historiens spécialistes de la Bête.

Au premier, deuxième et troisième degré l’auteur nous promène dans son petit monde pas si naïf que ça et On ne peut pas regretter le voyage.

A moins, bien sur, de totalement manquer du sens de l’humour noir. Indispensable pour remettre quelque peu les choses en place.

 

le « Raisonnable » :


 

Biblio_bdg-12 Autour de la bête du Gévaudan par le Lieutenant Colonel Serge Colin

Editions de l’auteur 1990

Une enquête très militaire reprenant les statistiques et les faits point par point. L’auteur explique, dès sa préface, le conflit existant entre éthologues et historiens, « étrangers » et Gévaudannais, lycophiles et chasseurs, spécialistes et généralistes et aboutit à la conclusion de l’historien Marc Bloch que : « Les méchants faits détruisent parfois les belles théories ».

On regrette simplement que, peu à peu, pas à pas, il tombe dans le piège du conventionnel et des godasses à clous : « C’est le gros loup qui a fait le coup ». Raout ! Repos ! Rompez ! Rondediou !

 

 

Le « Poétique »:


 

Biblio_bdg-28 La Bête du Gévaudan en vers et pour tous. Par Léon Bourrier

Les Presses Littéraires 3eme trimestre 2000

Léon Bourrier est un sacré poète, lauréat du Prix Paul Valéry et du Grand Prix de l’Académie des Poètes Classiques de France.

Probablement le seul et Unique à être capable de mettre en vers (et pour tous !) la Bête dans un poème de près d’une centaine de pages !

Ouh là la ! Il n’est vrai qu’il n’a pas hésité à versifier, fort agréablement et redoutablement, la Guerre de 14-18 ! Et encore un hardi défenseur de la cause des loups. Normal c’est un Poète ! Poûet.

 

Le « Préhistorien » :


 

Biblio_bdg-14 La Bête du Gévaudan enfin démasquée par Pascal Cazottes

Editions Spirales 2eme trimestre 2004

Rien de bien nouveau sous le soleil de la Margeride si ce n’est que l’auteur accuse nominalement un animal préhistorique, un certain hémicyon qui, de fait, ressemble fort aux portraits qu’on fait de la Bête les témoins de l’époque.

Hémicyon signifie demi-chien car le bestiau ressemblait déjà à un hybride chien-ours ou chien-hyène.

Il s’agirait d’une résurgence d’un animal préhistorique éteint qui serait réapparu par erreur génétique. Pourquoi pas ? Cela ne semble pas plus idiot qu’un renard décapiteur de victime sévissant dans un « site officiel » ou qu’un loup invulnérable d’une quarantaine de Kg (la bête de Chastel !) et d’un mètre de long, sans la queue, qui aurait terrorisé, tout seul comme un grand, toute une province pendant trois années et dévoré plus de 100 victimes et défié les meilleurs fusils du Royaume de France !

Donc un coup de chapeau à plume pour la bêbête de Rahan.

 

Le « Gros Dernier et le Tonton Chastel « 


 

Biblio_bdg-15 La Bête du Gévaudan – Plaidoyer pour le loup enfin démasquée par Hervé Boyac Chez l’Auteur Hervé Boyac –

Quartier Clos d’Aron 83780 Flayvosq 2eme trimestre 04

Voici un travail des plus intéressants

Cet ouvrage est fort complet et bien illustré. Sauf lorsqu’il s’agit du comparse de l’auteur qui s’ingénie à faire ressembler la bêbête à un gros méchant loup de notre ami Disney.

Tout en n’ayant pas trop l’air d’en faire de trop il reprend la thèse du complot , thèse développée dans le film « Le Pacte des Loups », évoque la possibilité de plusieurs animaux dont une hyène dressée et sort un lapin d’un chapeau.

La hyène, rappelons le, fut souvent évoquée dans les estampes de l’époque et par plusieurs témoins. Il ne s’agit donc pas d’une hypothèse gratuite. L’auteur évoque, enfin, la possibilité de la culpabilité du frère de Jean Chastel, Jean Pierre Chastel, dit Pierre Chastel, condamné pour meurtre et qui fut probablement grâcié par une « très haute intervention en sa faveur ». Revenu au Mont Mouchet où il aurait vécu dans la forêt, il aurait, enfin, été abattu par Jean Chastel et ses deux fils puis enterré en secret peu après que la Bête soit tuée sur la Sogne d’Auvers. Difficile de dire à quel niveau se situe exactement la responsabilité de ce nouveau personnage !

Mais, une fois encore la fameuse famille Chastel demeure sur la sellette même et surtout si Jean Chastel s’en tire à bon compte en tant que rédempteur de dernière minute ! Une hypothèse à fouiller sérieusement. Comme son titre l’indique, c’est également un défenseur de la cause des loups ! Et c’est tant mieux.

 

Le « Bis Repetita avec une seconde couche « 


 

Biblio_bdg-16 La Bête du Gévaudan – le loup acquitté enfin ! par Hervé Boyac

Chez l’Auteur à Flayosc

Il s’agit, comme le précise l’auteur, d’une « nouvelle édition largement enrichie ». Si Boyac ne s’attarde pas sur le sujet il est également le premier, sur papier évidemment, à évoquer les « éclipses inexplicables de la bête » donc les fameuses galeries de mines de la Desge ainsi que l’existence d’une autre sogne.

Ce que nous faisions dans cette contre-enquête en nous étonnant qu’aucun auteur n’ait fait attention, auparavant, à l’existence de ces galeries de mines, fort nombreuses, et de la présence sur les cartes d’époques de plusieurs « sognes » (sagnes ou siagnes) mais pas une seule dite « Sogne d’Auvers ».

Et il admet que la hyène pourrait constituer un excellent suspect. Mais il est toujours flanqué de son dessinateur favori, Daniel Brugès, qui s’évertue à rendre la Bête sympathique en diable. Cette fois-ci il s’agit d’un hybride entre un nounours en peluche et un lionceau qui réclame son biberon. Brrrrrr. Nous en avons le sang glacé ! Mais il s’agit donc d’un excellent ouvrage, et il ne pourrait en être autrement puisqu’il reprend, ou au moins confirme, les pistes oubliées que nous évoquons dans cette contre-enquête.

 

Le gros pavé sympa épuisé


 

Biblio_bdg-5Vie et mort de la bête du Gévaudan par R.F.

Dubois Editions Ogam (1990)


Ce gros album annonce rapidement la couleur :  » Ce livre est dédié au loup- Canis lupus – accusé à tort déclaré coupable par le tribunal de l’obscurantisme et exécuté de ce fait au titre de « Bête du Gévaudan ».

Avec évidemment une très belle préface de Gérard Ménatory, un authentique ancien maquisard qui consacra sa vie aux loups et qui créa le parc des « Loups du Gévaudan ». Quelques très belles eaux fortes, bois gravés et illustrations de Ph. Kaeppelin (le sculpteur de la Bête d’Auvers) ainsi qu’une belle iconographie et des reproductions de documents d’époque dont le fameux Mandement de Mende dans sa forme originelle.

L’auteur est passionné et comme tous les passionnés est nécessairement excessif. Il tire donc à boulets rouge sur tous ceux qui suggèrent que la fameuse Bête pourrait être un loup.

Avec une bonne-mauvaise foi réjouissante. De type « cet auteur écrit n’importe comment, donc il écrit nécessairement aussi n’importe quoi ! Ah quel nul ! » Ou peut s’en faut. La plupart des « espécialistes de la spécialité » se retrouvent donc habillés avec un costard taillé pour l’hiver dans du bois de sapin. Munies de poignées en argent. Tel Clint Eastwood dans ses meilleurs rôles il les extermine jusqu’au dernier. Sauf les copains, donc les potes de Ménatory et les amis des loups.

Et il se promène, et il en rajoute, et il tournicotte, et il argumente et il en remet deux couches. Mais ce faisant il exhume pas mal de textes essentiels et démontre les contradictions notoires des différents auteurs ainsi que les failles dans leurs raisonnements. On finit par se prendre au jeu et il faut attendre les pages 333/335 (Ouf !) pour qu’il nous livre, enfin, ce que nous pressentions depuis la préface. Et même avant celle-ci. J’ai trouvé cet ouvrage, en été 2006 à la brocante de Lorcières, un petit village sur les pentes du Mont Mouchet, particulièrement éprouvé pas la Bête puis par les troupes nazies. Le prix était prohibitif au prétexte que cet ouvrage épuisé était désormais presque introuvable. Mais au bout de cinq minutes de discussion le vendeur me l’a cédé pour une poignée de clous et je l’en remercie.

Et je me marre en relisant les morceaux choisis. Et cette année, le 19 août 2007, il était à la brocante d’Aumont Aubrac et m’a refilé, sous le manteau, l’original de Xavier Pic en me disant : « continuez votre contre-enquête, on se marre bien ! » Moi aussi !

 

Le « SYLVAIN ET SYLVETTE « 


 

Biblio_bdg-17 La Bête du Gévaudan – par Jean Louis Pesch

Edition De Borée (Mai 2005)

C’est une bande dessinée. Une de plus ? Non car c’est une bande dessinée de Jean Louis Pesch !

Et Jean Louis Pesch n’est autre que l’auteur et de dessinateur de Sylvain et Sylvette et ce depuis des lustres et des lustres. Il vient, par ailleurs de passer la main et de confier ses deux jeunes héros à deux petits jeunes, presque des poulets du jour, qui vont continuer les aventures de nos deux lascars et de toute leur bande d’amis et d’ennemis. En parlant d’ennemis vous ne pouvez pas avoir manqué de remarquer, comme aurait pu le dire Geneviève Tabouis, une journaliste de l’époque de Môssieur Pesch, que le loup n’est pas franchement le meilleur copain de Syvain et Sylvette.

C’est le moins qu’on puisse dire ! Sylvain et Sylvette sans le Loup c’est, ou peu s’en faut, Henri IV sans la poule au pot ni Ravaillac, Churchill sans son cigare, son verre de cognac et sans Adolphe H. , Jésus Christ sans Papa, la caravane, le chien, Judas et sa Croix et De Gaulle sans son appel ni le Jean Moulin de Malraux au Panthéon.

Ni Roux sans Combaluzier et Serviette sans Ponge. Rien !

Donc il eut été étonnant que la Bête du Gévaudan, alias Bédégé, ne ressemblât pas à…un loup. En presque moins vilain que celui de Sylvain et Sylvette qui fait plus peur aux enfants. J’ai personnellement vérifié ce fait sur ma toute petite nièce. Mais ce sympathique ouvrage possède un avantage indéniable sur tous les autres, quels qu’ils fussent, il me reconnaît, moi, Georges Charles comme « spécialiste de la bête » !

Un jugement de la Cour d’Appel de Paris m’ayant déjà officiellement reconnu (un jugement de cours ne se discute pas !) comme « Spécialiste de la médecine chinoise et des arts martiaux ». Me voilà donc promu au rang de « spécialiste de la Bête du Gévaudan ».

Je n’en demandais pas tant, d’autant que les conclusions de Môssieur Pesch ne sont tout à fait celles que je défendrai avec l’énergie du désespoir. Mais comme l’ouvrage en question est préfacé par le Grand Maître Es bêbête à savoir Jean Richard, de Saugues (pas le commissaire Maigret du « faites nous monter deux sandwiches au jambon et deux demi de bière ! » Ni celui du cirque !) cet adoubement n’est pas pour me déplaire ne serait-ce que pour faire rager les « vrais » espécialistes de ladite « Bête » qui, habituellement, oublient de me citer dans leurs bibliographies concernant Internet.

Comme le disait Pialat lors de la remise des Palmes d’Or du Festival de Cannes  » Vous ne m’aimez pas, rassurez vous je ne vous aime pas, non plus ! »

Bien qu’auteur écrivain de profession et même Homme de Lettres (c’est les impôts qui l’affirment !) je ne souhaite pas publier un livre de plus sur ce sujet déjà fort envahi. Parce que je n’ai simplement pas envie de me retouver en vitrine au Syndicat d’Initiative du Malzieu !

La contre-enquête, c’est autre chose. C’est comme pour le Baron Rouge. C’est par principe. Et puis cela me permet d’entamer le dialogue avec des professeurs d’histoire, des universitaires, des policiers, des juges d’instruction et même des chasseurs qui, parfois, en apprécient le contenant et ce qu’il contient , donc le contenu. Mais revenons à Sylvain et Sylvette, pardon au Loup, pardon à la Bédégé de Pesch.

Si on accepte de passer au delà de la vision qu’il a de la bête c’est évidemment, comme le dit Jean Richard, un travail très fouillé et très détaillé qui mérite d’être apprécié à sa juste valeur : une belle oeuvre d’un Vieux Maître comme on en trouve justement dans les Arts Martiaux. Certains de ces Vieux Maîtres se sont trompés pendant quarante ans et plus et continuent de le faire avec une grande constance. En cela ils méritent d’être suivis et probablement plus que des blancs becs qui ont nécessairement raison mais qui changeront d’avis, ou d’école, la semaine prochaine. Et entre nous j’ai eu le plaisir d’avoir une très longue discussion avec Jean Louis Pesch…

Mais trop tard, son ouvrage était presque terminé et il était fort fatigué, comme tout auteur qui se respecte à ce moment là ! Et il s’est étonné du coup de la Hyène ! « je pensais que c’était un animal petit et couard, uniquement nécrophage. Je me suis fait leurrer ! » Et sur les détails sordides des rapports d’époque : « On ne m’avait pas présenté les choses comme ça ! » « Ah si j’avais su, mais maintenant il est trop tard, cela a été trop de travail je ne peux plus revenir en arrière ! » Et la chose fut jouée. Mais il a accepté de laisser une porte ouverte dans ses deux dernières images. Merci Môssieur Pesch !

 

Le « Mention Spéciale colle et ciseaux !  »
ou « copier-coller »


 

biblio_larousse Et une quasi officialisation de notre thèse…
Les Grandes Enigmes de l’Histoire de France

LAROUSSE (Octobre 2004)

C’est l’ouvrage typique « bibliothèque municipale » donc, en quelque sorte « LA » référence populaire officielle.

Le truc sérieux qui a pignon sur rue puisque c’est Larousse, comme le Dico du même nom. Et c’est du sérieux puisque la thèse que je développe dans ces pages y est reprise consciencieusement et point par par point, on n’ose pas dire mot à mot.

Et c’est tant mieux parce que cela nous change du sempiternel « gros loup très très méchant ». En fait c’est un « digest » de notre contre-enquête et nous n’avons pas à nous en plaindre.

C’est presque une « officialisation quasi officielle » de notre thèse. Le plus marrant c’est que la lettre de Portefaix, que nous avions déballée à l’époque, est citée in extenso. Depuis on s’est rendu compte que c’était un bidonnage d’auteur, ce qu’on appelle de nos jours de la « pédagogie » et, heureusement, on en a prévenu l’Internaute ! Reportez vous à la mise au point en jaune dans cette même page !

Ce qui ne retire rien au propos d’ailleurs puisqu’on reconnaît que Morangiès, les Chastel sont impliqués ainsi que l’imposture d’Antoine avec son fameux « secours ».

Entre temps nous avons précisé, également, qu’il s’agissait bien du Sieur Antoine et non d’Antoine de Beauterne qui est son fils. Bref il est toujours plaisant d’être lu et éventuellement « source d’inspiration » mais moins de ne pas être cité. Il est amusant de constater que n’importe quel torchon publié sur papier est considéré comme relevant du « droit d’auteur », donc éventuellement cité en référence bibliographique, alors que les publications sur Internet ne le sont pas.

Internet c’est du volatil et ceusses qui écrivent dedans sont des zozos ! Donc on ne les cite pas. On retrouve ainsi l’explication suivante, dans le texte en question, « Une thèse récente et plus que probable évoque les agissements conjoints d’un homme déguisé en loup pour commettre ces actes et d’un dresseur qui aurait lancé des animaux… » Ne vous marrez pas car concernant la « contre-enquête » sur le dernier jour du Baron Rouge, publiée dans ce site (cliquer ici) et qui fait désormais autorité dans les « milieux autorisés », ainsi que dans deux ouvrages cités précédemment dans cette même page, on a retrouvé le même cas de figure (mais pas chez Larousse cette fois !) avec la mention sympathique « Aujourd’hui certains historiens pensent que… » suivi d’un « copier collé » tout juste remanié.

On dit que, on pense que, certains affirment, quelques historiens croient… Merci, Mesdames et Messieurs, c’est trop d’honneur ! Mais si on a pu servir juste à être un tout petit peu utile à apporter autre chose que le ronron habituel, le but est atteint. Et on pourrait publier le mèle (alias mail !), ou le courriel, d’un haut responsable de la Police Canadienne qui trouve que cette contre-enquête devrait servir de modèle dans les écoles d’Officiers de Police ! Mais où irait-on si la police arrêtait non pas les suspects mais les coupables ! Hein où irait-on ? Ceci dit le Larousse des « Grandes énignes de l’histoire de France » demeure un excellent ouvrage collectif que nous conseillons donc avec le plus grand plaisir et sans arrière pensée ! Si, c’est vrai.

 

Le « Petit mais costaud et indispensable ! « 


 

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1764 1767 – Drôles de bêtes en Gévaudan ou les dérives d’un mythe par André Aubazac

Imprimerie Chaumeil Repro – Juin 2004 – 206 pages 15 euros

Petit par son format c’est en réalité un grand livre qui remet pas mal de choses en place et ceci d’une manière très calme et prosaïque comme d’un pas de Montagnard.

Pas de grandes envolées lyriques pro ou anti loups mais des faits remis dans le contexte d’époque et commentés à la lumière d’aujourd’hui. Une phrase, sous la photo de la stèle de Jean Chastel en résume le ton : « La logique de marché dans la recherche de résultats touristiques ne fait pas bon ménage avec la logique des reconstitutions historiques pour la recherche de la vérité pas à pas. Il faudra savoir être patient, pour pouvoir confirmer, un jour, qu’il y a eu de drôles de bêtes en Gévaudan ».

De plus, André Aubazac reconnaît quelques avantages au « Pacte des loups » qui a su, au delà des exigences d’un grand spectacle destiné à un très large public, présenter une « autre vérité » et susciter quelques questions. Texte intégral du fameux Mandement de l’Evêque de Mende et étude sur les Choiseul Beaupré.

Mandement à relire avec beaucoup d’attention. Si vous n’avez encore rien lu sur a bête c’est nécessairement l’ouvrage qu’il vous faut. Si vous en avez déjà trop lu sur la bête c’est aussi l’ouvrage qu’il vous faut. Si vous souhaitez écrire sur la bête vous feriez mieux de lire ce livre.

Je le recommande donc sans réserve et remercie André Aubazac de l’avoir commis.. Et comme il ne cite en référence aucun site Internet, ni celui-ci, mais cite les auteurs que je cite je ne peux pas lui en vouloir.

 

Le « On en remet un coup ? »


 

Biblio_bdg-26 La Bête du Gévaudan – Les faits, l’effet, les fées, des maux pour des mots, démo Par André Aubazac

On n’est jamais si bien servi que par soi-même et ça valait le coup d’en remettre une couche. Mais rien de très nouveau sous le soleil de la Margeride !

 

 

 

 

Biblio_bdg-38 La Bête du Gévaudan 2 de nouvelles évidences qui accusent par André Aubazac

Quelle persévérance ! On est confondu par ces évidences qui mettent en avant un sordide règlement de compte entre le neveu du fils de la tante de la cousine Berthe et le filleul du cousin du curé de Marcel Dugenou lui-même affidé au clan Chastel par le cousin de sa concierge. C’est élémentaire mon cher Watson ! L’auteur est poursuivi par les loups qu’il défend et il en remet partout sur ses photos, c’est sublime-anal !

Comme quoi la généalogie mène à tout et surtout à n’importe quoi. Mais reconnaissons que notre Ami Aubazac est un passionné de tendance pittbull ! Et puis, au moins, il ne met pas cela sur le dos des loups !

 

Le « Tuyau crevé sur de nouvells révélations ! « 


 

Biblio_bdg-19 La Bête du Gévaudan – Nouvelles révélations sur un crime organisé au XVIIIe siècle au Gévaudan Par Roger Oulion

Editions du Rouve 43000 POLIGNAC 80 pages 10 euros

Rien de bien nouveau sous le ciel de la Margeride puisqu’on apprend que ce n’est pas un loup qui a fait le coup, qu’il y a eu quelques machinations diaboliques, que Chastel n’était pas un enfant de coeur mais qu’il avait un frère.

Notre auteur cite le rapport Marin comme si il venait juste de l’exhumer mais il ne l’a probablement pas lu car il argue que le manque de traces de plombs implique le port nécessaire d’une cuirasse.

Du type : « j’ai raison et ne puis avoir tort parce que je le prouve maintenant et à jamais ici même !  » Or le rapport Marin, d’ailleurs publié plusieurs fois avant lui, insiste justement sur la présence de plombs et de cavités probablement dues à des balles, ainsi que de cicatrices ce qui va justement à l’encontre de cette affirmation. Lorsqu’on cite un rapport encore faut-il l’avoir lu…ou ne pas le détourner !

Toutes les trois pages, ou peu s’en faut, Roger Oulion remercie très discrètement Michel Louis pour l’excellence idéale et la clarté aveuglante de sa justement merveilleuse hypothèse sans pareille. Mais à part cela il dit ce qu’il faut dire et c’est le principal.

 

La « Triple Bédé de la Bédégé « 


 

La Bestia – I & II et bientôt III A drien Pourchasac et Jan Turek Editions Bois sans Feuille

Il s’agit, bien évidemment, d’une bédé. Donc d’un travail artistique assez libre Jean Chastel y ressemble à un hobereau au mollet bien fait et est tombé amoureux de la femme Jouve. Lafont est particulièrement odieux. L’Archevêque de Mende ne vaut guère mieux.

La Bête ressemble, ou peu s’en faut, à celle de Marvejols dont les habitants disent qu’elle a été massacrée deux fois : la première par le Chasseur (Chastel) et la deuxième par le sculpteur (Auricoste). Elle fait donc très « panzerdivizione », les boulons en moins mais un étrange regard humain en plus. Et l’histoire est pas mal croquée et ficelée et se laisse donc regarder et lire. A quand même déconseiller aux trop jeunes enfants !

 

La « Bédé de Portefaix « 


 

Biblio_bdg-20 Le Secret de Portefaix – l’enfant du Gévaudan – Dessins Cyrille Le Faou Texte Roger Lagrave Texte en Occitan (Lozère) Alain Bouras

Editions Alain Piazzola 2007

J’ai un ami occitan sympa, Jean François, qui m’offre les bédés sympas sur la Bête en sachant, par avance, que je vais les éplucher et que j’en effectuerai un commentaire lors de notre séjour annuel à Paulhac en Margeride à l’occasion de notre stage de chinoiseries qui sert, depuis près d’une dizaine d’années, de couverture à mes coupables activités de contre-enquête sur ce sujet particulier.

Et cette année j’ai eu droit au « Secret de Portefaix » Par rapport à « La Bestia » c’est une bédé très conventionnelle tant dans le dessin que dans le scénario.

Les lieux sont reproduits avec un grand souci d’exactitude et on reconnaît fort bien les villages, les paysages où se situe l’action. C’est d’ailleurs un jeu fort amusant que de tenter de les retrouver lorsqu’on est un habitué de la contrée. Les personnages sont également fort conventionnels et même parfois sympathiques. Pour ceux qui ont déjà quelque peu vécu cela évoque irrésistiblement « les merveilleuses histoires de l’Oncle Paul  » parues, jadis, dans Spirou. Les spécialistes de la spécialité retrouveront facilement de quoi il s’agit. Mais je ne m’en plains pas car j’aime bien le conventionnel et le classique.

Et les « merveilleuses histoires de l’Oncle Paul » On retrouve donc ici deux épisodes importants qui ont eu le tort d’être oubliés dans les films sur la Bête : l’attaque des enfants de Chanaleilles et le fait d’armes de Portefaix qui par son courage et se ténacité sauva ses petits camarades ou au moins l’un d’entre eux, et l’épisode de la Bonne du Curé de Paulhac qui planta sa baïonnette dans le torse de la bête. Dans les deux cas on voit qu’il s’agit d’un animal revêtu d’une cuirasse puis d’un homme portant la même cuirasse.

Et non d’un loup ! Le coup de génie consiste dans le récit de la bonne en Occitan qui est immédiatement retraduit en bon et intelligible français par un interprète qui en modifie totalement le sens.

Elle affirme, en Occitan lozérien, que c’est pas un loup qui l’a attaquée et le traducteur explique en bon français quec’est bien un loup qui l’a attaquée ! Deux images valent parfois dix mille mots ! On se rappelle que dans l’histoire « vraie » cette fameuse bonne du curé, qui avait aussi un sacré caractère, avait refusé de signer le rapport qui attestait que la bête tuée par Antoine était bien celle qui l’avait attaquée.

On prétendit qu’elle ne savait pas signer et « on » signa donc à sa place. Et elle reconnut donc, par procuration et à son corps défendant, où, comme dirait Virenque « à l’insu de son plein gré » que c’était bien le fameux loup. Mais ce même rapport comporte plusieurs croix et signes d’autres témoins qui étaient, eux aussi, analphabètes mais qui avaient, eux, accepté de se livrer à cette mascarade en apposant leur marque.

On voit également apparaître le frère de Jean Chastel qui porte ici le chapeau et qui se fait flinguer en même temps que la « dernière bête », un molosse. Si on excepte l’absence du commanditaire probable, le jeune Comte de Morangias, voilà donc une bédé bien faite et qui reprend une thèse récente qui mérite d’être fouillée. Mais un jour il faudra que Cyrille Le Faou, notre dessinateur émérite, m’explique la raison pour laquelle il a fait figurer une « lance serpentine » (Shejiang) chinoise, en première de couverture, entre les mains de Portefaix.

 

Le « Jean Pierre Chastel , le retour »


 

Biblio_bdg-21Le poil de la bête par R. Lagrave Editions Gévaudan Cévennes –

La Salle Prunet 48400 FLORAC – Janvier 2007


L’Auteur , un régionaliste passionné, à pris le parti de nous raconter l’histoire, à la première personne, du frère aîné de Jean Chastel, Jean Pierre, sans toutefois le nommer.

Nous vous livrons donc ici cette clé essentielle, cela vous évitera d’aller consulter les Archives de la Lozère, Liasse 601-81. Ou de risquer de croire, par oui-dire, qu’il s’agit, peut-être, d’un chanteur de charme adepte de super-costards avec cols en pelles à tarte, du brushing gominé et des claquettes dont le fils jouait, justement, dans le Pacte des Loups.

Il n’y est pour rien. Il s’agit bien d’un Chastel de plus, décidément les descendants, et ils sont nombreux et parfois influents vont finir par hurler au loup et par décrocher leurs pétoires.

Et nous suivons cet individu pas à pas, griffe à griffe et croc à croc au travers d’aventures, de Marseille au Mont Mouchet, qui sont celles de la Bête. La Bête.

Bien évidemment cette version du frangin loup-garouté et sérial killer de cambrousse pré-révolutionnaire va faire dresser les cheveux sur la tête de tous les pourfendeurs de loups et d’hybrides fussent-ils préhistoriques ou cuirassés. Ainsi que les acharnés de la queue de détente sensible ou du 4X4 écraseur d’ourses bulgares. Encore un illuminé de plus !

Le frère Chastel est le seul coupable et responsable de tous ces crimes odieux, anthropophagie y compris. C’est parfaitement invraisemblable mais c’est pour cela qu’il y a une chance, ou un risque, que cette version contiennent une part de vérité. Invraisemblance valant bien celle d’un loup de 1 mètre de long qui aurait dévoré 100 personnes mais que l’on a pourtant tenté de nous faire avaler, avec d’autres couleuvres, pendant près de deux siècles !

Et au delà de cette possible vérité il s’agit tout autant d’un exercice de style assez périlleux qui consiste à presque justifier les agissements de ce personnage trop humain mais totalement bestial. Il finit, comme il se doit, flingué par son frangin, le fameux bon Chastel de la stèle, mais en le consentant, persuadé d’avoir attiré l’Oeil du Roi sur ce territoire oublié de la Margeride, donc d’avoir accompli son devoir de bon chrétien.

Et d’avoir réparé sa faute commise en Arabie. Il est à noter que l’auteur reprend la thèse de la captivité chez les Maures et du retour au pays natal mais évacue celle d’un quelconque animal sauvage ou dressé. Une pièce de plus à verser au dossier et