LE WING CHUN ou YONG CHUN QUAN

LE WING CHUN ou YONG CHUN QUAN « Poing du Printemps Radieux : Le point de vue de Georges Charles

Georges Charles Wing Chun 1976 revue Budo
Georges Charles en 1976 photo parue dans Budo-Magazine

Georges Charles Wing Chun 1975
Georges Charles en 1976 : l’extraterrestre ou OVNI du Wing Chun

Il n’existe pas !

WING CHUN – WING TSUN – YONG CHUN

Wing Chun homme de bois vers 1900
L' »homme de bois » du Wing Chun vers 1900

Les pratiquants ont encore la natte imposée par les Mandchous (Qing) Concernant Wing Chun, Wing Tsun, Yong Chun, Wing Tsuen, Yun Tsuen…. Il s’agit bien de diverses transcriptions pour le même nom d’école.

D’où la difficulté de se baser sur la phonétisation occidentale plutôt que sur les caractères, ou sinogrammes, chinois. Il en va de même, évidemment, pour Wong Tse Ming, Wang Tse Ming, Wang Tseming, Wang Zemin quand il ne s’agit pas de Tai Ming Wong ou Wong Tai Ming ainsi que pour San Yiquan, San I Chuan, San Yi Chuan. Ceci pour désamorcer les polémiques liées aux incompétences mâtinées de mauvaise foi.

Il y a quelques années un Président de Fédération « officielle », Jacques Delcourt pour ne pas le citer, affirmait sans rire que le Taijiquan était un art martial alors que le Tai Chi Chuan n’était qu’une gymnastique douce chinoise.

Il pourrait en être de même par ailleurs pour le Qigong et le Chi Kung ! Tout d’abord sur le nom même de l’Ecole Wing Chun On peut traduire par « Joli Printemps » ; « Printemps Radieux » ; « Eternel Printemps » mais il s’agit tout simplement du prénom de la fondatrice de l’Ecole Yim Wing Chun qui fut elle-même disciple de la nonne bouddhiste Ng Mui alias Wu Mei. C’est simplement pour cette raison que le Wing Chun, ou Yong Chun en Pinyin, est classé dans les styles « externes » (Waijia) puisque d’origine bouddhiste, donc originellement extérieur (Wai) à la Chine, les styles « internes » (Neijia) appartenant (sic) à la tendance taoïste dont intérieure (Nei)à la Chine.

On a pu ensuite parler de « styles durs » pour l’Externe (Waijia) et de « styles souples » pour l’Interne (Neijia) ce qui est une idiotie de plus car il existe des styles internes très « durs » et des styles externes très « qsouples » ! Mais on trouve dans le style originel un important travail interne basé sur la liaison entre la respiration, le souffle et l’énergie vitale ainsi qu’une pratique des Chi Sao qui ne sont autres que des Tueisho (Touei Shou) que l’on retrouve dans les styles internes comme le Taijiquan, le Xingyiquan ou le Baguazhang. Dans une certaine mesure les « formes » ou Tao (Daolu) du Wing Chun, et particulièrement Siu Nim Tao (Forme de la petite compréhension), peuvent être apparentés à des pratiques énergétiques (Qigong ou Chi Kung) bouddhiques au même titre que le Yijinjinxg Xisuijing (Nettoyage muscles/tendons Purification moelles/Quintessence) de Bodhidharma. Par rapport à d’autres Qigong créés la semaine dernière dans l’arrière cour d’un institut médical de Trifouilly sur Yangze ou de Hong Kong sur Seine, il s’agit donc, aussi, d’une forme de Qigong très classique et particulièrement favorable à la santé et au bien-être. Mais ne dites pas cela aux rasés-tatoués qui vont le prendre très mal puisque le Wing Chun est, uniquement et exclusivement, un « zarmartio » très efficace et très viril ! La tradition affirme que le style (ou école suivant les dénominations en cours) Wing Chun aurait été créé au XVIIe, ce qui en fait un style « récent » (si on excepte les multitudes d’écoles nées la semaine dernière en Chine ou ailleurs !), par la nièce du Moine Bouddhiste Hung Dedi (Hong Te Ti), Patriarche de l’Ecole Hung Gar, une des « Cinq Ecoles » issue du Shaolin du Sud (Nan Shaolin Shi Quan) , une certaine Yim Wing Chun qu’il aurait confiée à une Nonne Bouddhiste du nom de Ng Mui (ou Wu Mei ce qui est plus facile à prononcer !).

C’est, avec le style (école) de la Grue Blanche du Fujian (Fujian Baihequan), l’une des écoles traditionnelles créées par une femme et probablement même par deux femmes. Ce qui a le don d’exaspérer certains pratiquants, les mêmes que plus haut, qui ne croient pas une seule seconde à cette fable. Quoi qu’il en soit, à Hong Kong, le Wing Chun demeure très pratiqué par la gente féminine tant pour des causes liées à l’auto-défense qu’à la santé puisqu’il demeure considéré, également, comme un Qigong très efficace sur le plan de la santé et du bien-être. Contrairement aux « grands styles classiques » (comme le Hung Gar, le Choi Lee…) qui comportent de multiples « Tao » ou « formes » (Daolu, Tao Lu, Xing Fa…) le Wing Chun ne comporte que trois Tao – la petite compréhension (Siu Nim), les mains qui plongent ( Chum Kiu) et les mains volantes (Bil Ze) à main nue, une forme au mannequin (homme) de bois, et trois formes armées – couteaux papillons cantonnais, perche longue, anneaux de fer. Avec les techniques de Chi Sao (Tuei Shou ou poussées de mains – qui s’effectuent parfois les yeux bandés ou dans l’obscurité), c’est donc une école très dense et dont on peut faire le tour, techniquement, assez rapidement à condition de bénéficier d’un enseignant compétent. Il existe évidemment quelques variantes suivant les « tendances » liées aux filiations et qui se font comme point d’honneur de maintenir quelques différences qui les caractérisent et les distinguent des autres, chacun étant bien évidemment persuadé de détenir la version authentique. Comme souvent il existe plusieurs branches dont la plus connue demeure celle de Ip Man (ou Yip Man), il suffit de consulter les sites chinois de Kong Kong, heureusement en anglais, pour les découvrir. Certaines sont plus « martiales », d’autres plus « énergétiques », d’autres assez « démonstratives », Bruce Lee alias Li Siu Lung demeurant le représentant patenté de ces dernières bien qu’il ait aussi transmis sa propre méthode, le Jeet Kun Do, avec, ou sans, l’acceptation de des anciens Maîtres.

Mais c’est une autre histoire. En ce qui me concerne, et concernant Wing Chun, j’ai pratiqué près de 10 années sous la direction de Wong Tse Ming (Wang Tse Ming ou Wang Zemin) qui, lui-même avait étudié avec divers professeurs dont le Maître Yip Man entre 1965 et 1972 comme l’atteste l’historique publié par Yip Man lui-même et repris dans la plupart des sites concernant Wing Chun en Chine et particulièrement à Hong Kong. Excusez du peu.

Mais il est vrai qu’il était un homme d’affaire et qu’il avait autre chose à faire que de se faire photographier dans les revues spécialisées ou sur les marches du Temple de Shaolin.

Lors de plusieurs séjours à Hong Kong (1974 1975 1976 1977) j’ai pu également étudier sous la direction des Sifu Tang Sang et Leung Ting qui étaient également des disciples directs de Yip Man. Mais, comme Wong Tse Ming me l’avait proposé j’ai inclus la pratique de Wing Chun dans l’Ecole San Yiquan qui est la continuation de Liananquan ( de Wong Tse Ming) qui elle même était la continuation de Yiquan-Dachangquan (Wang Xiangzhai) et donc de Wuxingquan (Guo Yunshen) et de Yiquan (Li Laoneng). Suivant l’inscription gravée sur la tombe de Guo Yunshen, le texte étant de Guo lui-même, le Yi quan provenait de la forme créée par Yue Fei (1103 1142) le Liuhe Yiquan (Poing de l’Intention et des Six Harmonies). Donc le terme « Yiquan » a été utilisé bien avant Li Laoneng et Wang Xiangzhai et appartient au patrimoine historique de la Chine, donc désormais mondial, et non à une seule faction qui en détiendrait, on ne sait pourquoi, l’exclusivité. Lorsque Wang Tse Ming (Wang Zemin en Pinyin !) m’a proposé en 1979 d’utiliser le terme de San Yiquan pour la continuation de Liananquan (Lien Han Chuan) c’était donc en connaissance de cause et avant que Yiquan ne soit arrivé en Occident. Désolé c’est un fait. Pour en savoirt plus sur cette tombe et l’inscription de Guo Yunshen

cliquer ici San Yiquan est donc le descendant, qu’on le veuille ou non, du Liuhe Yiquan, du Yiquan, du Wuxingquan, du Yiquan-Dachengquan et du Liananquan et en ce fait n’est nullement une création personnelle mais une pratique « évolutive » (Ziran) directement issue de cette filiation et utilisant, également, des principes et des techniques d’Externe comme le Wing Chun, le Hung Gar et le Tang Lang.

Il n’y a donc rien de mystérieux là dessous si ce n’est un apport important de Wong Tse Ming avec les enseignements particuliers de Wang Yang Ming dont il descendait ainsi que des pratiques spécifiques au Clan Wang de Yue dont il était issu. Avec tout le respect immense que j’ai pour le Wing Chun, pour Yip Man, pour ses descendants et continuateurs le cadre d’une seule école était trop restreint pour contenr tout cela à la fois. La tradition chinoise la plus classique autorise à un disciple reconnu, avec l’accord de son Maître, la fondation d’une école qui s’inscrit dans la continuité tout en ayant ses propres caractéristiques. C’est Kongzi lui-même qui l’affirme dans le Liji
Et Wong aimait à répéter « comment tenter de demeurer taoïste avec des gens qui ne respectent pas même Confucius ! » Mais dans ce cas cette même tradition exige que le nom de l’école précédente ne soit pas repris, sauf en partie pour l’honorer. Pourquoi alors les noms ne changent plus lorsqu’une école se transmet ?

Parce qu’il n’est pas bon de changer de nom, pardon de marque lorsqu’il s’agit d’un produit !

Simplement parce que la tradition (li) confucéenne n’est plus respectée pour des raisons simplement commerciales (ceci en Chine, comme en Corée, au Japon ou au Vietnam !) et que les cérémonies concernant les « disciples » reconnus (Baishi et Zhangrenmen) disparaissent au profit des grades (Dans !) et des ceintures, voire des uniformes. Lorsque Wong Tse Ming, qui avait dépassé la cinquantaine, décida de suivre l’enseignement de Yip Man à l’occasion de ses séjours à Hong Kong il n’envisageait pas de tirer un profit en enseignant le Wing Chun mais de profiter d’un apport exceptionnel à sa pratique personnelle et de pratiquer sous la direction d’un maître authentique et reconnu. Et c’est, probablement avant toute chose, cette passion qu’il m’a transmise et que je continue de transmettre à mon tour depuis près de 40 ans. Et, qu’on le veuille ou pas, au travers de San Yiquan je continue à transmettre sa vision particulière du Wing Chun et elle en vaut bien d’autres ! Georges Charles – Cha Lishi Daoshi San Yiquan

Successeur en titre -Zhangrenmen – de Cinquième génération du Hebei Ziran Xingyiquan.

Une branche historique passée sous silence : Le Wing Chun et les Hakka

Ces mêmes rasés, particulièrement lorsqu’ils sont Chinois, n’aiment pas qu’on rappelle que l’une des branches importante du Wing Chun appartient de fait à l’ethnie minoritaire et nationale Hakka. Et que les Hakka vivent habituellement sur les côtes maritimes ou sur les rives fluviales et lacustres de la Chine du Sud. Or les Hakka sont réputés tant pour le sens du commerce que pour, leur bravoure « martiale » (Wude ou Wou Te), le Général Yue Fei, par exemple était d’origine Hakka, ce qui ne l’empècha nullement d’être un grand patriote qui en remontra, sur ce sujet, aux Han. Mais qui possédaient également des « restaurants fleuris et flottants » qui étaient des lieux de plaisir réputés où l’on pouvait se restaurer, boire du thé, écouter de la musique, tenter le hasard au jeu mais également avoir quelques aventures sentimentales tarifées. Et, généralement, c’étaient les jeunes filles du Clan, donc de la famille qui se chargeaient du service tout en contrôlant quelque peu les débordements de clients trop entreprenants.

D’où l’utilisation rationnelle de protections spécifiques de la poitrine, du ventre, des fessiers et de nombreuses pratiques permettant d’éviter les saisies. Lorsque les choses se passaient mal elles utilisaient les fameux Chan Ma Dao ou « couteaux papillons de Canton » qui servaient à couper les boutes, ou cordages, ainsi que les perches qui servaient à éloigner les autre bateaux et aussi des anneaux de fer qui servaient aux amarres. Le fameux « Mook Jong » (Mook Yan Chong) ou « Homme de Bois » (mannequin de bois ) n’étant autre chose que le mat de la jonque ou du sampan sur lequel on pouvait s’entrainer. Les ponts glissants excluant toute postures acrobatiques et coups de pieds virevoltants, dits de « coiffeurs pour dames », et nécessitant des déplacement caractèristiques du Wing Chun ainsi que la posture bizarre du « sablier » (Jor Ma Bo). Et par tradition, justement et à juste titre, un style assez particulier fort prisé de la gente féminine devant par nécessité cotoyer des quartiers et des gens assez mal fâmés comme dans tous les ports du monde et particulièrement les ports du Sud Est asiatique. D’où son implantation à Hong Kong et Macao. Hong Kong ou, dans le port d’Aberdeen, trônent toujours les deux vaisseaux amiraux de la flotte Hakka, le Tai Pak et le Jumbo Kingdom Palace qui sont deux énormes restaurants flottants, souvenirs bien réels d’une autre époque.

Tai Pak floating restaurant HK
Le restaurant flottant Tai Pak à Aberdeen baie de Hong Kong Mon rapport avec le Wing Chun San Yiquan et Wing Chun Entre 1970 et 1979, soit pendant près de dix ans, j’ai étudié sous la direction d’un enseignant chinois qui m’avait été recommandé par le Vénérable Shen Tian Shi de la communauté taoïste de San Francisco qui, à l’époque, se nommait Wong Tai Ming, ou Tai Ming Wong, et qui vivait à Paris où il était réfugié politique depuis 1949 et qui fut, par la suite naturalisé de nationalité française sous ce même nom de tendance sino-vietnamienne. Or il se trouve que pour des raisons de sécurité évidente ce Chinois né à Canton en 1909, considéré comme un transfuge, avait changé son nom puisqu’il se nommait, en fait Wang Zemin et avait comme tort unique de descendre du philosophe et homme d’action Wang Yang Ming (Wang Shuren ou O’Yomei) (1472 1529).

Pour situer Wang Yangming sur un échiquier politique, en tant que Mandarin Impérial, il ne se situait pas exactement à gauche. Il y a deux ans j’ai eu l’occasion de citer son nom à une calligraphe chinoise en évoquant ses « instructions particulières » concernant le tir à l’arc et la calligraphie. La jeune Chinoise était étonnée que je connaisse ne serait-ce que le nom de Wang Yangming (ou Wang Shuren) et me dit sans sourire « Pour nous, Wang Yangming, c’est comme pour vous Coluche, c’est un fouteur de merde ! » Mot pour mot. Lorsqu’il y eut, en en 1989, les « évènements » sur la Place Tiananmen, les premières banderolles déployées par les étudiants en philosophie furent « Non à la petite boutique Confucius ». Or, ce slogan fut utilisé par Lu Xun (1881 1936), fondateur du Mouvement du 4 mai 1919, très contestataire vis à vis du pouvoir, mais était déjà le titre d’une supplique envoyée par Wang Yangming à l’Empereur. Les journalistes et sinologues de service, en conclurent que les étudiants, une fois encore, contestaient le Maître Kong, et, au travers de lui le régime. Or, le Maître Kong, alias Kongzi, alias Confucius passait le plus clair de son temps à critiquer le régime et non à le soutenir. Pour les étudiants de Tiananmen le pouvoir utilisait Confucius dans ce qu’il avait de profitable à l’ordre mais en évitant soigneusement ses critiques d’un ordre corrompu.

Ce qui est fort différent. Ensuite les étudiants utilièrent un principe essentiel de Wang Yangming : « Agir et facile et dans le doute agis ! » Puis un autre principe  » Dans certaines circonstances ne rien faire c’est déjà agir  » et ils s’assirent par terre. Le troisième principe est « Chercher à comprendre c’est déjà contester » et le pouvoir compris que ces étudiants allaient utiliser la stratégie politique de Wang Yangming et qu’il s’agissait de tout autre chose qu’un sitting. Et ils firent donner les chars.

Il est assez clair que Wang Yangming, ses descendants et d’éventuels successeurs se sont pas très bien vus en haut lieu et que, comme Coluche, ils risquent, ou du moins ils risquaient un accident ou pire encore si affinité.

Même un crétin de niveau bac moins douze peut comprendre ce fait et comprendre aussi que Wang Zemin, alias Wang Tse Ming ou Wong Tse Ming ou Wong Chi Ming souhaitait être discret car bien que ne conduisant pas de moto, un accident d’autobus est vite arrivé, surtout à Hong Kong ! Lorsqu’il se rendait en Extrême Orient, notamment à Hong Kong, pour ses affaires d’import-export, il reprenait un nom chinois à consonnance cantonaise à savoir Wong Tse Ming ou Wang Tse Ming en modifiant un ou deux des trois caractères de son nom, ceci pour les mêmes raisons de sécurité. Rien de bien extraordinnaire là dessous lorsqu’on connait les diverses identités des résistants français, dont Morland et Max, pendant la seconde guerre mondiale. Avec une certaine aversion pour les photographies et la publicité. Il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour comprendre ce fait. Tout cela serait d’aucun intérêt si dans la liste des élèves de Ip Man, ou Yip Man, ne se trouvait un certain Wong Tse Ming, justement entre les années 65 et 72, fait attesté dans les différentes généalogies de l’Ecole et dans les historiques concernant le Maître Yip Man.

Wong Tse Ming fut bien élève du Maître Yip Man entre 1965 et 1972 sans que les dates exactes puissent être précisées, les caractères chinois correspondant avec cette transcription occidentale, ceci lors de divers séjours à Hong Kong.

Ce qui est facilement vérifiable sur tous les sites chinois concernant le Wing Chun, Yong Chun ou Wing Tsun et le maître Ip Man ou Yip Man.

Pourquoi Wing Tsun et pas Wing hun ? Parce qu’à Hong Kong ville jadis britannique WT (dabeliouti) sonne mieux que WC (dabeliousi – au fond du couloir à gauche !), encore faut-il le savoir et le préciser.

HONG KONG WING CHUN UNION

History

The Brief History of Ip Man Wing Chun in Hong Kong

Yip Man Sifu Wing Chun
Le Maître Ip Man ou Yip Man (1893 1972) Une figure des Arts du Poing

de la Chine

1965-1972 Hong Kong, aged 72 – 79 With the conclusion of the Tai San Restaurant school, Grandmaster Ip spent most of his time at home on Tung Choi Street. No subsequent schools were set up. Age had led the Grandmaster to contemplate retirement. Nevertheless, he still gave private tuition at home from time to time. His private students in this period included Wong Chung Wah (Yat Oak Kui See), Wong Hei, Hon Tsak Chuen and others. In addition, the Grandmaster also taught in the following four places: Wing Chun Athletic Association – Established in 1967 as a non-profiteering limited company, the Association was the first Chinese martial arts organisation officially registered in Hong Kong. Grandmaster Ip was asked to direct the Associations Wing Chun class. Albeit short-lived, lasting three months, the class was supported by assistant instructors such as Fung Hon, Wong Hon Chung and others. Chan Wai Hon’s home on Waterloo Road, Kowloon – In addition to academics Chan Wai Hon and Chan Siu Lung, Wong Tse On, Chan Kum King, Chung Yau, Lau Hon Lum, Man Yin Kwong and others were also students there. The rooftop terrace of Lau Hon Lum’s home on Freedom Road in Mongkok, Kowloon – This is an extension of the Waterloo Road period. Lau offered this place for the group to practise after Chan Wai Hon was unable to continue. New students in this period included Wong Tse Ming and a female student, Ng Yuet Tor. Yip Sing Cheuk’s home at Siu Fai Terrace on Stubbs Road, Hong Kong Island – Most students were lawyers including Yip Sing Cheuk himself. This was practically the Grandmasters final location at which he taught Wing Chun. Grandmaster Ip Man passed away peacefully at his Tung Choi Street home at the age of 79 on 1st December, 1972. Extrait du site de Hong Kong Wing Chun Union http://www.hkwingchununion.org/en/wingchun/history/

Voir paragraphe 3 « the rooftop terrace…New students in this period included Wong Tse Ming… » Il se trouve que j’ai pratiqué, naturellement, le Wing Chun sous la direction de Wong Tse Ming, alias Wang Tse Ming durant une dizaine d’années avec l’étude des trois formes, Siu Nim Tao, Chum Kiu et Biu Tze, les formes de l’Homme de Bois (Muk Yan Chong), les anneaux de fer et une forme peu connue du « poing étoile en

parade  » (Xing Lan Chuan) ainsi que des applications de Chi Sao (Touei Shou) sur poussées, saisies, frappes. Ce qui me semblait déjà assez conséquent pour quelqu’un qui ne pratique pas Wing Chun. Wong me proposa en 1974 de me rendre à Hong Kong avec une lettre d’introduction personnelle afin que je puisse rencontrer les Sifu Tang Sang et Leung Ting de l’Ecole Wing Chun (ou Wing Tsun) et que je puisse pratiquer et étudier sur place « in situ ». Ce que je fis en m’étonnant quelque peu d’être aussi bien reçu, et pour cause. Après coup et ayant pris connaissances des généalogies, je comprend mieux pourquoi. Je suis retourné à Hong Kong en 1975, 1976 et 1977 pour parfaire ma pratique dans différentes écoles, donc Wing Chun, Hung Gar, Tang Lang mais aussi le Xingyiquan (Hsing I Chuan et le Taijiquan) ainsi qu’en Qigong du Tao (Tao-Yin Qigong). Et sur la proposition de Wong, ou Wang, j’ai commencé à enseigner l’Externe – donc le Wing Chun, le Hung Gar et le Tang Lang – en France en 1974, officiellement (feuille de paie de la MJC François Villon de Enghien les Bains) en 1975. Puisqu’il m’a légué la succession de son Ecole, le Liannanquan (Lien Han Chuan) en 1979, incluant alors l’Interne, le Xingyiquan et le Tao-Yin Fa, lorsqu’il se retira à Taiwan pour « fermer les poings » donc pour prendre sa retraite. Mais par tradition le Liannanquan (Lien Han Chuan) est alors devenu le San Yiquan ou San Yi Chuan avec « Trois Ecoles Externes s’unissant dans Une Ecole Interne ». Je n’ai donc, suivant la tradition confucéenne, rien créé mais simplement transmis et continué avec des apports particuliers comme la compréhension ostéopathique.

« Le nom d’une école appartient à son fondateur.

Ce nom disparaît avec lui à sa mort et ne figure plus que dans les généalogies.

Si un disciple souhaite fonder sa propre Ecole, il ne doit en aucun cas l’utiliser.

Eventuellement il peut le garder en partie, associé au nouveau nom et ceci pour lui rendre hommage ». (Liji Yili VII 4)

Mais le respect de la tradition confucéenne se perd et les écoles ne changent plus de nom lorsqu’elles se transmettent, ou, surtout, lorsqu’elles ne se transmettent pas, et qu’elles sont devenues de simples marques de produits que l’on utilise comme une franchise. Mais c’est probablement difficile à expliquer et plus encore à comprendre surtout lorsqu’il n’y na pas de meilleurs sourds que ceux qui ne veulent rein entendre. Wang avait coutume de répéter « Combien il est difficile de tenter de demeurer taoïste avec des gens qui ne respectent même pas Confucius !  » Et j’ajouterai « Et qui ne le connaissent même pas ! » San Yiquan n’a pas été créé par Georges Charles, donc par moi, mais est la continuation de Liannanquan de Wong Tse Ming, alias Wang Zemin comme le Liananquan était la continuation du Yiquan-Dachengquan avec l’autorisation et la reconnaissance de la Koushu Federation of the Republic of China (ROC) et de la Hong Kong Chinese Martial Arts Association (HKCMAAL) à laquelle appartenaient Yip Man, Tang Sang, Leung Ting, Chan Hon Chun, Lee Ying Argn, Lung Kai Ming, Siu Hon Sang et la majorité des Maîtres d’Externe et d’Interne de Hong Kong.

Donc une filiation très classique et très traditionnelle, bien qu’anachronique pour un Kwailo, à la tête d’une Ecole chinoise ayant pignon sur rue. Et avec toutes les médisances et jalousies que cela peut engendrer tant en Chine et dans sa diaspora qu’en France ou sur Internet où l’anonymat facilite les affirmations et les négations de tous poils. Si je m’étais contenté de ne pas succéder à Wong Tse Ming, alias Wang Zemin, à la tête de San Yiquan et à la suite de Liananquan mais d’enseigner uniquement Wing Chun ou Hung Gar et même Tang Lang nul n’aurait pu me le reprocher. Mais le tort de Wang, comme le mien, a été de suivre une voie un peu plus complexe incluant des formes d’externe et d’interne liées à une compréhension autre provenant de l’enseignement de Wang Yang Ming. Ou de ne pas être Chinois. Je n’ai donc jamais enseigné Wing Chun mais les formes de Wing Chun au sein de San Yiquan ce qui est fort différent. Je n’ai donc jamais enseigné Hung Gar mais les formes de Hung Gar au sein de San Yiquan, ce qui est fort différent. Je n’ai donc jamais enseigné Tang Lang mais les formes de Tang Lang au sein de San Yiquan, ce qui est fort différent. Je n’ai donc jamais enseigné Yiquan ni Dachengquan mais les formes de Yiquan et de Dachengquan au sein de San Yiquan ce qui est fort différent. Et j’ai toujours enseigné San Yiquan ce qui est fort différent. Et je n’ai personnellement jamais changé de nom si on excepte mon nom chinois de Cha Li Shi sur les généalogies. Mais le nom de Wang Zemin, ou Wong Tse Ming, donc de celui qui m’a transmis son Ecole du San Yiquan, figure bien sur la tombe de Wang Xiangzhai et sur les généalogies de Yip Man ce qui est aussi fort différent. Et je n’ai donc pas de compte à rendre sur ce plan particulier.

Je ne souhaite donc pas engager de polémique avec des pratiquants anonymes (qui généralement ne pratiquent pas ou ne pratiquent plus ! ) et inconnus (puisqu’anonymes !) sur ce que je fais ou ne fais pas depuis plus de 53 ans et sur ce que j’enseigne depuis plus de 37 ans au sein de San Yiquan. A savoir si San Yiquan est du Yiquan ou pas. Si c’était du Yiquan cela s’appelerait simplement Yiquan et si c’était du Wing Chun cela s’appelerait Wing Chun ! Lumineux (Ming) non ? J’ai probablement eu une vision, un jour, ou un soir, et j’ai créé San Yiquan de toutes pièces, avec un peu d’argile ou une côte de Wang, puis, après, comme tout créateur qui se respecte, je me suis reposé. Et depuis, je dors.

Yip Man et Tang Sang
Photo prise dans un restaurant de Hong Kong (Kowloon) en 1972 peu avant le décès du Maître Ip Man (Yip Man) à sa droite sur la photo en blanc le Sifu Tang Sang.

Tang Sang Yip Man et Leung Ting du Wing chun
Le maître Ip Man (Yip Man) entre Tang Sang à gauche et Leung Ting à droite

Georges Charles Hkcmaal Hong Kong 1975
le maître Tang Sang du Wing Chun remet le diplôme d’enseignant (Sifu) de la HKCMAAL à Georges Charles.

A la droite de celui-ci le maître Chan Hon Chung du Hung Gar. Hong Kong 1975.

Réunion HKCMAAL Hong Kong 1975
Réunion des responsables de la HKCMAAL Hong Kong 1975

Toujours Tang Sang, Chan Hon Chung.

A la gauche et devant Tang Sang, Dun Chi Kung

A la droite de Chan Hon Chung, Hsieh Win Bun.

GHeorges Charles et Leung Ting Hong Kong 1975
Georges Charles et Leung Ting à Hong Kong en 1975 dans le Kwoon du Maître Ip Man (Yip Man) – a rapprocher de la seconde photo de la série ci-dessus.

HKCMAAL Hong Kong 1975

Evidemment la HKCMAAL ne représentait pas grand chose à Hong Kong en 1975 ! Tout cela n’est évidemment que pur hasard et simple coïncidence, sinon fait de l’imagination puisque Georges Charles n’a rien à voir avec le Wing Chun ! Comme il n’a rien à voir, par ailleurs avec le Hung Gar, ni avec le Tang Lang ni avec le Yiquan-Dachengquan. Et probablement comme il n’a rien à voir avec le Kung-Fu Wushu ni avec le Qigong du Tao (Tao-Yin Qigong). Ni avec la Chine. Puisque San Yiquan n’existe pas ! Il faut donc l’inventer, ce qui au terme juridique veut simplement dire le découvir.

L’inventeur d’un trésor est celui qui le découvre.

Donc qui enlève ce qui le recouvrait.

C’est simplement le mettre à jour.

Comment mettre à jour si on demeure fermé et qu’on ne progresse pas ? Une dernière précision si on excepte le fait de « San Jiao He Yi » (les Trois enseignements s’unissent en Un) qui contient déjà San Yi, la devise caractérisant le Clan ou la Famille (Jia ou Gar) Wang de Yue est : « Wang : San Heng Yi Shu Wang  » (Trois horizontales, une verticale c’est Wang). Le caractère Shu est celui utilisé par Wang Bi (IIIeme siècle) : « La Voie du Maitre Kong (Confucius ) consiste en Zhong et en Shu et rien d’autre ! » « Zhong, la verticale, c’est aller au bout de soi-même et Shu, l’horizontale, c’est de porter vers autrui ». Mais Wang signifie également impérial et caractérise la Chine classique et c’est probablement cela qui dérange le plus.

« Ceux qui sont qualifiés pour parler au nom d’une doctrine traditionnelle n’ont pas à en discuter avec les profanes ni à faire de la polémique. Ils n’ont qu’à exprimer la doctrine telle qu’elle est pour ceux qui peuvent la comprendre »
René Guénon – La crise du monde moderne –

L’article de Yohan Radomski sur le Kwoon à Hong Kong du fils de Yip Man Cliquer ici

LA PRATIQUE : Séminaire de Wing Chun sous la direction de Samuel KWOK en Aquitaine
du 8 au 11 juin 2012 Cliquer ici