L’Académie des Arts Martiaux Chinois Classiques : A.A.M.C.C.

Septembre 2015 – par Thierry Borderie

« Un voyage de mille lieux commence par un pas ».

Préambule

T. BorderieJ’en ai assez du racket et de la désinformation , du mercantilisme et de l’incompétence, de la vulgarité et de l’élitisme, de l’intolérance et de la dévitalisation infligé aux arts martiaux de la part d’ instances fédérales plus ou moins officielles et délégataires.
 Il y a 25 ans, j’ai été à l’origine, avec mon ami et enseignant Georges Charles de la Convention des Arts Classiques du Tao ainsi que de la Confrérie « Prospérité et justice ». Aujourd’hui, un nouveau pas est nécessaire dans la foulée de notre reconnaissance officielle comme patrimoine culturel immatériel de la Chine : l’Académie des Arts martiaux chinois classiques. L’année 2015 en verra la création officielle comme lieu d’échange , de rencontre et surtout de formation.

Il existe aujourd’hui suffisamment de personnes convaincues que les Arts martiaux ne sont pas des pratiques de spectacle et de compétition, des appels à la violence citoyenne et caractérielle, des délires sectaires et « mystico-gélatineux, des exutoires et des vases d’expansion au service de l’opportunisme, du carriérisme, de la manipulation perverse des personnes et du détournement de biens privés ou publics.

Mon souhait est que ces individus conscients s’organisent et prennent en mains , dans un souci humaniste, la pratique et la transmission de ces héritages profonds et subtils. Certains le font déjà.
 Je ne crois pas aux grands vaisseaux proposant des voyages organisés ou tout est prévu, pré-digéré. Je ne crois pas aux vérités et aux pensées uniques proposées par ces grands ensembles qui virent tous à l’intolérance et à la chasse aux sorcières tout en servant l’intérêt égotiste de quelques uns. 
Je crois à la création de petits ensembles à caractère humain et à la mise en réseaux respectueuse de ces derniers. L’Académie sera un de ces modestes mais vivants organismes.

 » Le diplôme d’enseignement, c’est comme une photographie de mariage. C’est un instantané particulier à un moment précis. Le mariage c’est autre chose…l’enseignement aussi! » WANG ZE MIN

 » La pratique de la fédération en solitaire rend sourd; à plusieurs elle devient nécessairement vulgaire. Les fédérations me font penser à des sex shop. On peut y assouvir parfois ses besoins et toujours y laisser son argent. En revanche, on en sort frustré à chaque fois. » WANG ZE MIN

 

L’Académie

En premier lieu l’AAMCC sera un temps de formation aux pratiques martiales, corporelles et énergétiques issues de l’école San Yi Quan dont le chef de file est Georges Charles.
 Il sera donc question de Tao Yin Qi Gong, de Xing Yi Quan, de Wang Tai Ji, de Hung Gar Kung Fu ainsi que d’armes chinoises (sabre, épée, éventail , bâtons divers, fléau, lance, hallebarde…).

Si l’AAMCC se voue en priorité à la transmission des disciplines venues du San Yiquan , il n’est pas gravé dans le marbre que nous en resterons là éternellement. Je commencerai par ces contenus car ce sont eux que j’étudie et que je transmets à mon rythme et à ma manière ( et il faut m’en excuser) depuis des années.
 Si certaines personnes viennent pour suivre ou approfondir un cursus San Yiquan, j’en serais heureux. Si d’autres viennent pour étudier quelques aspects ou volets du San Yiquan afin d’enrichir et/ou de compléter leur propre cursus, j’en serais honoré.
 Effectivement, le San Yi Quan est une école classique complète. En simplifiant beaucoup il y est transmis la pratique énergétique (Qi Gong), les Arts martiaux externes (Kung Fu) et internes (Xing Yi et Wang Tai Ji) à mains nues et avec armes. Nous sommes conscients que beaucoup de styles et d’écoles ne sont pas aussi globales (ce qui ne nuit en rien à la qualité de ce qui peut y être enseigné). Nous savons aussi , par ailleurs, qu’il est parfois mal vu de venir chercher dans une école ce qu’il manque dans la sienne, sans faire allégeance féodale préalable. Il y a 30 ans Georges m’a reçu en reconnaissant mes acquis et en ayant la délicatesse de ne pas pointer mes manques et en regardant ailleurs quand je me servais. Il est bon de se souvenir de ce genre de choses.

Un autre pilier de l’AAMCC sera la simplicité optimale de fonctionnement. C’est très Taoïste finalement : « Agir avec beaucoup d’effet et peu d’effort vaut mieux que le contraire, même si , sans effort, il n’y aura jamais d’effet ».
 A chaque étape il faut se demander si une structure , une procédure, une manière de faire est vraiment payante en terme d’efficience en fonction du prix payé (temps, énergie, argent…).
 Pour ce qui nous concerne, l’AAMCC prendra la forme d’une asso de droit (loi 1901). Les statuts sont prêts. 
Les structures sont au service des humains, pas l’inverse. Cela n’empêchera pas la rigueur nécessaire au fonctionnement légal.

Une autre caractéristique de l’AAMCC, qui me tient à cœur, c’est la modicité des coûts. Aujourd’hui, la majorité des formations privées pratiquent des tarifs prohibitifs. Et les fédés officielles, malgré les subventions leur emboîtent le pas peu à peu. Je n’ai pas à perdre mon temps à discuter, voir critiquer, leur choix mais peut être puis je proposer autre chose ? Bien sur cela va reposer sur un quasi bénévolat, sur une structure d’accueil compréhensive, sur la simplicité des fonctionnements, la participation active et autogérée…et une bonne dose de débrouillardise.

Il est certes naturel d’attendre des avantages d’un engagement, de se demander ce que cela va nous apporter, mais il faudrait aussi se poser la question de savoir ce que notre présence peut apporter.

Je souhaiterais que l’AAMCC soit un endroit ou puisse circuler de l’information. Les structures en place jouent sur la peur, l’opacité et la désinformation. Désinformation et mensonges sur nos disciplines, leur histoire. Désinformation et mensonges sur les conditions et les lois régissant leur encadrement, leur enseignement et leur transmission. Grace à la Conv. des Arts Classiques du TAO, le travail de Georges Charles, de Francis Fournier et d’autres franc tireurs nous possédons déjà de solides arguments en matière de légalité et de transparence. Mais nous pouvons aller plus loin . Si nous étions un certain
 nombre de membres motivés, et actifs, nous pourrions, par exemple, solliciter un conseil juridique de qualité dans le domaine du droit du sport, de la culture et du monde associatif. Donc, pour résumer, l’AAMCC peut être un lieu de formation, d’information, d’évaluation et aussi de certification et de culture.

Il est prévu également que l’AAMCC (Conv. des Arts Classiques du TAO) mette en place des passages de grades, des dossiers d’équivalence pour les pratiquants qui le désireraient et délivre des attestations de suivis de cursus de formation. Cela permettrait à chaque pratiquant de valider des niveaux obtenus dans leurs écoles et styles respectifs au sein d’une organisation plus large ( l’union fait la force, mais l’uniformité la faiblesse). Encore une fois, si les pratiquants le souhaitent. Il s’agirait toujours d’une décision individuelle.

 

Un lieu : le château de Monteton

11218211_501163120041952_3155777439325731042_nC’est un endroit convivial et chargé d’une histoire associative, culturelle et humaine dans laquelle je me reconnais. De plus, leur mode de fonctionnement financier est adapté aux possibilités de l’AAMCC.
 Ce lieu a choisi, dans la mesure ou le projet est associatif et humaniste, de ne vivre que sur l’hébergement des stagiaires, ce qui va , en retour, nous permettre une souplesse dans les tarifs de formation.

L’adhésion à l’AAMCC sera de 120€ annuel. Cette adhésion donnera, de plein droit, accès aux modules de formation répartis sur 12 journées. les frais d’hébergement seront bien sur en sus. Cette adhésion donnera également droit à un accès tarif réduit pour d’autres stages hors cursus Académie (je parlerai plus tard du cursus ARTAO). Si on compte bien, la journée de formation reviendra, hors frais d’hébergement à …10 euros.

Alors, bien sur, comme disent nos amis chinois: « Quand c’est mauvais, même gratuit c’est toujours trop cher… ». je vous laisserai seul juge (il y aura un autre tarif pour les passants « loisirs »).
 L’adhésion comprendra une assurance pour les activités de l’AAMCC.
 Mais L’AAMCC ne va pas seulement se limiter à une activité de formation, même si c’est par cette dernière qu’elle va entrer en existence.

Le site internet : http://chateaudemonteton.fr/

 

Thierry Borderie

borderie

  • Professeur d’art martiaux et de techniques corporelles au conservatoire de Bordeaux depuis 1990.
  • Enseignant d’arts martiaux à l’ESTBA de 2007 à 2013 (école supérieure de Théatre de Bordeaux Aquitaine).
  • Pratique les arts martiaux chinois depuis 35 ans (Kung-Fu,Tai Chi Chuan,Hsing i Chuan,Pa Ku Tsuan, Armes traditionnelles) ainsi que les approches corporelles et « énergétiques »: Qi Qong et Tao Yin Fa.
  • Diplomé de la Hong Kong chinese Martial Arts Association.
  • Diplomé de la Koushu fédération of the républic of China.
  • Certifié 4ème degrè par l’académie internationale YSEIDO
-Ceinture noire 1er Dan Jiu Jitsu ( Tai Ho ) UFOLEP
  • Diplomé (n°323) de la Fédération Française amateur de Sambo: » Maitrise de défense personnelle ».
  • Ceinture noire 3ème Dang de Viet Vo Dao.
  • Fondateur du Tai Ji Quan de tendance Wang (Tai Ji Quan et pleine conscience.). Le Wang Tai Ji est reconnu par Maître Georges Charles.
  • Professeur 8ème Duan de l’école SAN YI QUAN.
  • Fondateur de la Convention des Arts Classiques du Tao avec Georges Charles.
  • Diplômé en sciences humaines (Psychologie et Ethnologie).
  • Formation Psychanalytique.
  • Formé et intervenant à l’institut de Médecine des arts.
  • Pratiquant en MBSR et intervenant au sein du centre Euthymia.

 

 

Le mot de Georges Charles

Cette reconnaissance est une première qui va, n’en doutons pas, susciter commentaires et jalousies. Mais le fait est là. Je me réjouis qu’au delà de moi-même qui suis nominalement mentionné, ainsi que le Maître Wang Zemin, cela augure à la reconnaissance des Enseignants qui ont suivi cette voie.

Cela ne change rien évidemment à la pratique ni à sa transmission mais permettra de faire mieux valoir notre spécificité et, aussi, notre indépendance au sein de la Convention. Le récent transfert de délégation de la Fédération de Wushu vers la Fédération de Karaté nous incite à maintenir cette position.